MASSIF INTÉRIEUR
Quant aux deux zones plates, elles contiennent l’une et l’autre d’immenses espaces dépourvus d’eau; c’est là leur caractère commun. Mais la première reste livrée à son aridité, ne comporte en général que peu de culture , et n’admet guère que le régime du parcours.
La seconde possède des eaux souterraines assez abondantes, qui s’obtiennent par le forage de puits et donnent naissance aux oasis.
On exprime donc le caractère distinctif de chacune de ces deux zones en appelant la première zone des landes et la seconde zone des oasis.
En résumé, l’observateur qui pourrait embrasser d’un seul coup d’œil l’ensemble des mouvements orographiques qui couvrent le sol de l’Algérie verrait deux larges sillons se dessiner de l’est à l’ouest en travers de sa surface. Dans les parties saillantes il reconnaîtrait le massif méditerranéen et le massif intérieur; dans les parties creuses la zone des landes et celle des oasis.
Comment cette division , déterminée par les ondulations matérielles du sol , rentre-t-elle dans la division en Tell et Sahara, fondée sur la différence des produits? Le voici.
Le massif méditerranéen appartient exclusivement au Tell.
La zone des oasis appartient exclusivement au Sahara.
Les deux bandes intermédiaires, la zone des landes et le massif intérieur offrant, à raison même de leur situation, un caractère moins prononcé, appartiennent , dans l’est, à la région du Tell , et dans l’ouest à la région du Sahara.
Ainsi dans le massif méditerranéen il n’y a point un seul point où la datte mûrisse.
Dans la zone des oasis, au contraire, partout où l’industrie de l’homme peut obtenir de l’eau , le palmier donne des fruits.
Dans la zone des landes la région orientale ( plaine des Sbakh) ne produit pas de dattes , mais elle donne assez de céréales pour la consommation de ses habitants. C’est pour cela qu’ils lui ont assigné une place dans le Tell.
L’IHNIVERS.
La région centrale ( plaine du Hodna) produit des dattes. Trois localités s’y adonnent à la culture du palmier : ce sont les bourgs de Msîla et de Mdoukal et la petite ville de Bou-Sada. C’est pour cela que les indigènes ont compris cette région dans le Sahara.
Msîla est le point le plus rapproché de la côte où la datte mûrisse : elle est située à cent vingt- trois kilomètres au sud de Bougie.
La région occidentale de la zone des landes , formée des plaines de Zarez , de Sersou et des Chott, ne produit ni dattes ni blé; aussi ces landes ingrates seraientelles à juste titre repoussées par les deux régions, si les pâturages dont elles se couvrent durant la saison des pluies ne leur assignaient une place naturelle dans le domaine des peuples pasteurs et dans la circonscription générale du Sahara.