A. OZY
Le poète comprit que son vœu ne semblait pas sur le point d'être exaucé, et répliqua le lendemain :
Un rêveur quelquefois blesse ce qu'il admire, Mais si j'osais songer à des cieux inconnus. Pour la première fois aujourd'hui j'entends dire Que le vœu de Platon avait fâché Vénus! (1).
Vous le voyez. Madame, je voudrais bien vous trouver injuste, mais je suis forcé de vous trouver charmante. J'ai eu tort et vous avez raison. J'ai eu tort de ne me souvenir que de votre beauté ; vous avez eu raison de ne vous souvenir que de ma hardiesse. Je m'en punirai de la façon la plus cruelle, et je sais bien comment!
Donc vous, Madame, excusez, dans* votre gracieux esprit, ces licences immémorables des poètes qui tutoient en vers
(1) Ces deux quatrains furent publiés dans le Parnasse satyrique du dix-neuvième siècle. Rome, à l'enseigne des sept péchés capitaux. T. I, p. 129.
les rois et les femmes, et permettez-moi de mettre en prose mes plus humbles respects à vos pieds.
Victor HUGO.
Dimanche midi (1).
Charles Hugo ne possédait alors pour tout bagage que le nom qu'il portait. Mais il avait vingt ans à peine et était beau comme le ténor Mario lui-même — disait-on.
Alice n'hésita pas à lui accorder la préférence.
Certain soir que Charles dînait chez Ozy en compagnie d'autres convives, on se leva de table hâtivement afin d'assister à la reprise d'Angelo, tyran de Padouc. Après une fausse sortie, Charles Hugo se cacha dehors, sur le balcon, et, quand tout le monde fut parti, il rentra... Alice eut grand peur! Bientôt rassurée, elle se laissa convaincre et consentit à accorder l'hospitalité que le jeune homme sollicitait.
Ainsi débuta leur amour (2).
(1) Ces vers et cette lettre ont été reproduits dans la Correspondance de V. Hugo, t. Il, p. 78.
(2) Villemessant (Mémoires d'un journaliste, t. I, p. 144) raconte tout différemment l'incident : « Mademoiselle Ozy avait retenu Charles N... à dîner avec plusieurs autres de ses amis. Le soir, on donnait la reprise é'Angelo, tyran de Padoue, de sorte que les convives durent quitter la table un peu précipitamment, avant d'avoir pu attaquer un rôti de pigeons.
En sortant du théâtre, soit que notre amoureux éprouvât des tiraillements de cœur ou d'estomac (à pareille heure il ne distinguait pas), il prit sa course et vint carillonner à la porte de la Thisbé. Ozy entr'ouvre un vasistas et lance un « Qui va là? » d'un son de voix qui annonçait un peu de mauvaise humeur d'être dérangée si tard.
— C'est moi, Mademoiselle... — fit le poète tout essoufflé, — je viens vous aider à manger les pigeons.
— Vous êtes fou! mon jeune ami, — reprit la spirituelle comédienne, — à cette heure on ne mange pas les pigeons, on les plume ! »
Ozy s'indigna lorsqu'elle lut ces lignes ; elle écrivit aussitôt à Villemessant pour protester contre le mot cynique qu'il lui attribuait.
Dès lors, Charles Hugo supplia sa maîtresse de ne plus permettre à son père de se montrer aussi assidu auprès d'elle. Peut-être craignait-il que la gloire ne l'emporta sur un cœur jeune qui se donnait dans un absolu abandon. Ozy se rendit à ses instances et résolut de signifier au père de céder la place sans retour.
Elle le fit d'une manière fort spirituelle.
Victor Hugo n'aimait pas les dépenses superflues: il avait décrété que mille francs par mois devaient suffire à l'entretien de sa maison. On y faisait maigre chère en économisant sur toutes choses; Charles portait des vêtements très simples et ne disposait d'aucune ressource pour se donner un peu de luxe. Quand il devint l'amant d'Ozy, son rêve fut de mettre une chemise blanche chaque jour; son père, après avoir refusé, finit par consentir à ce caprice sous la condition que son fils renoncerait à sa côtelette quotidienne pour compenser les frais de blanchissage. Charles accepta le compromis. Sur ces entrefaites, comme Victor Hugo, très empressé auprès d'Ozy, mettait le monde à ses pieds, lui offrait de faire tout pour lui plaire, elle se pencha vers son oreille et murmura dans un sourire : « Rendez-lui sa côtelette! »
Hugo se le tint pour dit. Il n'en conserva pas moins son amitié à la jeune femme et fréquentait chez elle en camarade, s'improvisant son sigisbée. 11 lui faisait de temps à autre des cadeaux, notamment une lumineuse esquisse de Delacroix, le Combat du Giaour.
Voici un joli billet qu'en septembre 1S47 il lui adressa :
Me plaignez-vous un peu, Madame; je comptais bien, enfin, avoir le bonheur de vous voir aujourd'hui, et voilà qu*un tas d'événements stupides en ont autrement disposé. J'en suis très mélancolique et je songe tristement qu'il devrait bien être dans l'ordre des choses que les fauvettes fassent des visites aux hiboux.
A bientôt pourtant, n'est-ce pas, Madame? et toujours à vos pieds.
Dans un autre, il fait allusion à la maladie de son fils cadet :
Il n'y avait qu'une réponse à vos charmants billets, c'était de courir chez vous, et voilà que celui que vous appelez si gracieusement le Toto tombe malade !
J'avais bien raison de vous dire de me plaindre. Je vous écris entre son lit et son médecin. J'irai vous voir, Madame, et me mettre à vos pieds dès que je pourrai vous porter un visage moins attristé.
En attendant, soyez belle, heureuse, charmante, et rayonnez comme c'est votre droit de fleur et d'étoile.
Dès qu'il aima, Charles Hugo devint poète.
Son amour pour Alice Ozy a laissé une trace charmante et durable en des vers dédiés chaque jour, pendant six semaines, à la Muse qui les inspirait. L'amant transcrivit ses poèmes sur un album donné par lui et son écriture fine, distinguée, en couvrit peu à peu une centaine de feuillets. Relié en maroquin noir, fermé par une serrure à secret, cet album d'aspect peu engageant, presque lugubre, semblait mal destiné à devenir le missel d'un culte passionné. Qu'importe l'apparence! Charles Hugo le choisit pour recueillir cette guirlande tressée journellement à la louange d'Alice Ozy, maîtresse incomparable.
Charles Hugo avait vingt ans; ses vers sont les galants effluves d'un premier amour tout enthousiaste, tout spontané. Ils ont une grâce naturelle, une fraîcheur, une sincérité infiniment séduisantes : ce sont des impromptus écrits de verve, le sentiment seul les a dictés. Leur lyrisme emprunte souvent la forme du madrigal et trahit son époque. Parfois, des négligences, des faiblesses dénoncent l'œuvre écrite en quelques heures, sans retour; mais il ne faut pas s'arrêter trop à ces légers défauts, puisque l'ensemble produit une impression gracieuse et
révèle un poète parfaitement doué, qui suit de préférence l'exemple de Gautier, connaît admirablement Musset et se dénonce fils de son père par l'emprunt de certaines tournures personnelles.
Ai-je besoin de prévenir le lecteur que les poèmes contenus dans l'album ont pour seul objet d'exalter les mérites d'Alice et de magnifier, en les énumérant, toutes ses perfections? Ces madrigaux sont fréquemment composés dans le goût de ces blasons anatomiques où les auteurs de la Renaissance peignaient leurs dames touche par touche : ses yeux, ses mains, la fossette de son poignet, sa bouche... c'est matière à révérer les plus belles choses du monde. 11 existe des exemples fameux de ce menu délire : les vers à Olive, les odes de Ronsard, les pièces de Malherbe ou de du Bellay.
I. 'album d'Alice Ozy s'ouvre sur un quatrain placé en guise d'épigraphe et dont l'accent désabusé s'accorde mal avec le contenu du recueil :
Je donne à l'oubli le passé, Le présent à l'indifférence, Et. pour vivre débarrassé, L'avenir à l'espérance !
Le premier poème, d'un ton tout différent, nous présente d'emblée le vif du sujet :
Vous êtes blanche et diaphane, Comme Vénus aux bras de lait, Comme Cléopâtre ou Diane Dont un berger blond raffolait.
J'aime votre col de camée.
Votre front de noblesse empreint,
Votre peau fine et parfumée.
Et vos yeux si doux — qu'on les craint 1
Vos lèvres roses et discrètes Qui, riches en baisers joyeux, Doivent parfois payer les dettes Que font en secret vos doux yeux.
Votre main en grâces abonde, Et j'affirme, après examen, Qu'il n'est que votre pied au monde D'aussi petit que votre main.
Vous avez une grâce exquise :
Vous seriez de grande maison.
Vous seriez duchesse ou marquise, Si la grâce était un blason.
Puis vous avez des airs Régence, Vous avez, femme sans défaut, A chaque pas de l'élégance Et de l'esprit à chaque mot...
...Pardonnez-moi ces vers, Alice, Je demande grâce pour eux :
Vous en êtes un peu complice Dans la personne de vos yeux!
Ce sont vos yeux qui, dans mon âme, Champ dont les fruits sont encor verts, Ont fait sans s'en douter, Madame, Eclore soudain tous ces vers.
Ils font leur possible pour plaire Mais chacun d'eux est condamné, Et vous les jetterez à terre Comme on fait d'un bouquet fané.
Ainsi que ces fleurs des prairies Qui subissent le sort commun, Et qu'on jette toutes flétries Quand on a senti leur parfum.
S'il vous en prend la fantaisie, De ces vers lasse au bout d'un jour, Jetez aussi ma poésie — Mais respirez-y mon amour.
Puis, c'est le madrigal classique, subtil et galant
Il faut que Cupidon aux cheveux d'or sommeille, Ou que son lourd bandeau recouvre bien, s'il veille,
Ses yeux bleus sous ses blonds sourcils, Pour qu'il vous laisse ainsi, ma belle audacieuse, Lui voler sur son dos ses flèches et, rieuse,
Les glisser toutes sous vos cils.
Charles Hugo adopte ensuite le mode des blasons; il déclare :
Ta bouche, ô mon Alice aimée,
Est une rose parfumée
Et qui fleurit depuis vingt ans!
Mais elle a, toujours fraîche éclose,
l'n avantage sur la rose,
C'est d'être sans cesse au printemps.
C'est une fleur mystérieuse Que ta bouche, triste ou rieuse, Et dont nous nous extasions!
Ton haleine en est le zéphire Et le baiser et le sourire, Alice, en sont les papillons !
Il affirme, à propos de la fossette de son poignet :
Lorsque tu relèves ta manche, On voit au bout de ta main blanche, Au bas de ton bras nonchalant, Une fossette! C'est bien elle!
On croirait voir une nacelle Sur l'onde de ton poignet blanc.
Mes baisers, tristes hirondelles, Chaque matin ouvrant leurs ailes, Sortent de mon cœur de granit :
Ton bras les arrête au passage.
Ma bouche, hélas! n'est que leur cage, Ta fossette sera leur nid.
Après la bouche, il est juste que la voix reçoive, elle aussi, son tribut d'hommage :
Soit qu'elle parle ou qu'elle chante, On entend dans ta voix charmante Mille musiques à la fois.
Hier tu chantais, charme suprême!
Et tous les bruits divins que j'aime.
Je les retrouvais dans ta voix!
...Ohl si le rossignol, mon ange, Voulait avec vous faire échange.
Ne changez pas. dites merci I Car vous avez sa voix, ô femme!
Et puisque vous avez votre âme, Vous avez ses ailes aussi.
Peu à peu, ce lyrisme passionné atteint l'exaltation la plus vive et se déploie sans restriction aucune :
Le jour où Dieu voulut te faire.
Je crois que. dépouillant la terre D'esprit, de grâce et de fierté.
Il a pris dans tous ses ouvrages La beauté de tous les visages.
Et qu'il en a fait ta beauté.
... Je baise tes pieds blancs, à genoux sur la terre Où j'agenouille aussi mes vers estropiés, Car je ne puis monter jusqu'à toi. ma déesse. Et mes lèvres ne vont, quand vers toi je me dresse, Qu'au niveau de tes pieds!
...Quand je suis près de toi, je dis au vent : silence! Aux cloches de la tour que l'angélus balance, Au rossignol des nuits qui chante dans les bois, A tous les bruits charmants qui montent sur la route : Taisez-vous, je l'entends! taisez-vous, je l'écoute ' Peut-être que vos chants étoufferaient sa voix!
Quand je suis loin de toi, je dis au vent qui passe, A la cloche qui tinte au fond des noirs beffrois, A tout ce qui soupire, à tout ce qui murmure : Chantez! de vos chansons emplissez la nature. Peut-être que vos chants me rediront sa voix!
Bientôt, l'humeur légère reprend le dessus :
Pourquoi, Dieu sévère,
As-tu fait, réponds I
Si grande la terre,
Les cieux si profonds ?
...Pourquoi, Notre Père, Sans nécessité, Avoir voulu faire Ton immensité ?
...Pourquoi tant de place, Quand, même enlacés, Je sens trop d'espace Entre nos baisers ?
Voici maintenant une pièce amusante improvisée « Sur ses éponges »:
Ce matin, tes grosses éponges.
Tes éponges que nous aimons, Dans la cuvette où tu les plonges.
Gonflaient à l'aise leurs poumons.
Nous les prenions toutes trempées; Pendant longtemps nous avions beau Les presser dans nos mains crispées, Il en sortait toujours de l'eau.
Mon Alice, ô toi qui me charmes, Mon âme est une éponge aussi Qui, tant elle est pleine de larmes.
Contient plus d'eau que celles-ci.
Quand même, tandis qu'elle pleure.
Tu la presserais nuit et jour, A toute minute, à toute heure.
Il en sortirait de l'amour!
La pièce suivante évoque aimablement les bonnes relations de Théophile Gautier et d'Alice Ozy :
Gautier, l'autre jour, t'a donné Un brûle-parfum de la Chine, Et j'ai l'âme toute chagrine De ce brûle-parfum damné!
Car il en sort, quand on y pose Une pastille du sérail Rouge comme un grain de corail.
Un tel parfum d'ambre et de rose,
Qu'à partir de ce triste jour Vous n'avez plus songé, Madame, Au brûle-parfum de mon âme Où se consume mon amour.
Charles Hugo rencontrait fort souvent Gautier chez Ozy, et le poète se plaisait dans la compagnie du jeune homme à la fois timide et passionné.
A leur sujet, une historiette fut en son temps contée par Ozy : elle n'est pas méchante et possède le mérite d'avoir échappé aux courriéristes contemporains.
S'il péchait par le linge, Charles Hugo portait des
habits à l'avenant, surtout certain chapeau antique et
- iblement élimé. Cette mise trop modeste chagrinait
son amie et ce malencontreux chapeau l'énervait au suprême degré! Ne pouvant décemment lui en offrir un autre, elle eut recours à un expédient, avec la complicité de Gautier. Un prochain jour, Alice devait donner une soirée : il y aurait des étrangers, des Arabes, des Anglais, beaucoup de monde... On convient que Gautier, très myope, feindrait de s'asseoir par mégarde sur le chapeau de Charles qu'Ozy aurait placé sur une chaise désignée à l'avance : ce serait l'occasion d'en faire bien vite chercher un autre chez le chapelier voisin. A l'heure dite, Gautier entre dans le salon, avise un couvre-chef placé en évidence sur le canapé et s'assied dessus consciencieusement. — Grand émoi! c'était un chapeau tout neuf, appartenant à un Anglais qui eut le mauvais esprit de se fâcher!
En continuant à feuilleter l'album de maroquin noir, l'on rencontre la pièce capitale du recueil, un poème « en cinq chants », intitulé Le Lit d'Alice, ce même lit en bois de rose déjà célébré par Victor Hugo dans le quatrain : Platon disait... Ce poème — je devrais dire ce poème épique! — est un aimable drame conté à ravir, une fantaisie charmante, pleine d'entrain, parfois assez libre, où se fait reconnaître en maints passages l'influence directe de Gautier.
Voici le premier chant :
Ton lit est en bois de rose :
Il est fait assurément Non pour l'époux et la prose, Mais pour le vers et l'amant.
Bois de rose et palissandre !
Un enfant peut y sauter, Il est aisé d'en descendre Et malaisé d'y monter I
Cupidon, le roi suprême.
A pendu le long du bois, Pour la bataille où l'on s'aime, Ses flèches et son carquois.
Un médaillon bleu décore Le lit de son dessin pur.
— Je ne veux pas dire encore Qui l'on voit dans son azur.
Le ciel de lit — d'ordinaire Ce mot charmant dont on lit Le vrai sens dans la grammaire, Veut dire le haut du lit.
Mais dans ton lit que je tremble D'approcher plus qu'il ne faut, Le Paradis, ce me semble. Est plutôt en bas qu'en haut !
Mais écoutons la grammaire I Mon vers rit à son aspect :
Le gamin à sa grand'mère Manque, je crois, de respect! —
Le ciel de lit Louis Treize Est formé d'un vaste dais D'où se répandent à l'aise Les flots des rideaux épais
On voit sur la draperie
Qui tombe à terre, à pans lourds,
Des fleurs de tapisserie
Sur un gazon de velours.
Une doublure cerise De leurs plis garnit le dos :
Ta couche semble, surprise, Rougir dessous ses rideaux!
Un nuage de dentelle, Brouillard artificiel, Dans ce lit d'une immortelle Monte de la terre au ciel.
Un couvre-pied1 de guipure, Comme on n'en voit pas ailleurs, Semble, en sa blanche parure, Couvert de neige et de fleurs.
Une glace où, quand tu veilles, Tes yeux peuvent s'admirer, En reflétant ces merveilles S'habitue à te mirer!
Mais plus que toutes ces choses, Plus que ces charmants trésors, Que les rideaux et les roses, Que les cuivres et les ors.
Que la glace où l'œil se mire, Plus que flèches et carquois.
Dans ce lit ce que j'admire.
Ce sont deux Amours narquois,
Deux Amours à la peau rose Qui, dans ces lieux sont venus, Y devinant, je suppose, La présence de Vénus!
Ils sont peints sur porcelaine Dans le médaillon du lit.
Ils ont des traits par centaine Dans leur carquois tout petit.
Ils sont là, les démons roses, Dieux réels ou fabuleux.
Observant bien toutes choses Du fond des médaillons bleus I
Ils paraissent fort en peine; Ils ont tous deux l'œil ouvert, Semblant attendre qu'on vienne Habiter le lit 'désert.
Quand tu viendras, ô surprise!
Leurs ailes s'agiteront...
Et veux-tu que je te dise Ce qu'en cachette ils feront ?
A leurs noirs projets fidèles.
Au beau milieu de la nuit, S'aidant des pieds ou des ailes, Sans faire le moindre bruit,
A l'heure où l'alcôve sombre De ténèbres se remplit.
Quand tu dormiras dans l'ombre, Ils grimperont dans ton lit!