‹ Ali-Baba; ou, Les quarante voleurs: Mélodrame en trois actes à spectacle, tiré des Milles et uneChapitre 11 sur 48 · SCÈNE vn · texte numérisé non relu

SCÈNE vn

AU-BABA, MQRGIANE.

MOllCIAOijr»

Ah! mon frère, vous me voyez dans une inquiétude •ffreuse !

ALt-BABÀ.

Qui peut la causer 7

La suite d'upe^ méchante ociAon*

AU-BABAé

D'nofi méfsbante ectian?

. Quo î'fti. dirigée oootre vous , et dont le Prophète mcf punit bien cruelleiiH^oli

AU-BABÀ.

CôDtre m-oi? eipllquez-vous mieuz^

horgianeJ Vous vîntes y il y a deux jours > m'empranler one mesure .

AhUBAik y avea embarras, .

Otti^ j^en avais Lesoia pour mesurer. . • «

HOAGIANB.

De Tor-

ÀLÎ-BAfiA.

De For S ma sœur^ y penscz^vous ?

SfORGIANE.

Oui > oui. . . je sais tout ; et plût an ciel que je Teûsse ignoré toujours ! Connaissant totre misère^ j'eus la fatale curiosité de savoir quelle espèce de grains vou& possédiez en abondance. Pour m'en instruire y j'appliquai adroitement un peu de cire sous la mesure avant de vous la prêter. Au bout d'une demi-heure^ vous la rapportâtes ^ et je me bâtai de vous quitter. Quelle fut ma surprise ; lorsqu'en la retournant^ j'y vis une pièce d'or attachée!

Imprudent l

HORGIARB.

£h! quoi 9 Aii-baba possède de l'or en si grande. qu^n-* tité ! où l'a-t-il pris ? voyez, dis-je à mon mari! vous croyez être riche ? Ali-baba l'est îniintai^ent plus que nous. Il ne compte pas son or comme vous) il le mesure* Cassîm me demanda l'explication de «cette énigme ; je lui racontai ce qui venait de se passer* Vous lavouerai-je^ mon frère ? f notre jalousie fut extrême. Nous conçûmes un chagrin

mortel en songeant que sans doute , vous aviez découvert un trésor et que vous pouviez nous éclipser, r^ous avions été si. injustes^ si durs envers vous^ que nous redout&me» de vous voir agir de même à notre égard. i

Que TOUS me connaissez mal !

HORGIÀIVE*

Par suile de cette basse jalousie > nous résolûmes d^épier toutes Yos démarches, et de pénétrer votre secret à quelque prix que ce fût. Hier soir, vous vîntes à la forétj Gassim vous suivit sans éti^e aperçu. Couché dans les broussailles, il vous vit soulever une pierre, descendre dans un souterrain , et en rapporter deux sacs, probablement pleins d^or, car vous les cachâtes soigneusement dans des fagots , avec lesquels vous revîntes h la ville*

AIjI-BABA.

Il est vrai , ma sœur ; j^ai découvert un trésor immense y et qui ferait aisément la fortune de cent familles comme la nôtre. Avant-hier matin, après avoir ramassé ce qu'il me fallait pour la cbarge de mon âne , je m'étais assis sur cette ruine et tout en mangeant mon pilau , je m'amusais à compter le peu d'argent qiû était renfermé dans ma bourse. Je laissai tomber quelques paras dans, ces broussailles. Pour les ravoir , il me fallut dégager les pierres qui les couvraient. Jugez de ma surprise quand j'aperçus un anneau de fer scellé dans une large dalle ! j'essayai de la soulever, j*y parvins non sans effort. Elle cachait un escalier ^ j'osai descendre et ne tardai point à me trouver dans un souterrain spacieux qui reçoit la lumière par une ouverture étroite pratiquée sans doute dans une de ces colonnes. J'y vis entassés des ballots de marchandises de toute espèce^ des étoffe&de soie et de brocard, des tapis magnifiques et surtout de grands vases remplis jusqu'au bord de pièces d'or et d'argent presque toutes noirciespar le temps ou l'humidité. Gomme vous devez le penser, je ne pus résister à la tentation d'en remplir deux sacs que je rapportai au lugis. Hier soir, j'y revins.

moRgiaive.

Four notre malheur. Gassim ne dormit pas de la nuit. Au

Alibaha. â

point du jour , i\ se mit en route avec deux mules chargées de grands coffres qu'il se proposai^ dé remplir à plusiears reprises I jusqu'à ce que le trésor fut épuisé. Voilà plus de douze heures qu'il est absent ^ je tremble qu'il ne lui soit arrivé quelque malheur, et je suis d'autaut plus fondée à le craindre j que les mules sont revenues seules au logis.

En effet , ceci me semble d'un fâcheux augure. Ah ! ma sœur , au lieu de vous livrer à un sentiment blâmable , pourquoi ne m'avoir pas exprimé franchement vos doutes ? vous m'auriez sans peine arraché mon secret , et mon bonheur se serait augmenté du vôtre. Fasse le Prophète qu'il ne soit pas trop tard!

MORGIANE

Je ne mérite pas tant de bonté. Mais hélas! qu^est de«> venu Cassim ?

Visitons ce souterrain. Peut-être la pierre mal affermie sera retombée sans qu'il le veuille , et aura fermé l'entrée derrière lui. '

MOROIANE.

C'est mon dernier espoir I

ALI-BABA, appelant près de l'ouverture» Cassim ! . • r mon frère ! ... Je n'entends rteo. Ouvrons. Veillez , ma «œur.

(AU^bàba soulève avec effort la pierre qui couvre l'entrée du Souterrain , et y descend après t avoir bien appuyée. Morgiàne observe ce qui se passe autour d^eux. Bientôt on entend un cri étouffe. Ali-^haba remonte y pâle, et dans un état d* angoisse difficile à exprimer. Chancelant^ il vient tomber devant la fontaine m Morgiane accourt près de lui.)

MOnOIANE.

Qa^est*ce| mon frère?

ALl-BABA.

Le malheureux t

■ORGIANB.

Qu*avex-Vou8 vu ?

Un spectacle épouvantable !

MOBGIANE.

C!as8im?..«

n est là! . . mais dans quel état , grand dieu !

- horoiàne.

Je vais...

Non , ma sœur , vous ne pourriez supporter cette horrible vue.

. Il le faut. Je dois tout supporter en expiation de ma fisiute.

AJLI-BABA.

Demeurez.

UOROIANE.

Non ; dussë'je mourir. Ah ! je ne saurais être trop punie !

ALI-BABA , la retenant au bord du souterrain.

N'allez pas plus loin.

iiORoiAKX ne descend qt^un ou deux degrés, et 9oU de (à le corps de son man* Elle tombe assise à i entrée.

Pauvre Cassim I c'est moi qui t'ai donné la mortl

ALl-BABA.

Ah ! ma sœur !

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