‹ Ali-Baba; ou, Les quarante voleurs: Mélodrame en trois actes à spectacle, tiré des Milles et uneChapitre 36 sur 48 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

MASSQUR, NOURMAHAL, Toleurs.

MASSOUR.

Eh bien ?

nodumAhal.

Tout succède au gré de tesdesîrs, Capitaine. La fortune nous sert mieux que nous n'osions l'espérer.

BIASSOUR .

Ils ont accepté ton invitatiou pour le banquet de celte nuit?

NOLTiMAUAL.

Non. Le tailleur a refusé net , et d*une ibaqiére assez brusque. Dès lors, je n'ayais. aucun préleiie admissible pour me présenter chez Ali-baba. Je croyais donc aiioir échoué, et tout confus de ce désapoiutementy je Tenais te retrouver en révaut aux mcjeui de ressaisir une chance favorable, lorsqu'à cent pas environ de la maison dii Cadt, je rencontre une patrouille de nos gens déguisés* en soldats.

MASSOUR .

Ceux que }'ayais chargés de veiller à ce que personne ne parvint jusqu'à lui?

nOURMÂHAL.

t'Hciscmeat . J'approche /et me fais reconnaître; niais jage de ma surprise et de ma joie en voyant au milieu d'eux AH-baba et son nevçu qui insistaient pour être conduits en présence des magistrats I

MASSOUR*

Je l'atals bien prévu .

IHOUAMABAL.

Vous demande* le Gadi, leur dis-je? — Oui, seignenri et pour affaire très-urgente . — Pourrait-on savoir?.. . — Non ; c'est à lui-même , a lui seul que nous voulons parler. — Lé connaissez -vous ? — De réputation ; seulement ; il passe pour %iin homme juste, un fidèle Musulman 9 cela nous suffît. — Bonnes gens^ le Gadi n'est pas chez lui; il passera toute la nuil dehors. Coufiez-moi votre affaire^ et si elle en vaut la peine^ 9ecret pour secret^ je vous conduirai vers lui y car j'ai Thonneur d'être, attaché à sa personne ^ et je suis le seul de la maison k qni sa marche soit conaue • Il est fort heureux pour .vous que je me sois trouvé là. Encouragés par cetto assurance , et ue pouvant soupçonner d'ailleurs un piège aussi adroit, ils m'avouent ingénuement qu'ils viennent livrer à la justice dix-neuf voleurs qu'ils ont surpris cachés é^ns des tonneaux ^ et qu'ils tiennent enfermés dans leur cave . Goînme tu dois le penser , Capitaine , je me hâte de les diriger vers ce caravansérail ou je les amène en triomphe *

MAssoun.

Très-bien, Nourmahal! je te remercie au nom de fous JSO8 camarades .

NOVRMAHAL,

Ils sont hk la porte 5 notre patrouille les garde. J'ai pris les devants sons prétexte de prévenir le Cadi, et de solliciter la faveur d'une audience j mais en effet pour le communia quer le plan hardi que cette rencontre m'a fait concevoir.

M A ssouB ; souriant ie raîiléj'» cleviaé.

IVODRMAlt4L.

C'est loi qui recctrasleur dépo$ilioD«

MASSOVR.

Bien enlcnda.

koujimahAl.

Parmi les déguisemens qtte nous avons loujoafs à noifé ilispogilion , aclopic vile celui qui dsi nécessaire pour les abuser» Ils te prendront facilement pour le Cadi , puisqu'il leur est inoonnn.^

M Assoira.

Ceci cliange mes idées. Si notre vengeance pouvait 8*e$ercer sans laisser de traces , elle serait plus complette ; nulle crainte alors'n ^n viendrait troubler la doucevr.Comme par uiie grâce spéciale, après les avoir entendus, je lesi admettrai à l'bouneur de ma table. Eiibardis par ton exempie , ils ne pourront résister à Tattrait de coite liqueur di--^ vine défendue par Mahomet. Une fois plongés dans l<f sommeil de l'ivresse y nous les transp<H*lerons ausouterraiii de la forêt ^ pour leur faire partager le sort de leur auda-* eieux parent.

KOÙRMAHAI4

Voilà une pensée digne.de ta haute sagesse , Capitaine.

UASSOUR.

Je t^ai demandé des chanteuses , des Bajadëres?

MOURMAHAI,.

Tu les auras. Fête cormplelte!

UASSOtJJl. '

Et l'ange. de la mort planant sur les convives ! ]t m'éloi"^ gnepoor un moment. Je laisse à ton imagination le'soin do donner un motif plausible a la présence dùCadi dans ce caràvanséraiL^

JL

1«0UUMAHAL4

Simples et sans défiance ^ ils croiront fucilemenl tout cç que je lear dirai. (Massour sort par la gauche suivi de tous les voleurs,) (^Trts -* haut à la cantonnade.) Entrez*

SCEWE III.

NOURMAHAL ^ ALI-BAB4 , SAADl , Voleurs ea

Soldats.

Qae le Prophète soit atec vous , mes frères !

Qu'il dirige et protège toutes vos entreprises , Seigneur ( <q[u'il TOUS récompense. surtont du signalé service que vous daignez nous rendre .

SAASI.

Que Dieu vous bénisse !

TfOURMAHAL.

Reposez «TOUS. Le Gadi ne tardera point à paraître j il jconsent à recevoir votre déposition .

SAADr.

Mais dites donc , mon oncdè , comment se fait il que le Çadi se trouve an milieu de la noit dans ce c^^ravansérail 7

Taia toi l convient-^il à de mtséraldes artisans tels qne MUS > de critiquer la conduite des magistrats ?

SAADI. '

Yous avez beau dire , mon oncle ; il me semble que Qt ^

if^ést pas ici SA place* Enfin ^ sans ce brave seigneur qui s'est trouvé là tout à point ^ nous n^aurions pu faire notre déclaration que demain , et qui sait dUci là ce qui serait ar* rivé ?

ivoUrmahal , h parte

ti'observaiîou est juste^ je dois y répondre pour éloigner tout soupçon de leur espriu(^au/^ et menant ^lU-bab a à técart.) Vous paraissez honnête ; je puis compter sur votre discrétion?

Gertainetaefnt.

i^OTTAMAHAL , iTun toH utystétieux.

Sachez donc que le seigneur Gadi a été conduit ici par le même motif qui vous y amène.

JkLl-BABA4

Bah!

notJAMAâAL.

On l'a prévenu , il y a deux heures à peu près, que Àfas* sour^^Ie chef des voleurs de la forêt, devait inviter cette nuit à un banquet, qui aura lieu dans ce caravansérail , trois artisans de cette ville y dont il veut se défaire.

■.:'['■')■ AlIvBABA.

Divin Prophète! En effet, un inconnu se disant fournisseur de la garde du Calife, est venu inviter Iq tailleur Mous* tapha.

saadi , qui écoule.

Et nous a assî, mon oncle, 'nous devions en être. Il faut convenir , que nous Voyons échappé belle !

Il est plus que probable que ce bandit tombera daifs le piège. En restant ici', vous serez à coup-sùr témoins de sor arrestation.

dAADI.

'Ah ! le coquin ! je serai bien aise de le voir •

KOURMAHAL.

Le voici!

sAadi.

Qui ? le chef des voleurs ?

NOURMAHAL.

Eh; non^ le seigneur Cadi. Prosternez-vous tous deux.

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