CHAPITRE XXXIL
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Les chefs arabes qui s'étaient réunis au bord du Rhamis, s'ëmurent a la nouvelle de l'expédition deBlida. Quelques kaïds dévoués au bey de Titery la représentèrent comme une violation éclatante des traités , et firent changer en défiance les dispositions que la majorité avait montrées à traiter avec les Français. Mais quand après avoir entendu tout un jour
la canonnade, ces mêmes hommes firent part de la victoire du bey et de la retraite de Kontidy qu'ils avaient bien le soin de peindre comme l'agresseur, la défiance fut aisément changée en haine, et la vengeance et Torgueil aspirèrent à de plus grands succès. Ce fut alors que les émissaires de la conspiration qui se tramait à Alger vinrent se mettre en rapport avec ces chefs, et obtinrent la promesse d'une vigoureuse coopération. Mais la vigilance du commandant de la place et du lieutenant-général de police déjoua cette double attaque : des troupes échelonnées sur la route de Gonstantine repoussèrent les Kobaïl du bey de Titery et les Bédouins des confédérés; une poignée de révoltés, qui essaya de surprendre le fort de Babazoun, fut dispersée par la garnison , Les agens de la police en arrêtèrent plusieurs au moment où ils rentraient dans la ville : de ce nombre était Ali-Théaleb et son dernier fils.
Un conseil de guerre fut institué pour procéder à leur jugement. Quelques Turcs, fortement chargés par l'instiuction de la procé-
d'ali-théaleb. 52 t
dure, se dérobèrent au châtiment par la fuite. On reconnut enfin que c'était le séjour pro-
^ longé de cette milice dans Alger qui avait enhardi les projets du perfide Abdourrahman. Quoique désarmés, les Turcs étaient parvenus à persuader au peuple que les Français les redoutaient; cette influence était le centre sur ' lequel pivotait toute la tentative insurrectionnelle. Il fallait donc hâter leur déportation.
— Mais en conspirant contre un vainqueur qui leur avait accordé merci, ils avaient déchiré le pacte de la capitulation , et maintenant le vainqueur était en droit de leur faire des conditions plus dures. Par cette considération, Kerambal crut trouver jour à faire cesser un regret que le gouvernement répétait à chaque ligne de sa correspondance.
Depuis que le prince Jules savait combien le trésor de la Kasaba était loin de répondre a l'évaluation première, il avait reproché à son collègue de n'avoir pas usé, à son entrée dans Alger, d'un privilège qui est un lieu commun dans toute occupation militaire , conséquence de victoire; c'était de frapper