‹ Aliénés et anormauxChapitre 18 sur 39 · SUICIDES D ENFANTS · texte numérisé non relu

SUICIDES D ENFANTS

si jeune, je l'ai interrogé longuement. A l'entendre, il envisage la mort comme une délivrance désirée. Or, étant donnée la maladie nerveuse dont il est atteint, il pourrait fort bien, un jour ou l'autre, accomplir brusquement, instantanément, son funeste dessein sous l'empire d'une impulsion ou d'un vertige.

Les cas de suicide infantile par névroses ou folies franches, quoique relativement rares, existent en effet. On a ^ u un enfant en pleine crise d'hystérie vouloir saisir un couteau pour se le plonger dans le ventre. Un petit mélancolique, poussé à la mort par une tristesse, un ennui invincibles, une idée fixe ou une obsession, amasse sou par sou la somme nécessaire pour s'acheter une dizaine de tètes de pavot et se préparer l'infusion qui devait l'empoisonner. Une préméditation aussi longue et soutenue du suicide est exceptionnelle chez les enfants. Dans la plupart des cas, l'acte est accompli rapidement, parfois instantanément : aussitôt pensé, aussitôt réalisé.

Certes, à la base de tous les suicides d'enfanis, il y a un trouble cérébral passager ou durable. Les causes futiles ou graves dont je viens de donner quelques exemples ne produisent jamais des effets aussi déplorables chez les enfants ayant un système nerveux normalement constitué et dont l'éducation est bien conduite. Aussi, peut-on dire qu'au-dessus de toutes ces causes purement occasionnelles planent deux grandes causes qui engendrent des anomalies mentales infantiles : l'hérédité nerveuse des parents, l'éducation insuffisante ou détestable des enfants. Et, en écrivant ces lignes, je pense à la petite Edwige du Canard sauvage d'Ibsen. La sensibilité morale, l'affectivité exquise

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(le cette fillette de quatorze ans, en pleine évolution j)iibère, sont poussées, grâce à des tares héréditaires, à un point vraiment pathologique. Entourée de détraqués et de fous, elle subit leur influence suggestive. Et, quand l'un d'entre eux lui souffle à l'oreille l'idée de sacrifier le canard sauvage, sa seule joie, pour prouver son amour fdial, elle ne peut supporter cette nouvelle douleur cl elle se tue.

L'histoire de la petite Edwige, qui est celle de tant d'autres enfants nerveux d'une sensibilité morale excessive, devrait être connue et méditée par tous ceux qui ont charge d'éducateurs. Celte trop grande impressionnabililé, cette promptitude au découragement, cette méfiance de soi-même, cette extrême suggestibilité sont autant de troubles du caractère et du jugement, qu'une éducation rationnelle, à la fois ferme, douce et persuasive, commencée de très bonne heure, peut modifier favorablement. Seulement, pour équilibrer le cœur et l'esprit des petits anormaux, il faut bien se pénétrer de celle maxime : l'édifice de la raison se construit surtout pendant la première enfance; à mesure qu'on avance en âge, on n'y fait plus que des réparations de j)lus en plus rares et fragiles.

« La première ('ducation, dit avec raison Jean-Jacques Rousseau, est celle qui importe le plus. »

Les nombreux travaux publiés depuis 1838 sur les (■ enfants mentalement anormaux»' ont largement contribué Il faire mieux connaître cliniquement et pédagogiquement certains enfants désignés sous le nom de « difficiles ».

En France, ces travaux ont eu, en 1904, une consé- (|uence d'ordre législatif, puisque les deux Chambres ont volé une loi spéciale destinée à régler l'éducation et le liaitcment médical des enfants « difficiles » appartenant à TAdministration de l'Assistance publique : la loi du 28 juin

1. Depuis le médecin-alicnisle Itard et son collaborateur pédagogique Edouard Séguin (dont les principales publications datent de 1838 à 1846), beaucoup de psychiatres, de psychologues et de pédagogues ont consacré leurs travaux au problème de l'éducation et du traitement des enfants anormaux en général et des « enfants difficiles » en particulier. Sans pouvoir ciler tous les travaux, nous devons mentionner les publications en langue française de : Abadie, Albanel, Apert, Baguer, Beaunis, Beauvisage, Binet, Blin, Paul Boncour, Boulenger, Bournevillc, Charron, Chazal, Claparède, Combemale, Compayré, Courjon, Dallemagne, Damaye, Daniel, Decroly, Degand, Delporte, Delvaille, Demoor, Dubois, Duprat, Falret, Féré, de Fleury, Fouillé, Fournier, M™" Fuster, Ganguillet, Granvilliers, Granjux, Grasset, Grenier, Jonckheere, Joly, Legrain, Ley, Magnan, JManheimer, Maupaté, M"'» Musy, Moreau (de Tours), Nyns, l'érez, Philippe, Pornain, Raymond, Régis, Rollet, Roubinovilch, Rouma, Szana, Simon, Sollier. Paul Strauss, Toulouse, Van Biervliet, Vaney, Vaschide, Félix Voisin. Jules Voisin, René Voisin, Vurpas, etc.; en langue allemande, celles de : Ebbinghaus, Kuhlmann, Kraepelin, Lobstein. Neumann, Rodenwalt, Sommer, Stern, Trûper, Wagner, Weygandt, Ziehen, etc. ; en langue anglaise, celles de : Burk, Corler, Berthold. Christopher, Gilbert, Mac Donald, Mackenzie, Porter, Spearmann,Tarbell, Warner, etc. : en langue italienne, les publications de Ferrari, Guicciardi, Morselli, Pizzoli, S. de Sanctis, etc.

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1904. Comme suite à celle loi, le gouvernement français a institué le il mai 1907 une commission technique chargée d'établir l'organisation d'établissements destinés à traiter des enfants de ce genre. Cette commission qui a terminé ses travaux en juin 1908 comprenait 21 membres dont 8 médecins, notamment : les D'" Bourneville, médecin honoraire de Bicétre, Maurice de Fleury, publiciste médical, Pierre Jatiet, professeur de psychologie au Collège de France, Paul Boncour, médecin de l'école de réforme Théophile Roussel, Philippe, professeur à l'école Arago, Raymond, membre de l'Académie de Médecine, Roubinovitch, médecin en chef à l'hospice de Bicêtre, Thulié, vice-président du Conseil supérieur de l'Assistance publique. Les autres membres étaient : MM. Albanel, juge d'instruction ; Alcindor, inspecteur général-adjoint au ministère de l'Intérieur; Brun, ancien directeur de la colonie de Douaires; Ferdinand Dreyfus, sénateur; Granier, inspecteur général ; Grimanelli, ancien directeur de l'Administration pénitentiaire; Imbert, inspecteur général; Mirman, directeur de l'Assistance et de l'Hygiène pubUques au ministère de l'Intérieur; Ogier, conseiller d'Klal ; Rollel, avocat ; Félix Voisin, conseiller honoraire à la Cour de Cassation; Turquan, chef de bureau ; Brébion, inspecteur au ministère de l'Intérieur.

Ayant été, avec MM. Boncour et Philippe, rapporleuide celte commission,j'ai pu constater, au cours de diverses discussions, combien le rôle du psychiatre est important : dans la compréhension de l'état mental et moral des enfants « dilïiciles » ; dans les recherches des causes prédisposantes et occasionnelles déterminant chez les enfants les anomalies passagères ou durables de leur caractère ; dans le choix des moyens thérapeutiques susceptibles de remédier plus ou moins à ces anomalies. C'est au cours de

ces discussions que j'ai acquis la conviction que les efforts de la psychiatrie unis à ceux de la j3édagog'ie peuvent permettre d'espérer des résultats féconds pour la prophylaxie des maladies nerveuses et mentales, en particulier de diverses formes des psychoses dégénératives ou de la démence précoce, et aussi de certaines formes de la criminalité. Guidé par ces diverses considérations, j'ai condensé dans ce chapitre les notions éparses qui se rattachent au problème des « enfants difficiles ».

Nous nous entendons tous, je crois, pour comprendre sous le nom « d'enfants difficiles » ceux qui ont le caractère mauvais, désagréable et insociable poussé au point qu'il faille les séparer de leur milieu familial ou scolaire habituel et les soumettre à un régime éducatif spécial. Ce terme « d'enfants difïiciles » n'est nullement synonyme de celui d' « enfants vicieux »..

Les enfants qui se sont fait connaître par leurs tendances nettement vicieuses ont déjà été soumis sans succès aux divers moyens d'éducation et de réforme ; l'échec répété de diverses tentatives pédagogiques prouve que leurs défauts sont profonds et constitutionnels. Chez les enfants dits « difficiles » ces défauts sont moins profonds, plus occasionnels et encore susceptibles d'être supprimés par une intervention pédagogique et psychiatrique appropriée. D'après notre définition, 1' « enfant dilTicile » ne devra passer au rang de « vicieux » qu'après s'être montré absolument réfractaire à cette intervention spéciale ^

1. Kn France, les termes : « enfants difficiles » et « enfants vicieux » ont pénétré dans la législation. D'après la loi du 28 juin 1901, on appelle « pupilles difficiles de IWssistance publique » ceux qui, n'étant pas susceptibles de bénéficier du placement familial, n'ont pas été

Les signes tires de l'obscrvalion du caractère de enfants difficiles se divisent tout naturellement en deux grandes catégories : 1'^ signes de paresse cérébrale, de dépression intellectuelle , Ahuposthênie mentale , ci È' signes d'excitation intellectuelle ou d'hi/perst/ié/tic inentale.

h'hyposthénie mentale se caractérise par de l'inerlie. de l'apathie cérébrale pouvant aller jusqu'à la torpeur et la stupeur. Elle peut s'observer chez des enfants )ion arriérés et chez des enfants arriérés. Elle se reconnaît souvent, à première vue, au regard figé et vague de l'enfant. Les hyposthéniques observés au milieu des enfants ordinaires produisent souvent l'impression de masses de chair déposées sur les bancs de la classe qu'ils encombrent bien inutilement. Chez les sujets non arriérés, l'hyposthénie mentale est tantôt permanente, constante : elle devient alors un véritable obstacle pour leur développement intellectuel; tantôt, cette paresse d'esprit procèflc par périodes, par crises qui, en se répétant, attirent néct ~ sairement l'attention des parents et des maîtres.

Le jour où l'on a acquis la conviction très nette que l'enfant, sans être un débile ou un arriéré mental, est cependant un paresseux d'esprit ayant la tendance à s'abandonner à une sorte de torpeur, il importe de le soumettre à un examen somatique et |)sychique destiné à

considérés i)ar lAdminisIralion de l'Assifilancc el par l'autorilé judiciaire comme assez « vicieu.x » pour devoir èlre placés dans les « maisons de correction ». La loi française s'inspirant donc des considéra- m lions (|ue je viens d'indiquer, sépare complètement les « didiciles » I qu'elle veut assister et élever, des « vicieux » (lu'elle fait juger et " punir. Il faut ajouter d'ailleurs que la différenciation est très variable selon les personnes appelées à l'établir : elle est encore |)uivment ' empiri(|ue et individuelle.

rechercher les causes et la signification de son hyposlhénie.

Les signes d'excitation du caractère ou àliyperstliénie nienkde sont nombreux : impressionnabilité et suggeslilùlité exagérées, agitation, difFicuUé de fixer l'attention ; mouvements désordonnés d'impatience; mouvements nerveux des muscles divers; bavardage; actes ou gestes d'impertinence, de taquinerie, d'indiscipline, d'inobéissance, de révolte, de colère, de brutahté, de méchanceté, de cruauté; tendance aux mensonges, aux querelles, aux conspirations, aux vols, à l'onanisme, etc.

Ces signes peuvent s'allier à une intelligence normale ou partiellement lacunaire. Là où l'intelligence n'est point en cause, on constate que l'enfant est capable d'attention, c'est-à-dire de volonté : il le prouve par ses progrès en diverses matières d'enseignement ; il n'est j)oint en retard par rapport à ses camarades. Ce qui rend cet enfant « difficile », c'est le désordre de sa conduite, chez lui ou en classe. Seulement, avant de se prononcer d'une façon définitive sur l'importance de ce désordre du caractère de l'élève, il faut l'avoir constaté d'une façon objective, sans aucun parti pris en faisant vérifier les propres impressions des parents ou des maîtres par celles d'autres personnes compétentes dans l'éducation des enfants.

Remarquons aussi que les signes de dépression ou d'excitation inlellectuelle peuvent s'observer alternativement chez les mêmes enfants et cela plus souvent qu'on ne le croit généralement. Ces oscillations, ces intermittences, cet état circulaire ou périodique du caractère existent aussi bien chez des enfants non arriérés d'intelligence normale que chez des sujets plus ou moins débiles. Ce sont CCS enfants-là qui sont lantùt affaissés comme des « chiffons mouillés », tantôt excités comme des « diables ».

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Les t3'pes clinico-pédagogiques des enfants « difficiles » peuvent ainsi se ramener à deux grandes catégories :

I. Enfants à esprit jjaresseu.c ou hijijosthéniques mentaux, et II, enfants à esprit agité ou hijpersthéniques mentaux. Les hyposthéniques se subdivisent en deux groupes : i'^ non arriérés et 2^ arriérés. Les Iiijpersthéniques comprennent également deux groupes : 1° à intelligence normale et 2° à intelligence lacunaire.

Nous essayerons de donner une description de chacun de ces quatre groupes :

1" « Enfants difficiles » par hyposthénie mentale sans arriération intellectuelle ou hyposthéniques non arriérés.

Les enfants de ce groupe ont la mémoire et le jugement normaux. Leur hyposthénie mentale se manifeste par une paresse intellectuelle grâce à laquelle ils n'écoutent aucune leçon, par une sorte de dégoût instinctif de tout effort cérébral. Ils ne sont pas curieux des choses que l'on enseigne. Ils n'aiment point se donner la peine de chercher et de trouver la solution à un problème posé. Ils ont une disposition à une sorte d'automatisme cérébral qui les invite à rester toujours dans le même sillon par inertie mentale. Leur regard est souvent l'èveur : on les voit en classe jouer à « bibelotter » silencieusement pendant que le maître s'évertue à expliquer quelque problème auquel ils ne s'intéressent point.

Chez eux, ils présentent la même inactivité psychique. Des enfants de ce genre apprennent bien l'orthographe, mais ils n'entendent presque rien au calcul, au raisonne-

ment. Les mêmes mentent souvent, falsifient parfois leurs notes, trompent leurs parents et leurs maîtres, imitent habilement les signatures de leurs parents. Beaucoup d'entre eux sont rancuniers et boudeurs. Quelques-uns sont onychophages et onanistes.

2' « Enfants difficiles » par hyposthénie mentale avec arriération intellectuelle.

L'intelligence de ces enfants est au-dessous de la moyenne, mais ne présente, toutefois, rien qui rappelle l'idiotie ou l'imbécillité. 11 s'agit d'une débilité mentale légère déterminant un retard scolaire de un, deux ou trois ans au plus. 11 existe chez eux une incapacité constitutionnelle de s'adapter aux exigences du milieu scolaire et de suivre les leçons. Ils sont « difficiles », parce que la fail)lesse native de leur intelligence au-dessous de la normale s'allie souvent à la paresse d'esprit et à des défauts tels que : la coprolalie ; la saleté de leur tenue, de leurs mains, de leurs cahiers ; le bavardage ; la kleptomanie ; l'onanisme ; des curiosités malpropres relatives aux questions sexuelles ; l'inattention j)lus ou moins agitée : un nervosisme habituel.

(]e qui augmente la difficulté de leur caractère, c'est la nécessité pour eux de se trouver avec des enfants plus jeunes qu'eux, ce qui les irrite et les vexe, surtout lors- (|u'ils sont plus grands et plus forts que leurs camarades. Leurs visages sont souvent inexpressifs et les yeux plus ou moins bigles, écarquillés ou fixes ; les lèvres sont souvent épaisses et entr'ouverles, presque pendantes. Quand on demande à certains d'entre eux un effort de réflexion, leurs traits se contractent et leurs yeux deviennent plus strabiques qu'à l'ordinaire. Abandonnés à eux-mêmes, ils

IbO AI.IF.XÉS KT -VNOHMAUX

n'entendent pas ce qu'on leur dit, parce qu'ils n'écoutent pas. En classe, quand on les stimule, ils font quelques efforts pour certaines matières et manifestent une véritable répulsion pour d'autres. Par exemple, ils auront une passion pour la géogra|)hie, tandis que l'histoire, la récitation et surtout l'arithmétique, leur inspireront de l'horreur. Ils se sentent «grands » et voient les autres petits. De là, leur tendance à s'isoler. Ils n'ont pas d'amis parmi leurs camarades qui les trouvent « bizarres » et ne font généralement aucun effort pour se rapprocher d'eux. Leur caractère est d'autant plus « difficile » qu'ils sont plus paresseux, plus en retard, plus conscients de leur infériorité relative. Ils sont souvent animés d'une sorte de colère résultant de la souffrance morale qu'ils éprouvent de ne pas savoir ou de ne pas comprendre. Savent-ils quelque chose, ils crient parfois leur réponse à n'importe quel moment, sans même qu'on les interroge. Ils tournent alors de tous côtés la tète avec orgueil, comme pour dire : « Vous voyez, je sais ! » Si au contraire, on les interroge et qu'ils ne puissent répondre, ils se fâchent, comme si on commettait à leur égard une injustice.

Leur sensibilité est assez facilement éveillée, m;»is elle ne se manifeste que par des réactions fugaces et pour ainsi dire réflexes : cris, supplications.

Ces mêmes enfants, qui se montrent inférieurs en classe, suivent mieux quekjuefois leurs idées et répondent mieux quand on les interroge en particulier. En récréation, au grand air, ils sont plus à l'aise, coui'cnt, rient, mais jettent souvent les bras et les jambes d'une manière singulière, arythmique, mal coordonnée.

Après un exercice physique un peu violent, leur visage se détend et devient plus expressif.

3 ' Enfants difficiles » par hypersthénie mentale avec

intelligence normale.

Ces enfants à esprit agité et instable ont habituellement une excellente mémoire et un jugement correct. Ils se rendent généralement insupportables par leur agitation et leur mobilité extraordinaires, par les mouvements incessants des mains, des pieds et de la tête, par leur écriture saccadée, irrégulière. Indisciplinés en tout temps, dans leur famille ou en classe, ils se révoltent facilement contre les punitions ou les mauvaises notes et crient aussitôt à rinjustice. Us ne peuvent tenir en place, bavardent constamment, mettent le désordre partout. Souvent ils s'adonnent à l'onvchophagie et à Tonanisme. Ils sont très sugg'oslibles.

4 Enfants « difficiles » par hypersthénie mentale avec

intelligence lacunaire.

L'intelligence de ces enfants, servie souvent par une mémoire facile, n'est vive qu'en apparence. La vivacité apparente de leur esprit n'est en réalité que de l'agitation stérile. Leur jugement est superficiel et vide. Ils veulent toujours répondre les premiers avant même d'avoir entendu la question. Us parlent à tort et à travers. Manquant de tout contrôle intérieur, ils mêlent presque inconsciemment le faux et le vrai. Dans leur jugement, l'incohérence prédomine. Leur travail est généralement négligé, mal fait. Les pages de leurs cahiers sont souvent déchirées. Leur ('^criture est mal[)ropre.

D'une vanité et d'une suggestibilité excessives, ils sont généralement très impressionnables, vifs, irritables, bruyants, portés instantanément à des violences, impul-

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sifs, souvent tyranniques avec leurs camarades et indomptables à l'égard de leurs parents ou de leurs maîtres. On les voit bouger continuellement, aller d'un banc à un autre, faire du tapage, des niches, rire aux éclats, désespérer les parents, les camarades, les. maîtres par leurs attitudes insolentes et agressives. Très fréquemment aussi, ils sont onychophages et onanistes.

Leurs emportements, leurs violences, leurs tendances à l'indiscipline, leur vanité en font non seulement des révoltés, mais des meneurs et des organisateurs de désordre. L'ombre d'un prétexte leur suiïit pour crier à l'injustice. Ils sont souvent des menteurs et des fripons d'une rare impudence. Us mentent effrontément, non seulement pour se justifier, mais simplement pour mentir, par habitude. Ils créent souvent des ennuis très graves, soit à leurs parents, soit à leurs maîtres ou à leurs camarades, par des mensonges imaginaires. Ils falsifient constamment leurs notes.

L'état somatique des enfants à caractère difïlcile est très variable. Chez quelques-uns, il ne laisse rien à désirer. On peut trouver chez d'autres des malformations, des déviations diverses du type normal (stigmates dégénératifs), des maladies générales comme le rachitisme; des manifestations héréditaires ou acquises d'alcoolisme, de tuberculose ou de syphihs; des maladies localisées à un organe ou à un système de l'économie telles que les diverses tuberculoses localisées, les affections du cœur cl des gros vaisseaux ; les désordres d\i système nerveux, comme certaines paralysies, l'épilepsie, l'hystérie, la neurasthénie ; les affections des glandes thyroïde, hy|)opliy.saire, tesliculaire, mammaire, etc.. La recherche de

I ces troubles somatiques importe au plus haut degré, car elle aide à comprendre certains malaises éprouvés par l'enfant qui contribuent à altérer son caractère ; elle permet aussi d'intervenir utilement par des moyens thérapeutiques appropriés.

L'influence du se.xe paraît moins importante que celle de Vdge : le caractère difficile se manifeste indifféremment cliez les garçons et les filles, principalement autour de la période de la puberté. Cette période physiologique constitue un critérium utile pour la répartition des enfants « difficiles )) en prêpubères, pubères et post-pubères.

De l'examen détaillé d'un grand nombre d'observations d'enfants dits « difticiles » nous avons dégagé, en outre, un certain nombre de causes qu'on peut grouper ainsi :

a) Du côté des parents : névropathies et psychopathies, le plus souvent de la mère; alcoolisme, le plus souvent du père ; tuberculose ; mauvais traitements ; complaisance ou bienveillance exagérées qui gâtent parfois le caractère ou font plus de mal encore que les mauvais traitements, parce qu'elles poussent les parents à prendre toujours le parti des enfants contre les maîtres; il en résulte que les enfants, aidés souvent de leurs parents, refusent de se soumettre à la discipline intellecluellc et morale de l'école; complicité des parents dans les tricheries ; absence des parents de la maison, surtout de la mère appelée à travailler au dehors et mise dans l'impossibilité de s'occuper de l'éducation de ses enfants.

b) Du côté des maîtres : insuffisance plus ou moins grande de capacités pédagogiques ; manque de variété ou de vie dans les méthodes d'enseignement ; faiblesse de caractère; changement de maître.

c) Du côté des enfants : constitution chétice , maladies et infirmités constitutionnelles ou acquises iliverses qui poussent la plupart des parents à gâter leurs enfants et qui incitent quelques-uns [ejceptionnellement] à les maltraiter ; développement physique ou mental retardé; habitudes de mensoncfe et de tricherie déterminées soit par la trop grande sévérité des parents ou des maîtres (crainte des châtiments), tantôt par la complicité des parents ; tnauvaises conditions hygiéniques, soit de la classe, soit du domicile; manque d'air; manque d'exercice; insuffisance de la nourriture ou de la vêture ; mauvais sommeil ; onanisme.

Nous n'avons énuméré que les causes les plus fréquentes, celles sur lesquelles se porte de prime abord l'attention des maîtres, des parents et des médecins.

Il importe de distinguer des degrés parmi les « difficiles ». Il y a ceux qui sont plutôt des « semi-difficiles » ou mieux * des « sub-difficiles ». 11 y a aussi les « faux difficiles » qui s'améliorent sous l'influence d'un simple changement du milieu ou d'un maître. Il y a donc des raisons multiples de différencier les anomalies légères, puisque le fait môme de les découvrir permet, parfois, à un enfant de rcjjrendre une vie normale. 11 y a, enfin, des enfants chez lesquels la difficulté du caractère constitue une des manifestations initiales d'une psycliose dégénérative, d'une démence précoce, d'une méningo-encéphalite diffuse.

Il est rationnel de diagnostiquer certaines causes ayant déterminé la difficulté de caractère ; une action curative j)eut en découler. Si la médecine est impuissante devant certaines lésions des centres nerveux, il existe des trou-

LES ENFAMS « DIFFICILES » 191

l)les fonctionnels contre lesquels elle est armée et efficace. Par exemple, on s'apercevra que Fenfant est sujet à des crises nerveuses méconnues et cependant curables ; qu'il est arrêté dans son développement physique et intellectuel par suite cV i7isii//isances glandulaires. Si on lui donne ce qui lui manque, la croissance du corps et celle de Tcsprit pourront se rapprocher de la normale. Certains enfants ont une faiblesse de tempérament qui s'oppose 1 tout effort; réclamer d'eux une attention même minime, leur faire exécuter des mouvements sous prétexte de les fortifier, amènerait une fatigue plus intense. Avant toute action pédagogique on peut, par des moyens variés, com- Imltre cette hyposthénie et relever les forces. L'examen médical, pratiqué conformément aux principes bien établis [)ar ceux qui ont une compétence en matière médico-pédagogique, révélera de plus en plus des états morbides, qui, sans être la cause principale d'une infirmité intellectuelle, en sont la cause adjuvante, l'agent provocateur.

Il y a, en effet, des états qui exagèrent une faiblesse intellectuelle et s'opposent ainsi à l'action médico-pédagogique. Un enfant mal doué et qui est porteur en sus d'une défectuosité sensorielle ne peut suppléer à celle-ci et fatalement présente une insuffisance très marquée. Que l'on corrige une vue défectueuse, que l'on fasse disparaître une surdité due par exemple à la présence de végétations adénoïdes faciles à enlever, et l'on ne s'étonnera pas de voir l'élève rebelle jusque-là à toute instruction faire des progrès rapides et reprendre rang, après quelques mois, parmi les normaux.

Les « enfants difliciles « qui ne peuvent trouver chez eux, dans leur famille, la direction et les soins nécessaires

à leur éducation physique, inlellecluelle et morale, et à qui l'école ou le lycée ordinaires sont incapables de rendre ces mêmes services, doivent être élevés dans des établissements spéciaux, soit en qualité de demi-pensionnaires, soit en qualité d'internes, selon la gravité de leur paresse ou de leur agitation. On a combattu vivement, en ft-ance et ailleurs, le régime des internats pour enfants en général. Comme toujours, en combattant passionnément un projet, on a exagéré et on est allé jusqu'à mettre en doute Tefficaciié de ce régime.

Dans toutes ces discussions, on oublie trop souvent que les enfants dont le caractère est rebelle à toute discipline familiale ou scolaire, ou qui ne trouvent pas chez eux ou à l'école le frein à leurs débordements et le stimulant à leur hyposthénie mentale, sont des êtres malades, victimes pour la plupart des conditions dégénératives héréditaires ou acquises, des conditions sociales supprimant l'action maternelle, des facteurs antihygiéniques déplorables, résultant du manque d'air, de lumière, de nourriture, et des soins les plus élémentaires...

Si les internats appelés à recevoir ces enfants dilFiciles peuvent leur procurer une éducation individuelle appropriée et les éléments essentiels du bien-être physique, ils contribueront à guérir ces enfants, à les rendre actifs et sociables, alors que, dans leurs milieux habituels, ils s'acheminent vers le parasitisme ou la malfaisance.

Ces internats, dont nous avons étudié la future organisalion en collaboration avec le D' Paul Boncour ', ne doivent avoir rien de commun avec des établissements pour enfants vicieux, criminels, idiots, imbéciles, etc. Leur inslalla-

1. Voir notre Uapport sur rÉdiiCtitioii médi(o-i)édagogiqiie dos « pupilles difficiles de l'Assislance Publique » au Miiiistf're de l'Intérieur, Paris, 1908.

lion doit être faite en dehors de la ville, mais à une distance peu éloignée, de façon que les parents, les professeurs, les médecins puissent s'y rendre facilement et rapidement.

Le choix du personnel éducateur et enseignant a une importance considérable. La pédagogie des « enfants difficiles » doit être réservée à des maîtres et à des maîtresses d'un mérite exceptionnel, à ceux d'entre eux qui ont donné des preuves de capacité spéciale pour l'éducation de ce genre d'enfants.

Aussi, est-il nécessaire de leur assurer des avantages particuliers pour les attacher à l'établissement et pour éviter qu'ils n'aient la tentation de chercher des situations plus avantageuses.

Le changement de bons maîtres est souvent regrettable même pour les enfants normaux ; ce changement devient une calamité lorsqu'il s'agit de sujets à caractère difficile dont la direction pédagogique nécessite une méthode continue et des soins de tous les instants.

L'acjE d'admission. — Il importe d'entreprendre l'éducation des enfants « difficiles » d'aussi bonne heure que possible et la tenter aussi tardivement que possible.

Aussi, serions-nous d'avis d'admettre ces enfants dans des établissements spéciaux à partir de Tàge de cinq ans jusqu'à l'âge de seize ans. L'admission de chaque enfant serait précédée d'un examen somatique et psychique pendant une période d'observation de quinze jours à un mois. Cet examen éclairera sur l'intensité de Ihyposlhénie ou de Thvpersthénie mentale de l'enfant, sur sa santé physique, sur la possibilité de la cure, etc.

Méthodes pédagogiques. — Les programmes d'ensei-

ROUBINOVITCH. J3

lyi ALIÉNÉS KT ANORMAUX

gnement des « enfants (lilFiciles » ne doivent, en principe, différer en rien de ceux des enfants ordinaires. Une foi encadrés dans rétablissement nouveau, ils y suivront lesj programmes des établissements d'enseignement primaire ou secondaire, selon les désirs de leurs parents, selon leurs aptitudes intellectuelles personnelles. Les méthodes] pédagogiques doivent iadapler aux types cli?iico-pt'da^^ gogiqves précédemment établis, être individualisées €t\ intuitives au plus haut degré.

Travaux manuels. Gymnastiouk. Jeux. — En thèse' générale, le travail manuel devrait avoir dans tous les programmes, quel que soit leur degré, une place importante. Il en devrait être de même pour les jeux, la g\mnastique, la natation.

Dans le programme denseignement primaire adapté i\ des enfants mentalement inférieurs à la moyenne, le triivail manuel devrait occuper une place tout à fait prépondérante ; là où c'est possible, on devrait donner toujours la préférence à des travaux susceptibles (Fétre exécutés au grand air : agriculture, horticulture, sylviculture, etc.

Traitement moral. — L'éducation morale joue nécessairement un rôle prépondérant dans un établissement qui se donne la mission de transformer les enfants « dilFiciles » en sujets faciles, c'est-à-dire : discii)linés et socialement utilisables. Comme de juste, nous attachons une certaine importance à des entretiens quotidiens, à de courtes le(,'ons du maître sur les divers sujets de l'instruclion morale et civique. Mais cet enseignement moral pour être vraiment efficace doit être pratiqué dans l'établissement; il doit y être vivant. La maison tout entière, dej)uis son directeur jusqu'au plus modeste surveillant ou contremaître, doit

donner Texcmple de Tordre, de la régularité, de la pro- ]ireté physique et morale. L'enfant à tendances nonchalantes, hyposthéniques, séjournant dans celte maison, doit se mettre pour ainsi dire malgré lui, au diapason de l'établissement, à un travail méthodique. Un élève hurluberlu, h\ persthénique, entraîné par les exemples d'ordre qui l'entourent, doit prendre également, malgré lui, le pli d'une ^•ie réglée. Autant un cotu's sec et verbal de morale est ennuyeux, agaçant et souvent parfaitement inutile, surtout f[uand il s'adresse à des enfants instables, autant une démonstration morale pratique, faite à propos d'un événement réel, vécu par les enfants, sera écoutée avec intérêt et assimilée avec profit. En dehors des entretiens réguliers, on ne saurait trop recommander aux personnes chargées de l'éducation et de la surveillance des « enfants difficiles » de saisir toutes les occasions favorables pour leur parler « au bon moment », au moment où leur cœur touché par quelque événement fortuit commence à s'ouviir, commence à se livrer et à se confier.

Les éducateurs trouveront des exemples topiques, des historiettes frappantes, pour expliquera leurs élèves, sous la forme de leçon de chose, les devoirs réciproques des frères et sœurs; les devoirs envers soi même comme la propreté du corps, la sobriété, la tem|)érance ; les devoirs envers les autres hommes tels que la solidarité, la justice, \a bonté, le respect de la propriété, etc.

L'expérience des éducateui-s de tous les pays conclut aujourd'hui d'une façon unanime à cette loi pédagogique : pour diriger le sens moral des enfants, il faut savoir avant tout capter leur affection et leur confiance. En d'autres termes, un maître qui est aimé de ses élèves en fait ce qu'il veut par la suggeslion et la persuasion.

xMais pour que cette loi s'applique aussi bien aux enfants

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hypo ou hypersthéniqucs. loujours dans ces entretiens, dans ces leçons de choses morales, il faut tenir compte de la mentalité du sujet et mettre les explications à la portée des intelligences.

A cette question d'éducation morale des « enfants difïiciles » se rattache naturellement celle des récompenses et àes punitions.

Au dossier médico-pédagogique de cliaque enfant devra être annexée une feuille sur laquelle seront inscrites tous les mois ou tous les trimestres les notes, les observations d'ordre moral les concernant. Pour les punitions comme pour les récompenses, il est indispensable de s'inspirer du caractère et de la mentalité individuels des enfants. C'est toujours la méthode à' indicidualisation^ de personnalisation qui est de mise. En effet, l'observation démontre que les enfants hypersthéniqucs sont plus vaniteux, plus sensibles à toutes les distinctions comme à toutes les humiliations, que les enfants normaux et surtout que les enfants hyposthéniques. Nous laissons aux éducateurs le soin de s'inspirer de ces desiderata dans l'application individualisée des récompenses et des punitions. Disons seulement que Visolement ne doit être décidé qu'après l'avis du médecin et que les enfants isolés, dont le régime alimentaire sera établi selon les prescriptions médicales, doivent toujours être occupés à un travail utile. 11 est nécessaire que ces enfants soient visités chaque jour par le directeur, le médecin, le surveillant, à tour de rôle. Si le médecin juge l'isolement préjudiciable à la santé de l'enfant, il en réfère au directeur qui fait suspendre cette punition.

Surveillance de jour et de nuit. — Avant d'en linir sur cette question de l'éducation morale, rappelons l'urgence qu'il y a à surveiller les enfants « difficiles » au

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point de vue de ronanisine solitaire ou en commun. Dans le jour, on s'opposera aux causeries isolées, au séjour des enfants dans les cabinets d'aisance, etc. ; la nuit, un surveillant de garde empêchera toute conversation, tout bruit, tout acte pouvant troubler le calme et le repos du dortoir. 11 veillera sur les gestes d^ ceux qui sont signalés comme s'adonnant à l'onanisme, plaie de tout internat et plus encore d'un internat de dégénérés.

Traitement médical. — Eii règle générale, tous les enfants reconnus « difficiles », chez eux ou à l'école, doivent être soumis à un examen médical. Chaque établissement consacré à des enfants de ce genre doit avoir un médecin, assisté, s'il y a lieu, d'un médecin adjoint appelé à Je remplacer en cas d'absence par maladie ou par congé. Le médecin a un rôle à la fois curatif et psychologique. Faisant de lui un collaborateur indispensable des éducateurs de ces enfants. Les maîtres de ces « difficiles » devraient pouvoir consulter à chaque pas le médecin pour toutes les mesures, les régimes, les horaires des classes, etc.

C'est au médecin qu'incombe la tâche d'indiquer les traitements divers : diététique, médicamenteux, opothérapique, hydrothérapique et psychothérapique, qui doivent être employés pour tel ou tel enfant. S'il s'agit d'un établissement spécial, le rùle du médecin est nettement déterminé : à l'arrivée de l'enfant, celui-ci est mis en observation et le médecin, de concert avec un pédagogue, constitue le dossier médico-pédagogique qui est le point de départ de tout traitement.

Obseuvation clinique. — Au cours du séjour de l'enfant dans l'établissement, le médecin l'examinera deux ou trois fois par an et continuera ainsi le dossier médicc-pédago-

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gique commencé lors de la période d'obscivatioii. Le carnet, dans le genre de celui élaboré par nous en collaboration avec MM. Boncour et Piiilippe pour le ministère de l'Intérieur ', devra se j)rôter à celle multiplicité d'examejis, en contenant les cases nécessaires. Le médecin noiera l'état des organes, leurs défectuosités, et fera des mensurations propres à indiquer l'état de santé.

Il pourra être appelé à donner son avis sur des manifestations morbides (accès de colèi*e, agitations, crises nerveuses diverses, fatigues anormales), et à indiquer le traitement.

D'ailleurs, la collaboration constante du médecin et du maître est une des garanties de la bonne réussite du traitement. En outre, il existe un certain nombre d'enfants que le médecin devra suivre j)lus particulièrement : ceux atteints ô.^ incontinence d' urine, qui seront soignés et qui seront réveillés la nuit j)ar les veilleurs; ceux qui ont des tics ; ceux qui ont des troubles de la parole (bégaiement, blésité ou autres) et doivent être guéris de leurs défectuosités ; ce traitement se fera nécessairement sous la direclion médicale.

ÏF,NUi<: DU DOSsiEH MÉDICAL. — La conslitutiun du do^aifr mèdico-pèdafjoijique qui suit l'élève partout est ti'ès imj)Oi'lante ; c'est dans ce dossier que doivent être consignées toutes les observations médicales et pédagogiques susceptibles de renseigner sur la nature de l'enfant, sur sa santé, sur ses progrès, sur ses aptitudes, etc. Le dossier doit comprendie deux parties : un carnet de santé tenu par le médecin ; un carnet j)édagogique tenu par les maîtres.

Direction .médicale de l ini ihmeiue. — C'est naturelle-

\. l.oc cil.

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menl au médecin qu'appartient la direction de l'infirmerie. Selon l'importance de l'effectif de rétablissement médico-pédagogique, l'infirmerie contiendra un nombre plus ou moins considérable de lits séparés en autant de boxes. Un infirmier ou une infirmière y seront attachés d'une façon permanente et se conformeront scrupuleusement, dans tous les détails du service, aux règles d'hygiène ot de thérapeutique prescrites par le médecin. Un règlement spécial devra établir les relations entre le directeur, les agents de service et le médecin pour le fonctionnement de l'infirmerie.

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