‹ Algérie, géographie physiqueChapitre 37 sur 42 · HODNA · texte numérisé non relu

HODNA

A répoc]ue romaine, le Hodna était un pays d’une richesse proverbiale, cependant les eaux étaient « rares», dit Salluste; c’est par de magnifiques travaux de barrage dans les hautes vallées et par un savant système d’irrigation que les cultures avaient atteint un si remarquable degré de prospérité.

Une voie romaine, conduisant diAuzia (Aumale) k Castelluin cellense (Kherbet Zerga, sur l’oued Beida), longeait, au nord, les pentes de la ceinture montagneuse du bassin; elle était jalonnée par de grandes villes dont on voit les ruines considérables : ad Aras, Zabi, Macri, ad Oculuni Marini, Thubuna.

1 Sc reporter page 209.

Lire page 212, oued Legouman au lien de Lcouman.

Ad Aras (Tarmount) sur l’oued Bouzarea, affluent de gauche de l’oued Ghellal, près de sources abondantes qui entretiennent une belle végétation arborescente naturelle.

Zabi (Bechilga), rancienne capitale du Zal), à 4 kilomètres à l’est de Msila.

Macri (Sidi Abd Allah ben Daoua), h 37 kilomètres h l’est de Zabi, sur l’oued Barhoum, qui prend ses sources dans le djebel Bou Thaleb. La vallée supérieure de cette rivière, et celle de son affluent l’oued Meneffa, sont bordées de koubbas, de moulins, de beaux jardins, « qui font de cette partie du Hodna un séjour enchanteur » .

Les eaux descendent en cascades des montagnes; de nombreuses seguias irriguent de grandes cultures.

Ad Oculum Marini (Ngaous, l’ancienne Nickouse), dont les environs étaient renommés pour leur fertilité. L’oued Barika, qui traverse la plaine de Ngaous, reçoit ses premières eaux du djebel Bellezma et des monts de Batna. Sa vallée, qui a plus de cent kilomètres de développement, conserve les traces d’anciennes cultures florissantes, dont le souvenir contraste avec la solitude et la misère actuelles. Cependant on voit encore quelques beaux jardins aux environs de Ngaous. Près du bordj de Barika sont des moulins, dont un à turbine qui ne chôme jamais. L’oued est sujet à de fortes crues. On trouve une nappe souterraine à 10 mètres de profondeur ; malheureusement il règne, dans cette vallée, des fièvres c[u’une culture régulière ferait sans doute disparaître.

Thubuna (Tobna), dont on voit les grandes ruines entre l’oued Barika et l’oued Bitani , était encore au XII® siècle une fort belle ville, dit Edrisi.

Il serait sans doute possible de rendre au Hodna son ancienne prospérité en rétablissant les barrages. Ge bassin reçoit, en effet, par les pluies, qui durent de novembre à mars, une quantité d’eau de beaucoup supérieure à celle qui serait nécessaire pour les irrigations.

D’autre part, on a fait un grand nombre de forages artésiens, mais les ressources qu’ils donnent ne sauraient qu’être un appoint bien minime relativement à la masse d’eau que peuvent fournir les rivières.

Le reboisement contribuerait, au contraire, dans une large mesure, à l’amélioration des conditions hydrologiques, en retenant les eaux de pluie, en régularisant le régime torrentiel et dévastateur des rivières, en favorisant la condensation des vapeurs qui, actuellement, se dissipent sous rinfluence de la chaleur réfléchie par les rochers dénudés de la ceinture de cette grande cuvette.

Pour les travaux qu’il faudrait entreprendre, dans le but d’améliorer les conditions agricoles du sol, on ne peut compter sur le concours des tribus. Elles craignent, en effet, que la possibilité d’exploitation d’une trop grande surface n’ait pour conséquence d’attirer la colonisation européenne, qui les dépouillerait tôt ou tard, comme cela est arrivé dans le Tell. Ce qu’elles produisent leur suffit pour vivre; développer celte production serait une spéculation dont les avantages ne compenseraient pas les dangers. Il leur paraît plus sage de rester fidèles aux traditions de leurs pères et de ne pas modifier leurs coutumes.

Les relations ordinaires des tribus du Hodna avec le Tell sont établies par Sétif et Bordj bou Arcridj. Ces tribus fréquentent aussi les marchés de Batna.

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