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SAHARA ALGÉRIEN
seconde le Ilot que versent ensemble les fontaines des Zibans, c'est-à-dire des divers Zabs. Ce n'est pas tout encore. Des puits artésiens forés par la France ont fait jaillir de petites rivières. Grâce à eux des oasis mortes renaissent au bord des ruisseaux enfantés par la sonde, des oasis nouvelles s'enorgueillissent de leurs jeunes tiges et chaque année un peu de Désert entre sous l'ombre légère des palmes.
MecliL-i'.i ou l■e^L-l■^u i.i'eau doucu.
II. Foum-es-Sahara. — Un homme qui part de Paris le jeudi peut, le dimanche, voir les dattiers de Bisi<ra, ville du Désert. Débarquant à Philippeville, cet homme monte à l'orgueilleuse Cirta par un convoi lent, car les pentes sont dures, puis par des pentes moindres à Batna, sur de tristes plateaux qui ne sont point beaux, qui ne le seront jamais; leurs oueds sont taris, leurs lacs sont salés, leurs monts sont chauves; mais bientôt l'Aurès monte dans le ciel, la nature grandit. Quand on a laissé derrière soi Batna l'on atteint un col de 1 100 mètres, puis le train court vers ce grand, ce vrai Sud dont les enfants méprisent souverainement ce qu'ils nomment la brumeuse Alger, la nuageuse Oran, la pluvieuse Tunis. Il court en corniches, en tunnels, sur précipices, dans les gorges d'un oued sauvage, aurasien par son cours supérieur,
ALGÉRIE ET TUMSIE.
saharien par son lit inférieur; il descend avec lui jusqu'à l'antique Talon d'Hercule (Calceus Hcrculis), qui est l'illustre El-Kantara. Roches ardentes, eaux vives, ciel magique, éventail des palmes, voix d'un torrent, cette oasis a la beauté parfaite; là, près d'un pont romain d'une arche dominant de 43 pieds les galets de l'oued, la gorge s'élargit.
C'est le Foum-es-Sahara ', où le mortel le plus vulgaire est pris à la gorge par la splendeur du Désert, grand comme l'Océan. II y a dans l'Atlas, sous divers noms, d'autres écartements magnifiques dont les roches sont comme les caps d'Homère : « l'homme assis sur leur crête y
Les (lunes.
voit autant de ciel qu'en peuvent sauter les chevaux bruyants des Dieux », mais ce ciel est souvent rouge ou fauve avec des typhons de sable et non pareil à l'azur bleu qui dort sur la mer « vineuse ». On traverse ensuite « El-Outaïa », sise à 206 mètres au-dessus des mers, puis on monte au col de Sfa, d'où l'on voit plus amplement que d'El-Kantara le Désert où l'on va descendre.
III. Biskra, les Zibans, Zaatcha. — Quand l'air s'ébranle à Riskra, la vieille oasis et la jeune ville d'hiver, 1.50 000 palmiers frémissent, et 5 000 oliviers dont les plus antiques ont, dit-on, livré leur feuille au vent dès le temps des Romains. C'est que l'eau ne manque pas, la