‹ Algérie et TunisieChapitre 85 sur 107 · millimètres par an · texte numérisé non relu

millimètres par an

Les terrasses de Boii-Sànda.

dépression franco-tunisienne cesseraient d'être des marais infortunés. Mais justement la nature

semble plutôt travailler à sécher l'Atlas qu'à l'envelopper de nuées humides.

Lac du Hodna ou de la Hodna ou lac de Msila, d'après une ville délabrée peu éloignée de sarive septentrionale; ou lac Heureux, lac du Bonheur', on ne sait pourquoi.

Rome l'avait plus sensément nommé les Salines — Salina^ Tubonenses, d'apri'S Tobna, qui est a la même distance que Msila de la pointe orientale du Chott : à cinq ou six lieues. Le Hodna ne peut être potable quand tant de montagnes l'isolent de la source éternelle des pluies. Bien qu'à 150 kilomètres tout au plus de la mer la moins éloignée, qui déferle sur la plage du golfe de Bougie, trois forts djebels lui cachent la Méditerranée. Il y a d'abord les Monts Hodnéens, chaîne çà et là sylvestre encore dont les maîtres pics dépassent I 800 mètres et portent en hiver des tiares de neige; puis derrière les Monts Hodnéens, au nord de cette Medjana où les moissons sèchent souvent faute d'eau, se lève le djebel des Bibans, supérieur à 1 700 mètres; enfin derrière la chaîne des « Portes », le très haut et très puissant Babor atteint 2 000 mètres.

Donc le cirque des sierras déchiquetées du Hodna est un cirque de lumière, et d'embrasement, soit un Sahara, mais seulement lorsque le printemps est anhydre ; si la saison délicieuse dispense la pluie lorsque les graines, puis les tiges la demandent, qu'elle en dispense assez, et que le siroco s'abstienne de souffler, alors l'orge, le blé, viennent à miracle, à 100, 130, 200, 400 pour 1, et la « Métidja du Sud », avec ses vagues d'épis, fait honte à la Métidja du Nord. Mais la plaine du lac Heureux blondit trop rarement en moissons opimes; elle attend, pour devenir un Sénégal-, une Egypte, les canaux tirés des oueds de la montagne. On prétend que les Romains, et, après les Romains, les Berbères, y avaient soumis à l'irrigation plus de 100 000 hectares; de nombreux restes en témoignent, barrages, maçonneries, châteaux d'eau diviseurs, traces de canaux et de rigoles, sur les 1 800 000 hectares, sinon 2 000 000, qu'occupe

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