‹ Algérie et TunisieChapitre 86 sur 107 · Cholt-es-Saïila · texte numérisé non relu

Cholt-es-Saïila

2. Par son climal, ses plantes, le bassin du Ilodna ressemble, dit-on, singulièrement au Sénégal.

le bassin du Hodna, dont 27 050 pour la lagune en hiver ordinaire et 70 000 ou 73 000 après les longues pluies. En été l'eau s'y réduit à de faibles marais et le sel y brûle les yeux. Plus grande jadis, il y a dans son voisinage, à son sud-est, au delà d'une étroite langue de terre, un chott de 8 300 hectares isolé de lui par la dessiccation de l'Atlantide.

De tous les oueds qui s'avancent vers lui par flots inconstants, quelquefois en vastes rivières, le plus abondant est le Ksab, de son nom complet Oued-el-Ksab ou Rivière aux Roseaux; il naît d'une forte source, à Ras-el-Oued. Coulant au versant septentrional de la montagne hodnéenne. sur le plateau de la Medjana où ses fontaines et les fontaines de ses affluents vivifient des villages français, il semble d'abord promis au fleuve de Bougie; mais, bientôt, laissant Bodjr-bou-Arréricij à 8 kilomètres au nord, sur une colline de 933 mètres d'altitude, il tourne au midi et perce en défilés la montagne hodnéenne, entre des rocs noirs qui relèvent du calcaire.

Au Roc-Bâton (Kef Matrak) une digue de 25 mètres de haut arrêtera peut-être quelque jour 20 millions de mètres cubes d'eau que fourniront sans peine les 130 000 hectares du bassin d'amont; mais, pour l'instant, ses crues ne font que nuire. Affranchi des prisons du djebel, il baigne de ses canaux les jardins de l'embrouillis de masures terreuses qui s'appelle Msila. Hodnéens et Sahariens sèchent l'argile au cuisant soleil, et des « toub » ou briques ainsi obtenues ils se font des mai-

sons, disons de nouveau des masures, des casbas, des mosquées, des minarets dont beaucoup défient audacieusement l'équilibre; à Msila dix ou douze de ces « tours de la prière » sont aussi penchées que l'est la tour de Pise.

Des monts Batnéens arrive au chott du Hodna un oued qui passe près de Ngaous ou Mgaous, dont les jardins murmurent, tant il y gazouille d'eau dans les seguias sous une forêt d'arbres fruitiers.

Boucherie de chameau sur le marché de Bou-Sàada.

Des'monts d'Aumale et du Tittéri vient l'Oued-ChelIal, long de 130 kilomètres. Des monts de Djelfa descend l'oued de Bou-Sâada, « heureux comme son lac, et qui baigne à 378 mètres

au-dessus des mers, la ville « Fortunée », Bou-Sâada, riche de 8 000 palmiers. Des monts des Ouled-Naïl et du Bou-Kahil descend l'Oued-Chaïr dont le nom, Rivière de l'Orge, indique assez que ce pays saharien connaît les cultures telliennes ; l'une des expansions de vallée où serpentent ses eaux rares, qui toutefois ne manquent jamais, la plaine d'El-Mehaguen, est l'une de ces « Métidjas du Midi » que les Arabes aiment à comparer non sans illusions à la Métidja d'Alger la sultane.

Sur tous ces oueds hodnéens, des ruines, plus exactement des décombres, sont un faible souvenir de Rome dominante ou colonisatrice : débris de fermes ou d'établissements quelconques au long de l'Oued-Chaïr, comme au long du Bou-Sàada et de l'Oued-Chellal. 11 n'est pas bien démontré que Rome ait eu jamais une très forte prise sur cet outre-mont de Sétif, mais ces vestiges prouvent au moins qu'elle occupa le pays, qu'elle le trouva bon, quelle essaya de l'arroser, de le planter et de le cultiver.

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