LE PETIT ATLAS ET MÉDÉTA
La plus grande partie du versant nord du petit Atlas , qui borde la Métidja, est couverte de broussailles et de mauvais bois , composés de chênes verts et de lièges.
Dans le voisinage de Bélida, les vallées et les vallons de ces montagnes
ALGER
sont cultivés jusqu’à près de 1000 mètres d’élévation au-dessus de la mer ; on y rencontre tous nos arbres fruitiers de l’Europe , et même des orangers et des agaves.
Les cultures disparaissent à peu près aux deux tiers de la hauteur des montagnes ; et jusqu’à la crête , on ne trouve plus que des bois de chênes verts et de lieges d’une assez vilaine venue. Mais, sur le versant sud, les cultures et les habitations arrivent tout près de cette crête.
La route de Bélida à Médéya , qui traverse la chaîne du petit Atlas , à trois lieues à l’ouest de la première ville , dans la tribu de Mouzaya , serpente au milieu d’un terrain aride ou couvert de mauvaises forêts. On aperçoit cà et là, dans le fond des vailles , quelques cabanes autour desquelles se trouve un petit espace cultivé. On traverse la crête à ce fameux col de Ténia , où le bey de Titéry fut complètement défait, malgré tous les avantages de cette position. Après avoir franchi des défilés presque impraticables , compris entre de hautes montagnes couvertes de bois , on arrive au pied de la chaîne sur des collines arides et nues , qui continuent jusqu’à Médéya.
Médeya, située entre les deux Atlas , à 22 lieues S. S.-O. d’Alger , est bâtie sur une petite colline escarpée à 10. et penchant légèrement vers l’orient. Elle est entourée d’un mur en pierres , très-solide , dans lequel sont percées cinq portes, dont deux sont détendues par de mauvaises batteries armées de quatre pièces chacune. Un bel aquéduc à deux rangs d’arcades, et sous lequel on passe en venant d’Alger, conduit dans la ville une eau excellente qui alimente ses nombreuses fontaines. {N oy . planche 7.)
L’aspect de Médéya diffère complètement de celui des villes de la cme : les maisons sont couvertes en tuiles creuses , et ne sont point blanchies à la chaux. Les agaves , les cactus et les orangers ont entièrement disparu; la campagne est couverte de vignes et de champs cultivés, entourés de haies d’épines, et dans lesquels sont plantés
2e Livraison. (Alger.)
des pommiers , des poiriers , des pruniers, etc. On croirait être en France, dans les montagnes de la Bourgogne.
Les rues de Médéya sont assez bien percées , et de chaque côté régnent de petits trottoirs. Cette ville renferme quatre mosquées, une caserne de janissaires, et un palais assez mesquin, habité par les nls du bey de Titéry ; le père résidait dans une fort jolie maison de campagne située sur un plateau à une demi-lieue à l’est de la ville. La population , composée d’Arabes , de Turcs et de quelques familles juives , s’élève à six ou sept mille âmes. Les habitants s’adonnent à l’agriculture.
Tous les environs de Médéya sont habités par des tribus berbères, extrêmement cruelles , contre lesquelles cette ville est souvent obligée de se défendre. On voit encore sur le territoire de ces tribus les restes des forts que les Romains avaient construits pour maintenir les Numides, lorsque ces maîtres du monde tentèrent de s’établir entre les deux Atlas.