CHAPITRE XIX
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Le vent qui, le 24 au soir, poussait le convoi de Palnia au mouillage de Sidy-Ferrucb , se convertit le lendemain en ce que les marins appellent une brise carabinée, et le débarquement fut ralenti. Il s'interrompit tout-àfait le soir, et les plus gros bàtimens de transport et ^e guerre reprirent le large par . ~ '^ ordre de l'amiral; un coup de nord-est^ pire
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que la tempête du i6, causa aux bâtimens qui restèrent dans la baie pour plusieurs millions d'avaries : dans cette estimation n est pas comprise la valeur des tonneaux de vivres et vins que l'administration fît jeter à la mer , dans l'impossibilité de les débarquer régulièrement. En roulant dans les vagues avant d'échouer sur le sable, la plupart des tonneaux furent pénétrés par l'eau salée, et les provisions qu'ils contenaient détériorées. Cette mesure désespérée avait été prise parce que les magasins n'avaient plus que pour trois jours de vivres; heureusement le temps et la mer redevinrent favorables au débarquement régulier le 25; et, le 28 au soir, le général en chef s'apprêta à reprendre vigoureusement l'offensive. '
Les Algériens avaient profité de la période d'inaction à laquelle les élémens condamnaient Içs Français : deux fortes batteries élevées sur le rideau de collines qui dominait le Bachèdèré , donnaient une protection imposante à tous les mouvemens d'attaque et de feinte retraite des Bédouins, des Koulouglis
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Cl des miliciens turcs , de ces derniers surtout ; car le zèle des contingens d'Ouahran, de Titery et de Constantine, affaibli après la journée d'Estaouely, s'était tout-à-fait découragé aMœs celle de Sidy-Khalef (le 24). Leurs chefs s ©Rient retirés, emmenant presque tous les Bédouins et Robaïl; les Turcs et Koulouglis qu'ils avaient avec eux étaient venus rejoindre Ibrahim-Aga. La question devenait de jour en jour plus personnelle à cette caste. L'autorité, les familles et les propriétés des grands vassaux n'étaient menacées que dans un avenir encore lointain et problématique ; les Turcs étaient l'oligarchie d'Alger; ils y avaient leurs trésors, leurs familles, leur royauté : Alger était tout pour eux.
0 Du haut de leurs batteries, ils ne perdaient aucun des mouvemens de l'armée campée au fond ^u vallon; et quand ils en apercevaient quelqu'un dont ils pouvaient profiter, ils roulaient, prompts et terribles comme l'avalanche. Ce fut ainsi qu'ils massacrèrent un bataillon du 4"" léger , qui se laissa surprendre ayant ses armes démontées pour les nettoyer;
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et qu'ils mirent hors de combat un millier d'hommes à la troisième division, qui, depuis le 25, avait pris la place de la première.
Cette mutation n'avait pas été demandée par Boristhène , quoique depuis le débarquement il eût été constamment aux prises avec l'ennemi; mais le duc de Lascar, qui s'était déjà fait aimer de sa division par son administration ferme et paternelle, voulait se faire estimer par l'armée et la France comme général intelligent et brave ; il fît valoir auprès de Kerambal les droits de sa division à venir prendre en première ligne sa part de périls et de gloire.
Ces pertes, renouvelées tous les jours pen-A dant que l'armée était stationnaire , et pouvant être bien augmentées au premier mouvement qu'elle ferait, devaient inquiéter un militaire revêtu pour la première fois, et déjà vieux, d'un commandement en chef; aussi demandait-il qu'on lui envoyât de France la division de réserve , tout en ordonnant les apprêts pour l'attaque des positions algériennes. '
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Ce futle sgau matin que l'armëe s'ébranla. Le duc de Lascar, avec trois brigades, attaqua de face les batteries; Boris thène, avec sa division, manœuvra sur la droite pour les tourner; une brigade de la seconde division formait la réserve en seconde ligne. Tous ces mouvemensse firent avec concert et diligence. Au point du jour, Boristhène avait déjà tourné la gauche des Algériens, les attaquait en flanc, et menaçait de leur couper la retraite; Lascar les chargeait de front , et Wroukoulak s'avançait à droite de la route pour les empêcher de refluer vers la Metidja. L'infanterie, qui tiraillait en avant des redoutes, ne tint nulle part contre les feux roulans et au pas accéléré des régimens français; au niveau et a. côté des redoutes elle fut chargée à la baïonnette , et se débanda pêle-mêle avec les tobjis.
Un des régimens qui se distinguèrent le plus à l'attaque de la batterie nord fut celui de Lasticot-Froideville. Ce colonel, selon son usage , donnait l'exemple de la bravoure en s' exposant comme un simple soldat : on le