‹ Algérie et TunisieChapitre 63 sur 107 · ji · texte numérisé non relu

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ti. '.Un gué de la Medjerda.

LES RIVAGES ET LES OUEDS DU TELL ALGÉRIEN

Nouvelle preuve entre mille de la vanité des batailles acharnées que se livrent les archéologues autour de quelque texte indigent, jusqu'à ce qu'une pierre ait enfin parlé. Quoi qu'il en soit, les ruines de Thala sont majestueuses, et la fontaine superbe: il n'y en a guère de plus ruisselante en Tunisie, mais les Arabes la souillent, les chameaux, les bœufs, les moutons, la piétinent. On croirait que l'indigène doit vénérer les fontaines, choses divine en ce domaine altéré ; mais au lieu de les garder amoureusement, il les empoisonne d'ordures, de

Le Kef.

débris, de pourritures, et plus d'une, toujours négligée et lentement aveuglée, refuse enfin de s'épancher.

Languissant sur le plateau, le Mellègue se réveille à la descente du socle; de rapide en rapide, il va très vite de la haute plaine « numide » à la basse plaine « africaine »; il n'est plus qu'à 2o0 mètres au nord-ouest du Kef, jadis Sicca. Cette ville de trois mille ans, à 730-800 mètres au-dessus des mers, n'est pas très loin de l'endroit où d'aucuns supposent que l'infidèle Déesse osa trahir à /ama le vainqueur du Tessin, de la Trébie, de Trasimène et de Cannes.

Sicca naquit de sa source, flot constant qui s'échappe d'une caverne ; elle grandit autour

d'un autel d'Astarté, la Vénus phénicienne : d'où le surnom de Veneria donné par les Romains, «es héritiers bénévoles des dieux nationaux, des génies du lieu, des temples et des pèlerinages dans toute l'étendue de leur domaine mondial.

YI. Khalled et Siliana. — Le long de la Medjerda, les étranglements de Mtarif commencent où finit la Dakhlat; ils s'achèvent là où s'ouvre le bassin de Testour, après tant de torsions que le chemin de fer y passe neuf fois le fleuve.

Dans le bassin de Testour, la Medjerda s'empare de l'Oued-Khalled et de l'Oued-Siliana. Le Khalled est bref. La phénicienne Thugga, romanisée en Dougga, et, tout près de là, Téboursouk (Thubursicum Bure) n'ont disparu qu'à demi des petits monts de sa rive gauche; maint

monument y a presque vaincu dix-sept ou dix-huit siècles,

^f \ devant déjeunes masures qui croulent, à côté des tentes que

M^^^ \ l'Arabe plante pour un jour ou une saison. A Dougga l'on

,^^ J^^M^ admire encore un harmonieux temple de Jupiter et des portes

Wm^ |4^3^^^M monumentales datant du grand empereur stoïcien mort dans

*\^h™H^S^^S^S^ les plaines de la Save en maintenant contre les Barbares

^^^^B^^^^tî^^^ la majestueuse intégrité de l'Lmpire; mais on n'y voit plus

, ^gP^I^^^-^^W^-"" ""^ sur un mausolée l'inscription punique et lybique (or, libyque,

'Wr^cf^'^ lil^f;. ' cela veut dire berbère) emportée par un voleur à Londres,

où n'était point sa place, pas plus qu'à- Paris : les pierres de Enfant au Kef. * Dougga la tunisienne devraient rester à Dougga. La Siliana

(150 kilomètres) est une fille des hamadas. Elle a dans son. bassin supérieur, à sa rive même, la ruine de Maktar (Oppidum Mactaritanum) et elle passe auprès de Djama, qui fut Zama la Grande, l'endroit le plus probable de la bataille perdue par Annibal.

VIL La basse Medjerda : le delta carthaginois. — Désormais plus d'affluents; lu Medjerda est complète. Oscillant entre un moindre débit de 1 8(50 litres et des crues extrêmes de 1 000 mètres cubes, elle frôle les jardins maraîchers de Testour (Bisica Lucana) qui, de par ses quatre vallées divergentes et de par son équidistance de l'Algérie et de Carthage, de la mer du nord et des plaines de Kairouan, est à peu près le bourg central du Tell tunisien. Elle passe devant Medjez-el-Bab et heurte le barrage levé par son travers à Tébourba (Tuburbo Minus). •Œuvre des hommes les plus habiles à discipliner l'eau douce et l'onde amère, comme à épancher l'eau morte et à dompter le flot conquérant, la digue de Tébourba, due à des Hollandais, réimmobilisera quelque jour le fleuve trouble en un réservoir d'arrosement.

A Djéde'ida, le Bagradas n'est qu'à 18 ou 20 kilomètres des murailles de Tunis, qui prétend

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