II
mettre à la portée de tout le monde, même à celle du colonel Lasticot. Un jour qu'on avait causé naufrages pendant le diner, on fut naturellement amené à rappeler celui des bricks dont la conquête d'Alger avait délivré les équipages. Le commandant de VAs>enturey qui ce jour-là dînait avec le capitaine du Cachalot y fut prié d'en raconter les détails. Il le
• fît avec cette assurance modeste et cette vive
sympathie pour ses compagnons d'infortune qui donnent tant de prix et de charme au rapport qu'il adressa au ministre de la marine après avoir été renfermé au bagne d'Alger. Son récit ne se rattachant point à l'action que nous déroulons, nous ne devons pas l'insérer dans notre texte; mais c'est un épisode intéressant de la campagne d'Alger, que nous engageons notre lecteur à lire dans les journaux du temps.
(( Le dej lui-même, dit le commandant en finissant son récit, le dey, de qui nous étions prisonniers, nous envoya le premier jour de notre arrivée les objets que réclamaient nos premiers besoins. L'apparition de la flotte
française dans la haie d'Alger modéra les élans de cette courtoisie. Notre captivité devint plus étroite quand on apprit le débarquement à Sidy-Ferruch. Depuis, chacun de vos progrès nous fut indiqué par un redoublement de mauvais traitemens et de clameurs populaires. Le consul de Sardaigne acquit de nouveaux droits à notre reconnaissance, en redoublant alors de zèle et de dévouement. L'imminence de la catastrophe rappela Hussein à la douceur. Nous devinâmes, à un retour d'égards et de bons procédés, le message menaçant que le général en chef avait envoyé du haut de Boudjerah. Quand le château de l'Empereur eut sauté,'*n6.us fumes remis en liberté, et nous arrivâmes dans le camp d'Elbiar avec les plénipotentiaires du divan et du pacha. Nos malheurs furent oubliés au moment où nous embrassâmes les frères victorieux qui venaient de nous délivrer. »