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vit un des premiers grimper sur les ëpaulemens , et tomber sur les canonniers à coups d'un grand sabre par lequel il avait remplacé son ëpée rompue a Estaouely. Homme de triture et de courage physique, le commandement raisonné, la responsabilité réfléchie, étaient des vêtemens incommodes dont il se débarrassait le plus tôt possible , en payant de sa personne.
Les obusiers de Galahitte , qui avaient constamment suivi la première ligne des Français , en passant par des sentiers à peine accessibles aux chèvres , rendirent leurs services accoutumés pour hâter la déroute des ennemis.
Parmi ceux-ci, quelques corps, fuyant de colline en colline , descendirent finalement les falaises voisines d'Alger, et rentrèrent dans la ville par Bab-el-Oued, ou la porte de la Vallée. Albeïtar et Ibrahim-Aga furent entraînés par eux. /^
Un plus grand nombre, profitant des accidens du terrain et de la faiblesse des corps d'armée qui leur barraient le passage, réussi-
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rent à se reployer vers la Metidja, et à recommencer la lutte : le kaimakam d'Ibrahim et Abdalaziz étaient les principaux officiers qui les commandaient.
Le gênerai Wroukoulak, avec sa brigade, qui, par une inversion, formait maintenant la droite de l'armée , leur tint tête jusqu'à la nuit, en leur faisant perdre graduellement du terrain.
Les divisions Boristhène et Lascar, ayant nettoyé tous les environs du Boudjerah, se mirent en marche pour en couronner le sommet. Cette montagne commande tous les alentours d'Alger et sultan Calasy lui-même; elle est la clef de toutes les positions défensives du côté de •terre. Hussein fît une énorme faute en négligeant d'y construire une grande redoute. C'est à Boudjerah surtout que Rirkor pensait en recommandant à Théaleb de fortifier les approches de la ville et du château; c'est vers ce point qu'il eût dirigé la sollicitude du dey, si sa blessure et la fièvre n'étaient venus déranger les calculs de la diplomatie moscovite.
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/ Kerambal, qui suivait avec son ëtat-major les mouvemens de Lascar et de Boristhène, arriva en même temps qu'eux au plateau terminal du Boudjerah. Alors se déploya à leurs yeux un magnifique panorama. La terre qui circonscrit la baie d'Alger, jaunissant aux feux du soleil d'Afrique , ressemble à un immense croissant d'or, sur lequel des bosquets, des forts, des mosquées, des bastides, sont enchâssés comme des ëmeraudes et des perles. Au midi, un bras du petit Atlas ouvre une main large et verdoyante; c'est la plaine de la Metidja, dont quelques digitations s'avancent jusqu'aux collines qui entourent Alger. Elles sont couvertes de maisons de campagne,
de vignes et de jardins touffOs : c'est là que les habitans aises venaient passer la saison des chaleurs; que les consuls des puissances chrétiennes avaient leur domicile d'étiquette. Ils ont planté leurs drapeaux sur leurs palais, et dans leurs jardins les arbres de leur pays.^^^ Quelques yeux cherchent en vain le drapeau blanc; d'autres fixent avec une singulière attention le drapeau du consulat de
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Hollande, drapeau tricolore, admirables couleurs, glorieuse et terrible triade qui fut si long-temps le Jëhovah de la France ! Mais ce qui pour le moment attache et remue le plus, c'est devoir là, au-dessous de soi, et Alger, et le sultan Calasj; Alger, qu'on a vu naguère d'assez près , mais du côte où il se présente effrayant, imprenable! mais du pont d'un bâtiment sous voiles , en ayant devant soi la perspective d'un débarquement chaudement disputé du côté de la terre, contrarié, rendu impossible peut-être par une mer orageuse! Eh bien ! le grand scorpion blanc, vers lequel on avait, en frémissant, levé la tète, maintenant on le domine , on a le pied levé pour l'écraser !
En descendant du Boudjerah, le général en chef se porta vers le chemin creux et pavé qui descend vers Alger, et dont on attribue la construction aux Romains; il le suivit jusqu'à trois cents mètres de distance du sultan Calasy : là, les trois brigades Lascar se mirent à cheval sur la route, de manière à se lier avec la division Boristhène, qui continua
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d'occuper le Boudjerah , et poussa jusqu'à la mer en s'eniparant de la pointe Pescade. Ainsi était commencé un grand cercle d'investissement autour de la ville d'Alger. Pour le rendre complet, il fallait aussi s'appuyer a. la mer du côté du sud-est : mais là le terrain offrait de grandes difficultés.
Entre l'embouchure du Harrach et le fort de Babazoun, la Metidja s'interrompt brusquement à un quart de lieue de la mer, et tombe, vers les dunes de la plage, en une falaise profonde et abrupte. Un ravin inégal où, l'hiver, s'encaisse un torrent, sépare cette plaine des jardins d'Elbiar, et vient se déchirer en s'abaissant vis-à-vis le jardin d' Ibrahim- Aga. La t^maison et les jardins du consulat de Suède forment l'extrême limite de sa berge gauche. C'est sur un morne isolé qui s'élève entre cette falaise et la mer, qu'est assis le château de l'Empereur.
Rerambal , après avoir mûrement examiné les localités avec son chef d'état-major, avec Lascar et les deux commandans des armes du génie et de l'artillerie, renonça à descendre
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jusqu'à la plage. Hors de la portée du fort de Babazoun, sur la route de Constaiitine, on était commandé par ce fort, par le sultan Calasy, par la Kasaba, et de plus, on était sans défense du coté de Constantine. Le fort de Babazoun, dont on eut un moment l'idée de s'emparer, est dominé et vu dans son intérieur par sultan Calasy. D'ailleurs la forte garnison qui venait de s'enferrxier dans Alger, et les Bédouins qui encombraient ses faubourgs, pouvaient en disputer Ion g- temps la prise et la possession. Pendant toute la nuit du 29 au 3o, la droite de l'armée française resta donc en l'air, comme on dit militairement. Les trois brigades Lascar, déployées jusqu'au consulat de Suède, pouvaient être tournées jpar le ravin, et attaquées par la voie romaine. Heureusement un ennemi battu , démoralisé, et en proie à des agitations intestines, ne profite pas de toutes les fautes.
Enfin le 5o au matin , la division Wroukoulak, qui avait dû faire halte pendant la nuit pour se remettre des fatigues de la journée, vint appuyer la droite de Lascar, en
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prenant position au sud-est, le long du ravin. 1j3l Metidja était suffisamment éclairée; tous les débouchés des collines par où les Algériens pouvaient faire des sorties étaient observés par les troupes postées sur les hauteurs ; un grand entrepôt de vivres et de munitions était commencé au pied de Boudjerah; le dépôt central de Sidy-Ferruch était bien gardé par les trois mille marins ; une brigade campée à Estaouely fournissait des garnisons aux redoutes échelonnées sur la route et des escortes aux convois; le grand chemin que le génie avait ouvert de Sidy-Ferruch à Estaouely avait été prolongé et rendu carrossable jusqu'à Elbiar ; on était en mesure d'entreprendre le siège du sultan Calasy.
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