X.\l SUICIDES D'ENFANTS
Chagrins intimes, crainte du déshonneur ou de la ruine, maladies douloureuses et incurables, folies sous ses diverses formes, voilà les causes qui poussent les hommes ou les femmes à en finir avec l'existence. Chacun de ces désespérés, las, comme dit André Chénier, de boire la lie
De ce calice amer qu'on appelle la vie,
se replie sur lui-même, s'enfonce dans sa mélancolie, motivée ou non, et semble se répéter cette suggestion du poète élégiaque :
Je regarde la tombe, asile souhaité ;
Je souris à la mort, volontaire et prochaine.
Mais si le suicide, qui est toujours une anomalie, s'explique à la rigueur chez les êtres avancés en âge, il paraît incompréhensible chez les enfants.
Et pourtant ce phénomène anormal, et si énigmalique à première vue, est assez fréquent pour s'imposer à notre allonlion. Ainsi, d'après les dernières données statistiques du ministère de la justice, il y a eu en France, dans la période décennale allant du 1*" janvier 1893 au 1" janvier iOOîj, G9.J suicides d'enfants au-dessous de seize ans. Pendant la période décennale antérieure, allant de 188o à 1895, ce nombre n'atteignait pas 6o0, et, entre IHDo et