‹ Aliénistes et philanthropes; les Pinel et les TukeChapitre 25 sur 35 · GRANDE CHANCELLERIE DE LA LÉGION D'HONNEUR · texte numérisé non relu

GRANDE CHANCELLERIE DE LA LÉGION D'HONNEUR

FORMULE Dl SERMENT

Je jure, sur mon honneur, de me dévouer au service de l'Empire ; à la conservation de son territoire dans son intégrité ; à la défense de l'Empereur, des lois de la République et des propriétés qu'elles ont consacrées ; de combattre, par tous les moyens que la justice, la raison et les lois autorisent, toute entreprise tendante à rétablir le régime féodal, à reproduire les titres et qualités qui en étaient l'attribut ; enfin de concourir de tout mon pouvoir au maintien de la Liberté et de l'Egalité.

LEGRAND DU SAULLE (Henri). — Né à Dijon le 16 avril i83o, il commença ses études médicales à l'école de cette ville. Interne à l'asile d'aliénés de la Côte-d'Or, il allait ensuite à Saint-Ton et à Charenton, et soutenait, en 1806, une thèse sur la monomanie incendiaire. Médecin de Bicetre en 1867, de la Salpêtrière en 1879. Nommé médecin en chef de l'Infirmerie spéciale du dépôt à la Préfecture de police le 11 avril i883, en remplacement de Lasègue, auquel il était adjoint depuis plus de dix ans. Mort le 5 mai 1886.

Legrand du Saulle et Jules Falret étaient fort liés, bien qu'il eût été difficile de trouver deux hommes plus différents de nature et d'aspect. A la Salpêtrière, leurs services étaient voisins, et fréquemment, après la visite, on se réunissait dans le cabinet de l'un d'eux. Jules Falret. de temps à autre, lançait dans la conversation un de ces prodigieux calembours qu'il affectionnait tant ; le plus souvent Legrand d\\ Saulle ne saisissait pas tout d'abord et continuait à parler, puis tout à coup il éclatait d'un rire tonitruant qui secouait son énorme corps.

LEMONNFER (Louis-Guillaume). - Louis-Guillaume Lemonnier (son nom est parfois écrit Le Monnier) naquit à Paris le 2G juin 1717. Docteur en médecine le 17 octobre 17^0. Devint professeur de botanique au Jardin des plantes et premier médecin du roi, auquel il resta fidèle durant les jours troublés de la Révolution. Privé de ses places et sans fortune, il se retira à Mon treuil, village situé entre Ville-d'Avray et Versailles. Il y mourut le 7 septembre 1799.

Lemonnier, qui avait beaucoup d'affection pour Philippe Pinel, aurait voulu le faire agréer parmi les médecins de la Cour ; mais Pinel était trop timide et trop ennemi de l'étiquette pour réussir à Versailles.

LENS (Adrien-Jacques) (de). — Né à Paris le 20 avril 1786. Elève de l'Ecole polytechnique, il fut dirigé par Fourcroy vers les études médicales. Reçu docteur en 181 1, il devint professeur agrégé et succéda à Royer- Collard comme inspecteur des Facultés de médecine ; il perdit ces dernières fonctions en i83o. Nommé membre de l'Académie de médecine, lors de sa création, dans la section de thérapeutique et d'histoire naturelle. Mort le 18 février i846.

LEPOIS (Charles). — Charles Lepois, plus connu de son temps sous le nom de Carolus Piso, était fils de Nicolas Lepois, et naquit à Nancy en i563. Il fit ses études à Paris et fut reçu maître ès-arts en i58i. Il entra alors à la Faculté de médecine, passa te baccalauréat en i588, la licence en 1090 et, ses ressources ne lui permettant pas d'affronter le doctorat, il revint à Nancy où le duc Charles III de Lorraine le prit comme médecin consultant. Il fut ensuite attaché au duc Henri II ; ce dernier fonda, sur sa demande, la Faculté de médecine de Pont-à-Mousson, et l'en nomma doyert. Après avoir reçu le bonnet de docteur à Paris, le i\ mai 1598, Charles Lepois se fixa définitivement à Pont-à-Mousson. La peste ayant éclaté à Nancy en i633, il se rendit dans cette ville et y mourut victime de son dévouement.

Charles Lepois rapportait l'hystérie à l'épilepsie et en plaçait le siège dans le cerveau. « Symptomata vulgô dicta hysterica ad epilepsiam referuntur ; epilepsia autem ipsa capiti idiopathica esse demonstratur. »

LEROY ou LE ROY (Charles). — Né à Paris le 12 janvier 1726, il y commença ses études médicales qu'il termina à Montpellier, où il prit le litre de docteur en 1752. Cinq ans après il obtenait une chaire à la Faculté de cette dernière Mlle. « En sortant de mes leçons, disait Venel, les étudiants sont surpris de tout*1 la chimie qu'ils ont entendue ; en

sortant de celles de M. Le Roy, ils sont étonnés de tout ce qu'ils ont compris et retenu. »

Mort le 10 décembre 1779 à Paris, où il était venu habiter deux ans plus tôt sur les instances de sa famille.

LIGNIVILLE (de). — Mlle de Ligniville, issue d'une des quatre familles de Lorraine, connues sous le nom de Grands Chevaux (Haraucourt, Lenoncourt, Ligniville, du Châtelet) et née en 1719, avait épousé, en juillet 1761, Claude-Adrien Helvétius, l'auteur du Traité de l'esprit. « Après avoir perdu son mari, dit Saint-Lambert, elle fixa sa résidence à Auteuil, où un nom cher à la philosophie et toutes les qualités de l'esprit et du cœur continuèrent d'attirer tout ce qu'il y avait en France d'hommes célèbres ; de ce nombre étaient Franklin et Turgot, qui l'un et l'autre lui offrirent leur main ; mais la veuve d 'Helvétius l'avait aimé trop passionnément pour se décider à contracter un second mariage. » Bonaparte, après son retour d'Egypte, lui rendit visite dans sa retraite. Se promenant dans sou jardin avec l'ambitieux conquérant : « — Vous ne savez pas, lui dit-elle, combien on peut trouver de bonheur dans trois arpents de terre. » Morte le 12 août 1800.

LEUKET (François). — Né à Nancy le 3o décembre 1797. Tout enfant il était passionné pour l'étude, et obtint de son père, qui exerçait le métier de boulanger, l'autorisation de poursuivre son instruction. Il entra au séminaire, où ses maîtres s'efforcèrent de diriger son esprit vers la prêtrise ; mais il montrait peu de goût pour le sacerdoce, et se sentait plus particulièrement attiré vers les sciences. En 1816 il partit pour Paris et commença ses études médicales. Son père lui ayant, l'année suivante, refusé tout subside, il dut s'engager dans la légion de la Meurthe, cantonnée à Civet, mais qui, peu de temps après, vint tenir garnison à Saint-Denis. Il put alors reprendre ses études. Un jour il assista, par hasard, à une leçon d'Esquirol, et sa vocation fut décidée. Il faisait à pied, chaque matin, le trajet de Saint-Denis à la Salpêtrière ; de retour à la caserne il collationnait ses notes. Une catastrophe imprévue vint momentanément interrompre son labeur. A la suite de la conspiration du 19 août 1820, la légion de la Meurthe, suspecte de libéralisme, fut envoyée à \vesnes. Mais il avait des amis tidèles. Trélat. alors interne à Gharenton, obtint de Royer-Collard la création d'une place d'externe logé, nourri, chauffé et éclairé. La libération de Leuret fut aisément accordée, car il étaii d'une santé délicate et peu propre au service actif. Entré comme externe à Charenton, il y remplaça bientôt après, en qua-

lité d'interne, son ami Trélat. Ayant passé sa thèse en 182G, il partit pour

Nancy, avec l'intention d'y exercer la médecine. Mais bientôt après, il revenait à Paris où il s'efforça de se créer une sil nation. Esquirol l'accueillit avec bienveillance, le prit dans sa maison, et le choisit comme rédacteur en chef des Annules d'hygiène publique et de médecine légale. Nommé en i836 médecin expcctant de Bicétre, il devenait chef de service en i84o. De plus, il avait accepté la direction d'un établissement privé, dit Maison de santé du Gros Caillou et situé rue Saint-Dominique Saint- Germain, N° 194. « Ses journées, dit Trélat, commençaient à (> heures, hiver comme été. Il allait à Bicétre et n'en revenait qu'à plus de midi. Le reste du jour appartenait à la maison de traitement et aux malades de la ville, le soir et une partie de la nuit à l'étude. » Sa santé peu robuste ne pouvait supporter une telle existence. Sentant ses forces décliner et sa fin approcher, il voulut mourir dans sa ville natale. Arrivé à Nancy le 26 décembre i85o, il s'y éteignait le 6 janvier, dans ca cinquante-quatrième année.

C'est en i838 et 1839 que Leuret présenta à l'Académie de médecine ses mémoires sur le traitement moral des aliénés. Les critiques, parfois acerbes, qu'il publiait dans les journaux de médecine, lui avaient fait de nombreux ennemis. Exagérant, poussant même à l'absurde ses idées sur l'intimidation, ils l'accusèrent de rigueur, de cruauté. Il en fut vivement affecté. Naturellement enclin à la mélancolie, il devint misanthrope. Ses amis s'efforçaient de modifier cette fâcheuse propension, et son maître Esquirol s'y employa avec sa bonté habituelle, a Un jour, nous rapporte Leuret, que je me plaignais à lui des attaques dont j'étais l'objet, que je lui laissais voir combien je souffrais des calomnies dites à l'oreille ou imprimées auxquelles j'étais en butte, il sourit et me consola en me rappelant sa propre histoire. Lors de la publication de ses premiers travaux, on l'avait violemment attaqué ; des appellations inconvenantes et injurieuses lui avaient été adressées ; il les avait supportées sans rien dire, et s'il s'en souvenait, ce n'était pas pour en accuser les auteurs, mais pour me donner un exemple utile à mon repos. » Savoir qu'un autre a connu les peines qu'ils ressentent eux-mêmes est pour certains hommes un calmant salutaire ; les propos affectueux d 'Esquirol eurent raison du chagrin de Leuret. Mais il ne pouvait changer sa nature. Les personnes qui, par hasard, se trouvaient en contact avec lui ne remarquaient que sa réserve et sa froideur ; on l'estimait, on ne l'aimait pas. Ceux-là seuls l'appréciaient, qui vivant dans son intimité, surent découvrir, sous la rudesse de l'écorce, les réelles qualités du cœur. Aux amis fidèles qui l'avaient aidé ou consolé dans les circonstances cl i f fi -

ciles, il garda toujours la plus vive gratitude. Pas plus autrefois qu'aujourd'hui la reconnaissance ne fut monnaie courante ; aussi doit-on honorer ceux qui, au cours de leur existence, ont pratiqué cette vertu.

LINNE (Charles). — Né à Rceshult, près Strenbrohult, en Suède, le 12 mai 1707, Linné était reçu docteur en médecine, en 1735, à Hardervick, en Hollande. Devenu botaniste du roi et président de l'Académie de Stockholm en 1739. il obtenait, deux ans plus tard, le titre de professeur de botanique à l'Université d'Upsal et était chargé de la direction du jardin botanique de cette ville. Mort le 10 janvier 1778.

« Linné, dit un contemporain, était d'une taille assez petite ; il avait la tête large, les yeux vifs et perçants ; son tempérament était froid, sa mémoire sûre... Il dormait l'été depuis 10 heures jusqu'à 3 heures du matin, et l'hiver depuis 9 heures jusqu'à 6, et il quittait le travail toutes les fois qu'il ne se trouvait pas bien disposé. »

Linné, qui avait d'abord suivi la classification de Sauvages, en publia une nouvelle en 1763, formée de 11 classes :

Classis 1.

Exanthemaliei.

Classis IL

Critici.

Ordo 1.

Contagiosi.

Ordo i.

Continentes.

Sporadici.

Intermittentes

Solitarii.

Exacerbantes.

Classis III.

Phlogislici.

Classis IV.

Dolorosi.

Ordo 1.

Membranacei.

Ordo 1.

Intrinseci.

Parenchymatici.

Extrinseci.

Musculosi.

Classis V.

Mentales.

Classis VI.

Quie/ales.

Ordo 1.

Ideabs.

Ordo 1.

Defeetivi.

lmaginarii.

Soporosi.

Pathetici.

Privativi.

Classis Vil.

Motorii.

Classis VIII.

Suppressorii.

Ordo 1.

Spastici.

Ordo I .

SufTocatorii.

Agitatorii.

Constrictorii.

Classis IX.

Evacualorii.

Cl. assis X.

Déforme*.

Ordo 1.

Capitis.

Ordo 1 .

Emaciantes.

Thoracis.

Tumidosi.

Abdominis.

Décolores.

Genitalium.

Corporis externi.

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