‹ Aliénés et anormauxChapitre 10 sur 39 · LES DÉTRAQUÉS NUISIBLES · texte numérisé non relu

LES DÉTRAQUÉS NUISIBLES

brute qui est un des traits les plus saillants de leur mentalité.

Quoi qu'il en soit de cette psychologie, ce qui importe au point de vue pratique, c'est de reconnaître dès les premières années de leur vie l'inaptitude de ces détraqués à se conduire normalement. Ces êtreslà ne tombent pas tout faits du ciel ou de Tenfer, et pour eux, comme pour beaucoup d'autres déséquilibrés, l'hérédité ne perd guère ses droits... Ils viennent d'ailleurs fréquemment au monde avec des malformations extérieures assez faciles à reconnaître. Ils se trahissent pig. 54. — Le même vu par la région aussi, comme nous "dorsale. an.3'mî7é de M. A. Marie.)

l'avons vu , de très

bonne heure, par des actes anormaux indiquant des tendances fâcheuses, qu'une éducation [particuHèrement adaptée peut parfois redresser, en grande partie du moins.

Mais que faire pour ceux qui exercent actuellement leur ravages? Faut-il continuer à les envoyer tantôt dans les prisons, tantôt dans les asiles d'aliénés ? L'expérience démontre que cette façon de « traiter » les détraqués nuisibles ne leur rend aucun service moral et porte un préjudice énorme à la société.

En effet, leur état mental anormal engage les tribunaux à ne les condamner qu'à des peines réduites, adoucies. Or, ces déséquilibrés en profilent pour récidiver et pour s'abrutir un peu plus après chaque nouvelle condamnation. D'autre part, si, au lieu de les punir, on les uiterne dans un établissement d'aliénés, ils ne sont pas assez délirants pour qu'on puisse les y maintenir longtemps. Au besoin, ils s'évtfWent. Pour beaucoup d'entre eux, Tasile n'est d'ailleurs qu'une école d'irresponsabilité. Ils en sortent tout prêts à reprendre le cours interrompu de leurs sottises et de leurs méfaits. Donc, avec le système actuel, qu'ils sortent, comme notre « fils de famille », pour la quarantième fois delà prison et pour la quarantième fois de l'asile, ils constituent pour la sécurité sociale un véritable danger à répétition.

Pour remédier à cette situation, la grande majorité de ceux qui ont le mieux étudié ce problème — et je fais allusion ici aux membres de la Société générale des prisons — est d'dvis que les détraqués irréductibles devraient, par décision judiciaire, et pour une durée indéterminée, être placés dans des établissements créés pour eux.

Dans ces maisons, que le D"" Garnier désignait sous le nom d' (( asiles de sûreté » [casa di ciistodia des Italiens), le travail obligatoire, la régularité des habitudes, l'abstinence alcoolique seraient des règles inflexibles.

Qui sait ? Sous l'influence de ce régime, pratiqué pendant un temps suffisamment prolongé, ces êtres anormaux subiraient peut-être une transformation morale favorable... Dans tous les cas, les familles et la société ont grand besoin de ce moN'en de défense, le seul capable de les protéger sérieusement contre les extravagances et les méfaits répétés de ces dangereux déséquilibrés.

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