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Au commencement de ranncc 1870, des incursions des tribus marocaines ayant eu lieu sur notre territoire, le général de Wimpfen, commandant alors la division d’Oran, sollicita et obtint l’autorisation de conduire une expédition au centre même de ce foyer d’hostilité.
Au mois de mars 1870, il rassembla donc une colonne nombreuse ^ aux puits d’Aïn ben Khelil, et s(‘. porta sur le Zegdou, Il laissa un poste, pour jalonner sa route, aux oasis de Bon Kaïs, dont les cultures magnifiques s’étendent sur 40 ou 50 hectares, et traversa l’oasis de Kenadsa (30 kilomèlres de l’oued Guir), dont la zaoLiïa, très vénérée, envoie de nombreux missionnaires dans le Tell algérien.
* '1600 hommes d’infanterie, ^12 escadrons, 000 chameaux, des cava- Uers de goums, 3 sections d’arlillerie.
Le il avril, la colonne arriva sur les bords de boued Guir. Une crue subite, venait de gonfler le fleuve ; large alors comme un bras de mer, « ses vagues écumantes bondissaient comme les flots d’une mer en courroux » .
Tout ce pays est remarquable par la richesse de ses cultures et de ses pâturages toujours frais On descendit le fleuve pendant deux étapes, et, le 15 avril au matin, on arriva « au point nommé Bahariat, ou les petites mers, parce que c’est la partie la plus large de celle riche vallée, dont la fertilité est due aux crues périodiques d’une l’ivière qui, petite image du Nil, féconde de ses eaux des surfaces très étendues ».
« Au centre de ces lagunes, et sur une étendue de
8 à 10 kilomètres, s’élèvent des dunes qui forment une espèce de grande place forte naturelle où les Douy Menia s’étaient réunis avec leurs troupeaux et leurs richesses. »
Cette très forte position fut attaquée et enlevée le 15 avril. Le rapport du général de Wimpfen évalue à 16,000 le chiffre des populations concentrées autour de ce point, dont 7 h 8,000 en armes.
Deux jours après, la colonne, ayant reçu les otages comme garantie des conditions de paix, rétrograda.
Pendant cette expédition, le poste de Bou Kaïs avait été attaqué à plusieurs reprises. Le général de ‘Wimpfen voulut châtier les coupables de cette agression et se porta snr l’Aïn Chair.
Cette oasis est dominée par un ksar fortifié. Deux cents coups de canon furent tirés sur son enceinte de terre; mais les projectiles passaient « comme une vrille
* On évalue à 450,000 les palmiers de l’oued Guir.
dans une planche », sans produire d’effet sérieux. L’attaque fut ordonnée; l’oasis fut enlevée; mais les efforts des assaillants furent arrêtés par la résistance du ksar. Cette affaire coûta 14 tués et 130 blessés.
Le lendemain eurent lieu quelques pourparlers que l’on voulut bien considérer comme un acte de soumission, et la colonne reprit sa marche.
Celte expédition, qu’il nous a paru intéressant de résumer, a permis de connaître un pays sur lequel on avait pou de renseignements, et d’apprécier l’appui que nos dissidents peuvent trouver chez les tribus marocaines.
El Bahariat est h 14 jours de caravane de Gourara et à 17 jours du Touat, à travers un pays peuplé et cultivé.
Si la France avait porté ses frontières sur l’oued Saoura, elle aurait pu dominer le pays, en assurer la sécurité, et peut-être ouvrir k son commerce cette route très avantageuse.
Le Sahara n’est donc pas le désert que l’on avait cru. Il est parsemé d’oasis appartenant k des tribus rivales, souvent en guerre les unes contre les autres, et sur lesquelles les chefs religieux seuls exercent une influence sérieuse.
Les oasis sont, en quelque sorte, les points de repère des tribus nomades dans leurs migrations périodiques; migrations de quelques journées seulement pour les unes, migrations à très longs parcours pour les autres. C’est Ih qu’elles emmagasinent leurs grains, qu’elles déposent leurs réserves, sous la garde d’une population sédentaire qui joue le rôle de fermiers et qu’on appelle Khammès. L’oasis est toujours entourée d’une enceinte;
elle est irriguée par des puits et renferme des cultures de légumes, d’orge, mais surtout de palmiers dont les dattes sont, avec les laines, la principale denrée d’échange avec les produits du Tell.
Au centre de Toasis est un ksa7% village fortifié susceptible d’une très grande résistance.
L’attaque d’Aïn Chair est venue après bien d’autres en donner la preuve. Le ksar est une fortification imprenable pour des Arabes, qui n’ont ni canons, ni engins de siège