I.a plus noble couronne est à vous, et la grâce
Iist la plus belle majesté!
Vous régnez par les yeux, il règne par la lyre,
Vous souveraine, lui vainqueur, Et chacun ici-bas vous avez votre empire,
A lui l'esprit, à vous le cœur.
Tous deux vous rapprochez, lui poète et vous femme,
L'homme du céleste séjour :
Par l'admiration il transporte notre âme,
Vous l'agenouillez par l'amour.
« Le gant et le soulier » est un concetti tout à fait dans le goût Régence :
Quand ta petite main se gante, Ton gant à lui-même se dit :
« Je suis bien, si je ne me vante, Ce qu'on peut voir de plus petit! »
Ton gant se trompe, mais j'excuse Son amour-propre singulier, Ton gant ne sait pas qu'il s'abuse :
— Il n'a jamais vu ton soulier!
Bientôt, le ton change; une certaine tristesse jalouse jette sa note grave dans ce concert d'adulations. Charles accuse sa maîtresse de froideur, se plaint de n'être pas suffisamment payé de retour :
Je cherche en mon esprit les plus tendres paroles, Pour vous j'apprête en moi mes gaîtés les plus folles. Tout ce que j'ai de doux sans ce que j'ai d'amer. Je prépare d'avance avec joie et délire Mes yeux à vous revoir, ma bouche à vous sourire, Mon cœur à vous aimer.
J'amasse mes baisers pour ce moment suprême.
Je ne me souviens plus que d*un mot : « Je vous aimel »
Je fais provision de tendresse et d'amour.
Je suis froid pour ma sœur pour vous être plus tendre,
J'accours vite, et pourquoi, mon Dieu? pour vous entendre
Me dire avec un air indifférent : « Bonjour! »