Lii • guerre sainte », contre les Infidèles
2. Le • c6té de la prière », le côté de la Mecque, l'Orient arabe.
3. Un million d'après d'autres : tous ces calculs sont des ■ calculs eu l'air ».
mais on peut croire que la lutte, si lutte il y eut, fut courte. Ceux qui avaient suscité Annibal contre Rome ne suscitèrent aucun grand vainqueur, aucun grand vaincu contre les conquérants rapides qui leur arrivaient avec un esprit pareil au leur, une parole semblable à la leur et une religion née dans cet Orient d'où leur venait, à eux fils des Phéniciens, leur conception du visible et de l'invisible.
Cette religion, agissant dans le même sens que la sororité des langues et la demiconsanguinité, mit le sceau à l'absorption du Punique et elle commença l'assimilation
Une rue à Kairouan.
Les vieux remparts de Kairouan.
du Numide par la vertu de son livre saint, le Coran, c'està-dire la Lecture (par excellence).
Le Coran, Bible de l'Islam, est l'œuvre d'un quasi-délirant.
Mahomet le Koreïchite , quadragénaire insensé, l'écrivit comme l'ange Gabriel le lui dictait de la part de Dieu, c'est-à-dire
suivant ses hallucinations, après les songes légers de la nuit ou les rêves lourds de la sieste.
Aux fantasmagories du sommeil, peut-être à celles de la veille, car il semble qu'il rêva les
yeux ouverts, il mêla ce qu'il avait appris dans ses voyages, surtout lorsque, encore adolescent,
sous le soleil, la poudre de sable et le hâle, il avait franchi la pierre des Hamadas et l'arène des
Néfouds pour guerroyer dans les pays du Nord qui ne sont plus l'Arabie et ne sont pas encore la Syrie.
Tradition juive et tradition chrétienne; légendes contées chez les tribus pastorales, au campement du soir, près du feu flambant, quand s'avance la nuit lunaire ou seulement stellaire; sentences de la sagesse arabe; louanges au Dieu « qui est le vivant, le fort, l'aimable, le juste, le clément, le miséricordieux » ; malédictions sur Satan le lapidé, qu'Abraham poursuivit de ses pierres; hymnes, apophtegmes, imprécations, paraboles; appels aux armes contre l'Incroyant; règles de conduite; lois d'hygiène; indications de propreté; prophéties et récits d'antan; et les terreurs du Jugement Dernierj et le Sicath, pont tranchant comme un fil de sabre au-dessus de la Géhenne du feu; et le Firdous ou Paradis des délices et ses hour-el-aïn ' aux yeux profonds et noirs destinées aux hommes du témoignage, qui sont morts de la « mort rouge », dans les combats pour Dieu, et non de la « mort jaune » par épidémie ou maladie; enfin tout ce qu'il lut dans les livres, tout ce qu'il entendit dans la chambre de poil-, tout ce qu'il ouït de voix indistinctes et vit d'impalpable pendant son dormir ou sa somnolence, tout se heurta dans son Kitab, dans son « Ecriture », devenue, depuis, la « Lecture ». Son démon familier lui disait : « Ecris! » et il écrivait'sans souci de ce qu'il avait tracé la veille.
Et aussi sans sôuci de ce qu'il tracerait le lendemain, pour instruire dans la Loi et guiderdans la Foi ; il pensait pour le moment même, selon le caprice ou la nécessité de ce moment, car, ainsi que le dit l'Évangile des chrétiens : « A chaque jour suffit sa peine! »
Lui mort, le premier calife, c'est-à-dire le premier remplaçant, le premier vicaire, Abou-Bekr rassembla pieusement les « inspirations de Dieu » ; et ce qu'on en trouva, partout épars, jusque sur des os d'épaule de mouton, devint, pour parler à l'arabe, la « montagne de l'incohérence ».
Ainsi fut révélée la « Sainte Lecture », le Coran, livre de M4 sourates ou chapitres, dont, suivant l'antique usage, la foule parcheminée des commentateurs a noirci le clair- obscur en ténèbres.
Mais Mahomet fut un grand poète, en un arabe vaillant, concis, pur, idiomatique, et le Coran transporte d'aise les arabisants.
Même le Musulman ne peut vivre sans ce livre, puisque c'est non seulement la voix de la révélation, mais aussi, tel que les commentaires l'ont étendu, torturé, tordu, la règle de la vie, la norme des actions et des pensées, le fondement de la loi civile, le code infaillible, la racine de toute science, ou plutôt toute la science elle-même. Le Prophète a tout vu, tout su, tout compris, tout dit, tout décidé.
Ce livre est donc un livre terrible et, s'il en fut jamais, un instrument de règne. A peine était-il hé que ses 114 chapitres se mirent à dévorer des peuples et des langues; il en dévore toujours, en Afrique.