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L'autre esl à Saïila

De Sidi-bel-Abbès à Saint-Denis la Mékerra, qui devient en route la Rivière des Larges Campagnes (Oued-Mebtouh), s'amortit deux fois derrière deux digues récemment trouées ainsi que la levée de l'Habra par un effort soudain de la rivière emprisonnée. Le barrage des Grands Cheurfas retient 17 à 18 millions de mètres cubes; celui de Saint-Denis-du-Sig, juste à l'issue des défilés dans la très large plaine, en arrête 3 275 000, réserve de trente-huit jours à raison d'un mètre cube à la seconde; et provision de deux cents jours pour le lac des Grands Cheurfas, à supposer que l'hiver l'emplisse, ce qlii n'arrive pas en toute année.

Au-dessous du barrage de Saint-Denis le Sig est une rivière honoraire, sans une seule goutte hors l'accident des crues ; toute l'onde courant dans les canaux dérivés du lac factice, ceux-ci se dispersent, de branchement en branchement, dans la campagne; quant au Sig sec, il frôle Saint-Denis-du-Sig, ville pareille à Sidi-bel-Abbès en ce qu'elle est pour l'instant aussi espagnole que française, puis il se perd dans le même marais que l'Habra.

Ensemble, la plaine du Sig et celle de l'Habra ou de Sirat s'étendent sur plus de 100 000 hectares entourés de monts, de collines, de dunes, la montagne au midi, la dune au septentrion. La Macta (6 kilomètres), telle qu'elle s'échappe de son palus, est une rivière intarissable dont les maigres sont de 2 à 3 mètres cubes par seconde et la moyenne de 10 à 12, tribut dun bassin de 1280 000 hectares.

Y. Arzeu, Oran, Mers-el-Kébir. — A 13 ou 16 kilomètres au N.-O. de la Macta, lé Grand Port (Portus IMagnus) des anciens, Arzeu compte parmi les rares abris de l'Afrique française sortis, sinon parfaits, tout au moins bons, des mains de la nature; même Arzeu approche de l'excellence ; il ne craint rien du nord, du nord-nord-ouest, de l'ouest, vents dont il est garé par l'Orous ou Orouze (008 mètres), massif de roches marmoréennes.

Donc port sûr, assez vaste dès aujourd'hui pour plus de 200 vaisseaux en eau profonde, Arzeu serait devenue la ville prépondérante de l'Oranie si l'eau ne lui avait tellement fait défaut. Le dieu de ses négociants, c'est, c'était surtout l'alfa, qui lui arrive des hauts plateaux; un autre dieu moindre, c'est le sel tiré du lac El-Melah ', grande saline naturelle à 15 kilomètres au sud de la ville : en se rétrécissant de son ampleur d'hiver à sa petitesse d'été, l'El-Melah découvre chaque année, plus de 2 millions de tonnes de sel.

Les Romains entendaient par Portus Magnus, non seulement l'enfoncement de côte où nous vous notre Arzeu, mais aussi tout le rivage plus ou moins abrité de l'occident par les montagnes; leur ville de Grand-Port n'occupait point le site d' « Arzeu iVeuf » ; ils l'avaient bâtie au lieu dit maintenant Vieil-Arzeu, soit à deux petites lieues au sud-est, près du village de Saiht-Leu.

Cap Carbon, cap Ferrât, cap d'Aiguille, ainsi se nomment les promontoires lancés par l'Orous dans le bleu profond de la mer. En doublant ce dernier on passe du golfe d'Arzeu dans

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