‹ Algérie et TunisieChapitre 80 sur 107 · XIII. — DU FLEUVE CHÉLIFF A LA BORNE DU MAROC · texte numérisé non relu

XIII. — DU FLEUVE CHÉLIFF A LA BORNE DU MAROC

I. Mostaganem. — Au bas de son ressaut de 100 mètres de hauteur, au bout de sa ravine, Mostaganem ne reçoit point la mer dans une conque soustraite aux vents; la rive est droite, la Méditerranée rebelle; les souffles du Nord sont terribles qui, avec ceux de l'Ouest, poussent les navires contre les écueils de la côte. Aussi le port, non encore complet, de cette ville a-t-il coûté beaucoup d'efforts.

Si donc il y eut par hasard ici quelque bourg avant la Murustuga des Romains, ce ne put •être qu'une « paysannerie », des gourbis dans les jardins, au bord d'une eau rapide, le ruisseau

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■de la Source Jaune (Aïn-Sefra), l'honneur du pays. L'Aïn-Sefra sort de terre à Raisinville, presque aux portes de Mostaganem; puissant de 100 litres en étiage, de 200 en consistance ordinaire, il traverse la ville et s'anéantit dans le flot turbulent après un voyage de 4 378 mètres, sur une pente de 121 mètres où se sont accrochés une douzaine de moulins.

Ainsi que pour vingt autres villes de l'Atlantide, l'expulsion des Maures de l'Espagne par ies rois ultra-catholiques valut à Mostaganem une seconde naissance. La Source Jaune se prêtait aux industries; la terre uberrime savait aspirer l'eau du ciel à travers l'arène (la contrée étant sablonneuse) et l'exprimer en suc, en herbes, en plantes, en arbres — comme le proclame à lui seul, dans la banlieue, le nom de Vallée des Jardins: — enfin les fontaines étaient belles; avant toutes, Aïn-Sefra; puis la source de Mazagran, qui verse 44 litres à l'étiage, et la font de Mitocarba, qui en donne 33, tout à côté de la mer.

En quelques lustres les Andalous firent de Mostaganem une cité de 40000 âmes. Le Turc vint et tout diminua, vergers, céréalières, prairies, moulins, ateliers, ville et villages. Mais les joyeux aïoun n'ayant pas cessé de jaillir et le sol n'ayant rien perdu de son excellence, les Français ont régénéré la contrée mostaganémoise, l'une de celles oîi nos colonies sont le plus vraiment rustiques. Il y a là une petite France gaie, prospère, essaimante, absorbant des Espagnols, point haïe des Musulmans ses voisins et ne les haïssant pas.

Mostaganem contribue au nom complet du golfe qui commence à s'infléchir au sud-ouest de la ville et finit au cap Carbon. Ce golfe, on l'appelle, pour ne rien omettre, golfe de Mostaganem et Arzeu. Mais comme Mostaganem n'a qu'une rade sauvage et qu'Arzeu est un « port divin », on dit plus brièvement : golfe d' Arzeu; plus justement aussi, car il vaut mieux désigner un rentrant de la mer par l'abri qu'on désire que par la grève qu'on redoute. Le golfe d' Arzeu déferle en sa moitié d'orient sur une côte basse, roche ou dune; en arrière se dresse en escarpement le rebord du plateau de Mostaganem et sur ce rebord pointe une « colonne héroïque », monument rare en Berbérie. C'est la colonne de Mazagran, qui consacre le souvenir d'un assaut ■de quatre jours contre un abri-bicoque; 123 Français, très bien tenus en main, y repoussèrent des milliers d" Arabes mal commandés (1840).

Au fond de courbure de la baie, les collines de sable du rivage ont derrière elles une plaine immense, très basse et très marécageuse. Tout au septentrion de cette plaine, au pied même du bourrelet aréneux sort du palus une rivière que la dune barrant l'accès de la mer prolonge de 0 kilomètres vers l'ouest. On nomme Macta cette rivière faite de la rencontre de l'Habra €t du Sig.

II. La Macta, les Quatre-Rivières, Aïn-Fékan, Mascara. — Oued-el-Makhta, nom complet avec la véritable orthographe arabe, signifie : Rivière de la Coupure, — justement de ce qu'elle tranche la dune dont les touffes d'alfa, les racines et les radicelles des tuyas maintiennent la cohérence.

A moins de 30 kilomètres à vol d'oiseau au sud-ouest de Mascara, trois oueds se rencontrent

dans le val des Trois-Rivières, et le plus grand de ces courants vient précisément d'en recevoir un quatrième; ce bassin pourrait donc se nommer les Quatre-Rivières. C'est une chose rare qu'un confluent de quatre vallées; mais, l'Atlantide étant petite, ces vallées-là ne sont pas grandes. Les quatre cours d'eau qui se sont donné ce rendez-vous, l'Ouizert, le Fékan, l'Hounet, le Seffroun, forment l'Oued-el-Hammam, qui prend plus bas le nom d'Habra.

L'Ouizert et le Fékan sont de vraies rivières en éternel renouvellement d'elles-mêmes; l'Hounet et le Sefl'roun, tous deux partis des montagnes de Daya, arrivent en gros ruisseaux au quadruple confluent; le Seffroun erre pourtant pendant 100 kilomètres, et l'Hounet pendant 150. L'Ouizert naît du Tifrit et de la Saïda. Le Tifrit s'épanche d'Aïn-Tifrit, source puissante que brisent trois cascades de 20 mètres en un site grandiose, au plus creux d'une gorge où les chênes sont de très vieux chênes et les rochers des rocs d'antiquité « cosmique », alors qu'il n'y avait pas encore d'hommes pour admirer les fontaines, les bois et les cataractes. La Saîda coule d'une fontaine abondante, à la lisière du Tell, qui se continue ici vers le sud, par un demi-Tell, en empiétement sur le Steppe. Elle coule à côté d'un petit bourg qui fut une ville industrielle avant que la cueillette de l'alfa diminuât par suite d'un brutal excès d'arrachage. Ce bourg c'est Aïn-el-Iladjar, où l'on pressait mécaniquement cette plante, fille du Soleil, en blocs durs comme le fer.

De gorges en gorges la riviérette atteint Saïda ou l'Heureuse, jeune ville prospère, à 880 mètres, puis Nazereg, réellement Aïn-Azreg ou Font-bleue. source puissante dont on n'ignore pas tout le cours nocturne; c'est elle qu'on voit briller non loin de Saïda, au fond de l'entonnoir dit Caverne des Pigeons; elle qui s'épanouit ensuite en un lac sous-rocheux; elle qui revoit le jour par une « fontbelle » ; elle enfin qui s'enterre à 1 500 mètres de cette naissance pour se déterrer au surgeon de Fontbleue. Un aïn qui ne le cède guère en abondance à Aïn- Azreg, l'Aïn-Ouengal ou Font du Poirier (175 litres) se libère des prisons du sol en aval d'Aïn- Nazereg. La Saïda ayant marié devant Ouizert sa destinée à celle de l'eau venue de Tifrit> se mêle k l'Oued-Fékan qui, dès sa source roule de 500 à 900 litres par seconde, flot presque « incomparable » en Algérie. H sort de l'Aïn-Fékan, qui est un étang profond bordé çà et là de roseaux, entouré de trembles aux feuiUes frémissantes, de peupliers et de hauts eucalyptus plantés pour combattre le méphitisme.

On attribuait de très grandes vertus fébrifuges à l'eucalyptus, qui dégage une odeur aromatique. Si soleilleuse, si marécageuse, si peu balayée des vents, si fiévreuse que soit une vallée, il suffirait pour l'assainir de quelques-uns de ces gommiers d'origine australienne. Cet arbre qui fait, dit-on, la salubrité de l'Australie, est une merveille de la nature : il croît extraordinairement vite, il donne un bois droit, dur, compact, imputrescible, il monte à 150 mètres — plus encore que le sapin de Californie c'est le géant des forêts. — On le vante moins aujourd'hui; on le plante moins; la première ferveur est passée, mais on reconnaît toujours qu'il combat par une exhalaison de vie les exhalaisons de mort des palus.

L'abondance d'Aïn-Fékan ne vient point de quelque montagne dont il recevrait invisiblement

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les eaux; la reine des sources de l'Oranie doit sa force aux ruisseaux qui filtrent dans les terres poreuses de la plaine d'Eghris, laquelle, à 500 mètres de moyenne altitude, a pour ville majeure la salubre Mascara (588 mètres). Cette ville n'est point bâtie sur les alluvions de l'Eghris, mais elle couvre au-dessus d'elle, et près d'elle, deux coteaux au revers méridional des montagnes terreuses des Béni-Chougran, dans un vignoble dont les vins sont une liqueur de flamme. Désormais ville agricole, âpre à remplir ses celliers. Mascara fut ville militaire au siècle passé. Oran « la guerrière » obéissait alors à l'Espagnol infidèle. — Que Dieu le maudisse ! ajoute sentencieusement l'Arabe — et de Mascara, qui venait de succéder à Mazouna comme capitale du beylik, partaient les tentatives de reconquête. L'Oued-Fékan n'a guère que 10 à 12 kilomètres. A micourse il tombe de 12 à 15 mètres dans uni effondrement rempli de végétations folles.

in. L'Habra : barrage de Perrégaux. — La rivière née de ce concours d'oueds s'appelle d'abord Oued-el-Hammam, parce qu'elle passe près du hammam ou font-chaude de Bou-Hanéfia, sources à 58 degrés, qui ressemblent à celles de Luxeuil et de Bourbonne-les-Bains. Rome usa de la bienfaisance de ce hammam, nommé de son temps Aqua' Sirenses, d'après le fleuve, qui s'appelait Sira : radical identique à Isser. Après Hammam-bou-Hanéfia, l'oued baigne la Gucthna, patrie de l'homme auquel nous devons rx\frique : c'est là que naquit Abd-el-Kader vers 1807. Si ce marabout de la tribu des Hachems, si cet homme de fer, à la fois poète, prêtre, prophète, orateur, législateur et guerrier, n'avait pas remué ciel et terre, armé les Arabes, les Kabyles et le Maroc, attaqué nos camps pendant quinze années et forcé nos généraux à le pourchasser jusqu'au bord du désert, nous nous débattrions peut-être encore contre le néant de l'occupation restreinte.

L'Habra passe ensuite entre deux collines rocheuses qu'on a réunies par une digue de 373 mètres de long sur 34 mètres de haut et 35 d'épaisseur à la base. Devant un pareil obstacle, la fille des plus beaux aïoun du Tell de Mascara recule au loin dans les trois gorges qui se rencontrent en amont du barrage — gorge de l'Oued-el-IIammam, gorge de l'Oued-Tezou, gorge de rOued-Fergoug — et forme un lac à trois pointes où dorment, quand il est aux trois quarts plein, une trentaine de millions de mètres cubes.

Ce sont des torrents terreux qui s'arrêtent contre la digue cyclopéenne ; c'est une rivière de cristal qui sort du lac, forte moyennement de 3 000 litres par seconde, pour aller arroser les champs de Perrégaux, ville nouvelle, puis la plaine de Sirat qui se confond avec celle du Sig, et s'achever dans les marais. Son cours est de 235 kilomètres en une conque de 822 000 hectares dont la moitié d'amont consiste en calcaires.

Les constructeurs du barrage de Perrégaux s'étaient dit : « Nous musellerons l'IIabra par une muselière dont elle ne se débarrassera jamais ». Et ils donnèrent à leur muraille plus de cent pieds d'épaisseur. Ils supposaient la rivière capable de rouler 800 mètres cubes par seconde, sans plus. Mais, en cette excessive et traîtresse Afrique, fourbe est la nue qui suspend la pluie sur les champs secs; elle avorte ou tombe en un déluge inouï, qui lève les

oueds deux fois plus haut qu'ils n'ont coutume. Ainsi arriva-t-ii à l'Habra en 1881. Elle s'élança « niaf^^aresquement » sur le déversoir de la digue. Il y avait dans l'épaisseur de l'œuvre une fente : très étroite, mais c'était une fente. Elle s'élargit. D'ailleurs, la pierre et son ciment eussent-ils été la cohésion même, la roche où s'enracine à ses deux bouts le barrage est une roche inconsistante, une montagne pourrie, de la nature de celles qui se cassent sur leur pente et s'éparpillent à leur base.

La nuit venue, la digue craqua par sa fissure et le lac, plus rempli que jamais, dépassa les 30 millions de mètres cubes officiels et les 40 millions qu'il peut contenir. Il s'écroula sur la campagne d'aval. De jour la trombe eût emporté tous les travailleurs et passants de la plaine; nocturnemcnt elle ne rencontra personne au bord de la rivière: personne non plus dans les vignes, les prairies et les terres — pourtant 160 hommes périrent dans des maisons de Perrégaux et dans les cabanes espagnoles ou les gourbis arabes des environs.

Ceci montre que la sagesse de la science n'est rien sans les scrupules de l'honneur; que toute pierre non magnifique et toute chaux non parfaite doivent être rejetées comme indignes de la levée génératrice d'un lac qui porte à la fois la vie et la mort dans ses flancs; que la moindre goutte d'eau qui filtre au travers d'un barrage doit mordre au cœur les constructeurs de la digue, et que leur souci doit monter jusqu'au tremblement. Dix,, cent, mille petits barrages valent mieux qu'un grand; ils ne s'effondrent pas; ils dispersent la fraîcheur dans tous les vallons au lieu de la concentrer dans quelque plaine basse; ils imbibent le sol en dix, en cent, en mille endroits au lieu d'un seul, et ils deviennent ainsi les pourvoyeurs des fontaines. Enfin, et surtout, les grands réservoirs se comblent trop vite des alluvions de leurs oueds : celui de l'Habra n'a plus sa contenance théorique ; or, c'est une œuvre difficile et coûteuse que de déseuA-aser les faux lacs. La cité toute neuve de la plaine inférieure de l'Habra, Débrousseville, qu'entourent des vignobles, doit sa naissance, sa croissance et sa force, au barrage de Perrégaux, qui a été reconstruit et qui est plus solide qu'antan.

IV. Le Sig : Sidi-bel-Abbès. — A peine moins long que l'Habra, le Sig (215 kilomètres) déverse un bassin fort resserré de 312 300 hectares seulement, presque trois fois inférieur à celui de son compagnon.

Le Sig a son origine h la fin du Tell, au bas du talus du Steppe, à quelques pas des gouttières anhydres du plateau moiré par l'alfa. Son ras el-ma, sa tête de l'eau, le fait presque rivière, car c'est par 230 litres à la seconde qu'il débute, à 1 161 mètres au-dessus des mers; le lieu s'appelait, comme la source, Ras-el-Ma. On le nomme aujourd'hui Crampel, d'après l'un des héros et des victimes de la pénétration française au Congo. Né dans un lambeau de craie inférieure, le Sig ne tarde pas à passer dans les calcaires et il y reste jusqu'à Chanzy. Les 250 litres de sa nalale fontaine, il ne les augmente guère en sa descente rapide; en son lit qu'on franchit aisément d'un saut, la rivière disparaît et reparaît continuellement dans le sol poreux; chaque perte n'est séparée (en moyenne) de la précédente et de la suivante que par un

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intervalle de 2 500 mètres, et de même les résurrections, à 2 300 mètres en moyenne l'une de l'autre. S'il arrive que mainte vasque de réapparition dégorge autant ou plus d'eau qu'il s'en est engouffré en amont, il arrive aussi qu'elle en dégorge moins, et, en somme, le flot diminue en s'éloignant de Crampel.

Mais, par cela même, sous le « Sig du soleil » coule un « Sig de l'ombre » qui, suivant la pente du val, va s'épanouir en nappe souterraine sous le sol de Chanzy, de la Tabia, de Sidi-bel- Abbès; et celui-ci, le « Sig inconnu », fait beaucoup plus pour la fécondité des terres que les canaux du « Sig visible ». Quant aux affluents, dont nul ne vaut la peine d'être nommé, c'est en crue seulement qu'ils renforcent le courant de la rivière centrale.

Le dernier « enfouissement » du Sig est à quelques kilomètres en amont de Chanzy, bourg qui fut une ville romaine, de nom encore inconnu, peut-être simplement un poste; on n'ignore pas que là campait un escadron des Parthes. Deux grandes fonts de son voisinage doublent la force du Sig : Aïn-Skhouna ou Font-Chaude et Aïn-Mekareg ; elles ont tout l'air d'être une « révélation » d'eaux cachées en amont sous le sol par la rivière plutôt qu'une onde indépendante assemblée dans les entrailles des collines.

A Sidi-bel-.Abbès, nul ne parle du Sig, qui est ici une sorte de fossé régulier de 5 à 6 mètres de large, mais tout le monde y parle de la Mékerra; c'est là l'un des huit noms du Sig, le seul qu'on emploie dans cette jeune ville fondée en 1843 sur un marais, chez les Béni-Amer, chauds adhérents du batailleur issu des Hachems. Cette tribu ayant fui d'Algérie en Maroc, il y eut place pour les colons dans une campagne féconde ayant pouvoir darrosement, du fait des eaux souterraines qu'ouvre le puits évoqué par la noria, du fait aussi de la Mékerra, qui ne tarit jamais. Français, Espagnols, cosmopolites sortis de la Légion étrangère, qui a l'une de ses deux garnisons à Bel-Abbès ', transformèrent le palus en un jardin magnifique ; les Espagnols surtout, mieux faits à ce cHmat brusque où l'on gèle, où l'on grille, où il ne pleut guère; climat tel qu'il y a des jours, des semaines où l'on ne sait si l'on vit en Tell ou en Sahara. Maint Valencien, Murcien, Andalou des hauts « campos » a retrouvé sa patrie dans cette plaine presque aussi dédaignée des nuages que peuvent l'être l' Aragon des basses vallées, l'Estrémadure, la Manche, les campagnes de la très sereine Murcie.

23 000 Béni-Amer étant partis, peu étant revenus, la campagne de Sidi-bel-Abbès put devenir une petite Europe où l'Indigène compte moins que l'Européen, et où l'Européen a singulièrement influé sur l'Indigène. Nulle part en Algérie l'Arabe ne parle autant le français; nulle part il n'a pris au même degré l'allure de nos campagnards, même jusqu'à s'affubler du pantalon et de la blouse bleue. Pourquoi vingt autres grandes tribus n'ont-elles, point désiré vivre en Outre-Mafouïa dans le rayonnement du Chérif des Chérifs? Nous y aurions gagné vingt Sidibel-Abbès, et ces peuplades n'auraient point perdu leur patrie, nomades d'instinct comme elles le sont, et n'ayant au cœur en racine vive qu'un seul pays, l'Islam.

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