LES ANOMALIES MENTALES SONT-ELLES ÉVITABLES
laines familles, sont le prélude parfois de véritables drames. Enfin, elle fut une admirable mère avant la lettre.
L'enfant venu, ce fut simple : elle n'eut qu'à suivre tous les conseils du médecin : allaitement maternel, régularité des tétées et des habitudes, large usage des bains, etc. Nous n'insisterons pas; les jeunes femmes, aujourd'hui, commencent à connaître les règles essentielles de l'hygiène des nourrissons, et les nourrissons sur qui pèse une hérédité nerveuse quelconque et qui sont nombreux dans les grandes villes, ont, plus que les autres, besoin de l'application stricte de ces règles.
Revenons à notre poupon. Ce que fut son éducation entre les mains de parents aussi éclairés, il est facile de se l'imaginer. Elle avait pour objectif principal de le fortifier physiquement et moralement, tout en le mettant, dans la mesure du possible, à Fabri de toute intoxication pouvant provenir des aliments, de l'air ou des gens. Habitué à ime nourriture simple, d'où, en raison de sa prédisposition nerveuse, toute substance excitante, toute boisson alcoolique étaient sévèrement exclues, l'enfant put éviter la série des affections du tube digestif qui sont la source de tant d'altérations du système nerveux. De plus, le petit croissait dans un milieu paisible et gai, jamais troublé par des scènes, des querelles ou des colères.
Ici, je désire insister sur un point important de l'éducation des enfants nerveux. Combien de parents, en élevant un enfant timide et mou à l'excès, ou \dolent jusqu'à la brutulilc (deux façons d'être également anormales), ne trouvent rien de mieux que de se fâcher en criant sans cesse contre lui, parfois en le battant, sous prétexte de le
stimuler dans un cas, de le mater dans Tautre I Au fond, ces parents, comme beaucoup d'autres êtres, s'abandonnent à leur nature, dont ils justifient tant bien que mal les mouvements désordonnés ; mais aussi quelles funestes conséquences d'un pareil système, quand il s'applique à un sujet nerveux ! L enfant ne s'élève pas par nos conseils, il s'élève par notre exemple; ce qu'il reçoit de nous*, tout d'abord, ce sont des convictions raisonnables, ce sont des impressions d'autant plus profondes qu'elles sont plus précoces et plus répétées. Gomment donc établirez-vous dans un être l'habitude et le goût du calme, si vous êtes vous-même une véritable tempête .^ Quelle assiette prétendez-vous donner à ce système nerveux toujours ébranlé par votre faute ?
Pénétrés de ces notions fondamentales, mes amis, quoique nerveux tous les deux, se forcèrent à donner à leur enfant l'exemple d'une perpétuelle sérénité d'âme. Malgré toutes ces précautions, vers trois ans, le bambin manifesta une disposition inquiétante : il avait des peurs instinctives qui le bouleversaient : peur des chiens, des chats, des insectes, peur de la nuit surtout. Quand le soir descendait et qu'on tardait à apporter la lampe, de quelle petite voix altérée il la réclamait, et quel coup d'œil de terreur vers la porte delà chambre restée sans lumière !... Et les parents, attentifs, éclairés parleurs lectures sur la signification de ces « peurs morbides ». variété d'obsessions si fréquentes chez les enfants nerveux prédisposés à la folie, se renseignèrent sur la conduite à tenir en pareil cas : jamais de contrainte, beaucoup de patience, de douceur, d'explications persuasives, et attendre tout du développement (le la raison et de la volonté...