‹ Aliénor, prieure de Lok-Maria (volume 2)Chapitre 4 sur 6 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

eiens Bretons, recueillis par hii-méme dans le pays de Galles, et qui tranchent enfin la question, si débattue, de l'origine des épopées chevaleresques. L'auteur du beau livre de VArt Chrétien, M. Rio, me devance dans l'étude de la Chouannerie, par son Histoire d\in Collège Breton sous l'Empire, sirapleet touchante épopée, dont l'Homère fut aussi le héros. M. Ernest Ménard, mon heureux devancier, qui semblait s'être retiré sous sa tente, reparaît aujourd'hui dans l'arène avec VAmiral de Bretagne, digne cadet de Pen-Marc'h, de Budic- Mur et de Bobert d'Arbrissel. Aucun succès n'a effacé, ce printemps, au Salon du Louvre, le succès des naïfs tableaux de M. Adolphe Leleux : la Korolle et le Paralxjtique. Enfin, M. Brizeux, notre Virgile armoricain, ne tardera pas à laisser éclore son grand poëme des Bretons, — ce chêne national dont nous attendons Tombrage, tout en savourant le délicieux bouquet de Marie. — Allons, frères, poètes, artistes, romanciers, historiens, courage ! Le moment est pour nous ! La Mode, cette Fée contemporaine, se tourne en souriant vers la sombre Armorique. J'ai vu, l'an dernier, les landes de la Cornouaille et les rochers du Léonais fourmiller de pèlerins et de touristes... — Ah! grâce à nous, et comme Ta dit si éloquerament un

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des nôtres (1), le monde commence à s'en apercecevoir : « Il fut robuste, il fut glorieux, ce vieux « chêne druidique, aujourd'hui couché dans la « poussière ; sa chute n'a point découvert ses raci- « nés, et la pioche de l'antiquaire se fatigue à en « chercher les ramifications dans le passé. L'épée « de César et celle de Charlemagne lui avaient fait « au tronc de larges blessures ; mais les armes de « leurs débiles successeurs s'émoussaient sur sa « rude écorce ; — et pour l'abattre enfin, il a fallu « recourir à la cognée révolutionnaire. Mainte - « nant, la France se penche avec intérêt vers le « colosse renversé; l'artiste admire cette sève « puissante qui ne peut plus se renouveler que « dans la rosée du ciel, mais qui jaillit encore, çà « et là, parmi la mousse et le gui, en verdoyantes « frondaisons ; le poète écoute avec ravissement la « voix des oiseaux qui chantent, pour la dernière « fois peut-être, dans sa couronne flétrie. — Pour « la dernière fois ? Non ! La Bretagne conservera « longtemps encore sa foi, sa langue et ses mœurs. « Lorsque tout conspire pour les effacer, n'imi- « tons pas ces prophètes, sortis de son sein, qui lui « annoncent froidement ses funérailles. Impru-

(1) M. Alfr-'d de Courcy, dans son excellent type du Breton. l'un des plus brillants de la grande collection des Français,

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(( dents raédecius, ne disons pas dans la chambre « du malade que tout espoir est perdu ; mais plu- « tôt efforçons-nous de prolonger sa noble vieil- « lesse : elle a de la verdeur encore, et n'est pas « aussi près qu'on semble le croire de se coucher « dans la tombe ! »

Encore un mot de reconnaissance aux compatriotes qui m'ont accueilU, dirigé et fêté sur tous les points de la Bretagne, pendant mes voyages à la recherche des matériaux de ces Études ; — à ceux qui m'ont ouvert les bibliothèques et les archives de leurs villes , les chroniques de leurs manoirs, les mémoires de leurs familles, les trésors de leur érudition ; à ceux qui ont pris avec moi la poste ou le bâton du pèlerin, pour m'accompagner et me guider de château en château, de chapelle en chapelle, de ruine en ruine, de chaumière en chaumière ; à M. le comte de Francheville, qui m'a reçu dans sa villa de Truscat, comme ses aïeux recevaient les bardes d'autrefois, à son fils en qui j'ai trouvé un cicérone si savant, un compagnon si infatiguable, un pilote si sûr, au milieu des trois cents îles du Morbihan ; — A M. le raar-

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quis de La Villeraarqué, l'aimable et vénéré châtelain du Plessis-Nizon , à ses deux fils , mes amis d'enlance, au docte et poétique traducteur de nos Chants et de nos Contes Populaires^ qui m'a promené sur le théâtre même de la Ligue, et a fait parler pour moi la magnifique ruine de Rusléfan; — à rexcellent M. Poirier, de Nantes, et à ses dignes confrères de la Société des Beaux- Arts; — à M. Graveran, le respectable évêque de Kemper, qui m'a ouvert Téglise et le prieuré de Lok-Maria ; à MM. Guillemé, ces hôtes devenus des amis, qui ont visité avec moi ce double monument et tous les monuments de la basse Cornouaille; — à M. de TÀrchantel, ancien maire de Kemper, à M. A. de Courson, l'archiviste de cette ville ; — à M. Antoine Peccot, le bibliothécaire de Nantes;

— à M. Formerel , de Vannes ; — à M. Vincent, professeur à Brest; — à M. l'amiral Grivel, préfet maritime; — à M. Tamiral Ducrest de Villeiieuve et à son fils, grâce auxquels le port, Farsenal et la rade de Lorient ne m'ont caché aucun secret ; — à MM. Paul Quemper et Dubreuil de Marzan, qui m'ont ouvert tant de portes hospitalières ; -— à M. le docteur Balestrier, et à M. le garde du Génie de Concarneau; — à M. Bernard, de Douarnenez;

— à M. Le Castrée, ce bon kloarek de Ploaré,

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