‹ Aliénor, prieure de Lok-MariaChapitre 12 sur 16 · II · texte numérisé non relu

II

cun feu, de crainte d'être découverts par l'indice de la fumée ; et ainsi mouraient dans les parcs et les fossés, dans les haies et les garennes, par les rues et sur les places, où les loups les trouvant morts, s'accoutumaient, comme on va voir, à la chair humaine. Il y en avait qui soutenaient leurs misérables jours en faisant bouillir des orties dans l'eau de mer ; d'autres mangeaient lesdites herbes toutes crues, et d'autres dévoraient de la graine de lin, qui leur donnait une puanteur qu'on sentait de huit à dix pas, après quoi ils venaient à enfler et jaunir par tout le corps, et, de cette enflure, peu échappaient qui n'en mourussent. On ne trouvait autre chose que trépassés par les chemins , partie ayant encore la vinette ou graine de lin dans la bouche, partie déjà mangés des loups, et quelques-uns tout entiers, jusqu'à la nuit, qu'ils leur servaient d'aliments, sans qu'ils eussent

LOK-MARIA. 275

d'autre sépulture. Les plus misérables agonisants, presque tous nus, fors quelques drapeaux pour couvrir leur honte , sans logement ni couverture que les hangars ou étaux publics, cherchaient du fumier où ils s'enterraient dedans, grelottant la fièvre, et où toutefois ils n'étaient guère de temps qu'ils n'enflassent fort gros, avec cette couleur qui les faisait incontinent mourir. »

Aliénor ne put supporter un tel spectacle sans verser un torrent de larmes ; elle maudit la guerre civile, sa religion qui en était la première cause, les brigands français comme les brigands espagnols; et quelques jeunes gens moins défaillants que les autres ayant imploré sa charité pour courir chercher des secours à la ville, elle allait leur donner le seul trésor qui lui restât, la croix d'or de sa mère, lorsqu'un de ses guides lui arrêta la main, et rejoignit le paysan au grand cha-

peau. Cinq minutes après, il revint avec une bourse pleine d'or, qu'il remit à la jeune fille, et qu'elle distribua aux plus malheureux affamés...

Au lieu de s'avancer directement par Bodivit et Plomelin, le cortège, sur les informations de ses éclaireurs, fît un détour de plusieurs lieues par le Kosker, Tréogat et Peumerit, et se trouva aux approches de la nuit dans les environs de Pluguffan. Là, de nouvelles misères apparurent aux yeux d'Aliénor, en attendant les périls qui devaient suivre de près. Elle vit de pauvres pen-ty, décharnés par la souffrance et la faim, couverts de haillons moins effrayants que leurs figures, sortir comme des fantômes des taillis et des clos de genêts; se réunir en troupes à l'ombre des talus et des grands chênes, meltre le feu aux ajoncs de la lande pour y jeter un reste de semence , s'atteler comme

LOlv-MARIA. 277

des bêtes de somme à la charrue commune, ou même s'accroupir sur le sol et creuser la terre avec leurs ongles, afin d'avoir quelques grains de blé Tannée suivante, si les brigands n'en faisaient pas manger l'herbe à leurs chevaux ! . . .

Bientôt, à l'heure où l'épouvante descend avec l'obscurité sur la terre, au milieu du morne silence qui absorbait jusqu'aux plaintes de la douleur, le cri sinistre et terrible de la hue du loup retentit sur les hauteurs de Coatfao.

— Arzar-bleiz!... Arzar-bleiz'...

( Arrête le loup ! Arrête le loup ! )

cria d'abord une voix éclatante, à quelques centaines de pas de l'escorte.

Et, répété sur un point plus éloigné, puis sur un point plus éloigné encore, puis multiplié par les conques des pâtres et par les échos successifs, de colline en colline, de

plaine en plaine, de village en village, la formidable clameur remplit toute la campagne, et fut suivie d'un silence plus affreux que celui qui l'avait précédée.

Alors quiconque avait un asile sous le ciel s'y réfugia en invoquant son patron, et quiconque avait un reste de vie à défendre s'arma comme aux approches de l'ennemi.

C'est qu'en effet l'ennemi le plus impitoyable et le plus acliarné de la Cornouaille allait paraître ; celui dont la rage sanguinaire suppléait au nombre, et qui arrivait, après la guerre, la peste et la famine, pour attaquer plus sûrement des malheureux sans force et sans défense...

« Il est impossible, s'écrie le témoin oculaire de ces désastres ; il est impossible de raconter par écrit toutes les pauvretés que nous avons vues et souffertes des loups en ce bas pays ; et s'il était possible de les pou-

LOK-MARIA. 279

voir raconter, on les estimerait des fables et non des vérités. Et combien qu'il semblerait peut-être que, des quatre persécutions, celle des loups était plus évitable; néanmoins c'est chose horrible à réciter, ce qu'ils faisaient de maux !.. S'étant habitués à vivre de chair et de sang humains, par l'abondance des cadavres que leur servit d'abord la guerre, ils trouvèrent cette curée si bonne et appétissante, que dès lors et dans la suite, jusqu'à sept et huit ans, ils attaquèrent les hommes étant même armés, et personne n'osait plus aller seul. Quant aux femmes et enfants, il les fallait bien enfermer dans les maisons ; car si quelqu'un ouvrait la porte, il était le plus souvent happé jusque sur le seuil. Et s'est trouvé plusieurs femmes, au sortir tout près de leurs demeures pour chercher de l'eau, avoir eu la gorge coupée, sans pouvoir crier à leurs maris, qui n'étaient qu'à trois

pas d'elles, même en plein jour!... La paix faite, les portes des villes demeurant ouvertes, les loups s'y promenaient toutes les nuits jusqu'au matin; et aux jours de marché, les venderesses de pain et autres regrattières, qui se levaient matin pour prendre leurs places, les ont souvent rencontrés sur leur route... et ils emportaient la plupart des chiens qu'ils trouvaient sur la rue... Ils blessaient les gens au milieu de la ville ; et sans le secours et cri que l'on faisait, criant au loup, ils les eussent mangés... Ils avaient cette finesse de prendre toujours à la gorge, si faire se pouvait , pour empêcher leurs victimes de crier; et, s'ils avaient loisir, ils savaient dépouiller sans endommager les robes ou habits, ni les chemises même, qu'on trouvait ensuite tout entières auprès des ossements des dévorés...

« Dès le commencement de leur furieux

LOk-MARIA. 281

ravage, ils ne laissèrent dans les villages aucun chien, comme si par leur instinct naturel ils eussent projeté qu'ayant tué les gardes, qui sont les chiens, ils auraient bon marché des choses gardées ; et avaient cette finesse que, quand il y avait quelque mauvais chien en un village et de défense, ils fussent venus en bandes vers ce village , et se fut l'un d'eux avancé jusqu'à bien près de la maison. Les autres demeuraient un peu cachés derrière, comme en embuscade ; celui qui s'était avancé, se sentant découvert par le chien et suivi, se retirait d'où il était venu, jusqu'à ce qu'il l'eût attiré aux embûches, et lors tous ensemble se ruaient sur le chien et le mettaient en pièces... Telles ruses de ces bêles sont à peu près semblables à celles de la guerre, et mirent dans l'esprit du simple peuple une opinion que ce n'étaient pas loups naturels, mais que c'étaient

des soldats déjà trépassés qui étaient ressuscites par la permission de Dieu, pour affliger les vivants et les morts ; et communément parmi le menu peuple les appelaient-ils en leur breton tut-bleiz (1), c'est-à-dire gensloups; ou que c'étaient des sorciers en ce pays, comme en plusieurs autres contrées de la France. Cette dernière raison, ajoute naïvement le chroniqueur, n'eût été hors de propos, attendu que les plus graves auteurs disent que les sorciers sont des anthropophages ou des mangeurs de chair humaine, et surtout de la chair des petits enfants sans baptême. Ainsi, ces cruels animaux, bien qu'ils assaillissent indifféremment tout âge et sexe, les trouvant à leur commodité, néan-

(1) Les Bretons appellent aussi le loup lann-ar-bleiz ( Jeanle-loup. ) Et il y a en Cornouaille, depuis l'époque de la Ligue, mille traditions sur les loups-garous qui se racontent aux (ileries, et dans lesquelles ce vieil ennemi des paysans est personnifié sous les formes les plus diverses et les plus terribles.

LOK-MARIA. 285

moins ils poursuivent avec plus grande fureur une femme grosse qu'une autre... »

Les paotred en eurent sous les yeux T épouvantable preuve, au sortir de la paroisse de Plnguffan. «Une pauvre femme, pressée du mal d'enfant, rentrait de la ville chez elle, lorsqu'à dix ou douze pas de sa porte, un loup fauve et affamé, « montrant ses dents blanches, » semble sortir de terre. En un clin d'œil, la malheureuse est renversée. L'animal lui fend les entrailles, « tire et emporte le fruit, laisse la mère toute palpitante, » et trace une ligne de sang jusqu'au bois voisin. Les villageois qui étaient en avant ne s'aperçurent de rien, mademoiselle du Liskoët elle-même ne vit que le loup, « parce que la victime ne jeta aucun cri ; » et les paotred qui venaient derrière « ne purent arriver assez à temps, tant cela fut expédié promptement, par un seul coup!... »

Et de colline en colline, les échos se renvoyaient toujours la hue lointaine :

— Arz-ar-bleiz ! Arz-ar-bleiz !...

Dans leur empressement à porter secours, les gardiens d'Aliénor l'avaient laissée tremblante, ignorant ce qui venait de se passer ; de sorte que ni eux ni elle ne s'aperçurent que le loup n'était point seul, mais que dix autres têtes, aiguës et menaçantes, écartaient le feuillage des talus.

A peine la jeune fille fut-elle isolée de son cortège, que toutes ces tètes s'élancent à la fois dans l'ombre, et, les crocs découverts, le poil hérissé, les yeux étincelants, sautent au poitrail et au ventre de son cheval... Àliénor pousse un cri perçant, s'accroche à la bride et à la selle, et va tomber sous la dent des monstres , quand un défenseur inespéré vient à son aide. Ce défenseur est un énorme chien qui surgit on ne sait d'où.

LOK-MARIA. m

Plus terrible que les loups eux-mêmes, il les prend à la gorge, en ennemi habitué à cette guerre, il abat d'un seul coup le premier qui lui résiste, en fait autant du second et du troisième; puis, tandis qu'Aliénor éperdue vide les arçons, il se place, rugissant et la gueule ensanglantée, entre elle et les derniers assaillants. Tout cela s'était passé si rapidement, que les paotred n'en savaient rien encore ; et les loups, excités par l'odeur du sang et par l'ardeur de la lutte , semblaient loin de renoncer à la victoire.

C'est alors qu'apparaît un nouvel adversaire, le jeune homme au large chapeau.

L'épée d'une main et la pistole de l'autre, il fond sur l'effroyable troupe, il en frappe et en disperse la moitié, tandis que l'autre moitié s'attache écumante à ses guêtres de cuir, et jusqu'au fer de son glaive. Enfin le double canon de sa pistole ajuste les deux

têtes les plus acharnées, les abat Tune sur l'autre, et met le reste en fuite au bruit de la détonation.

Aussitôt les paotred accourent, et relèvent la jeune fille évanouie. Son sauveur s'assure en frémissant qu'elle n'a aucun mal, et il reconnaît l'heureux hasard qui a secondé son courage, en voyant à dix pas le cadavre du cheval en lambeaux. Sans cette proie abondante livrée à leur aveugle rage, nul doute que les loups, malgré toute résistance, n'eussent dévoré une victime plus délicate !...

Au bout de quelques instants Aliénor revient à elle;... un nouveau cheval la reçoit sur ses reins dociles ; une main sûre le conduit par la bride ; le chien et le paysan libérateurs disparaissent, et la troupe reprend sa marche en serrant les rangs, tandis que les échos répètent toujours le signal formidable : — Arz-ar-bleiz ! — Arz-ar-bleiz !

LOK-MARIA. -287

Cependant la confiance a succédé à la terreur chez la jeune fille, car elle a cru voir les cheveux blonds de Lestialla flotter sous le large chapeau de l'inconnu —

L'escorte dut s'arrêter à Coatfao pour y passer la nuit , et la plus périlleuse épreuve lui restait encore à subir. Après quelques heures d'un sommeil agité, Aliénor fut réveillée, au point du jour, par des cris farouches et un grand cliquetis d'armes. Des détonations de mousquets et d'arquebuses s'y joignirent bientôt, et elle sentit qu'un combat se livrait autour de sa demeure. Elle resta pâle, immobile, agenouillée près de son lit, jusqu'à ce que le bruit cessât de se faire entendre... Alors, seulement, elle s'approcha tremblante d'une fenêtre ; mais elle recula bientôt d'horreur et d'effroi. Dans une lande voisine, que l'ombre avait dérobée la veille aux yeux des paotred, une multi-

tude de cadavres étaient étendus sur l'herbe ensanglantée, les uns déchirés ou percés de blessures militaires, et les autres portant les marques des plus abominables supplices ; ceux-ci brisés dans tous leurs membres à coups de pioche ou de marteau, ceux-là enfouis dans la terre jusqu'à mi-corps et sciés en deux, quelques-uns se tordant encore dans les convulsions de la soif et de la faim, la plupart environnés des instruments de torture qui avaient prolongé leur agonie. A l'affreuse pancarte qui dominait ce spectacle, et qu'elle avait déjà vue sur la route de Concarneau : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit , guerre aux vivants, paix aux morts. Ainsi soit-il! Aliénor reconnut le passage de La Fontenelle , et on lui apprit ce qui était arrivé. Le sanglier de la Cornouaille était venu les jours précédents à Coatfao, dont il avait pris et pillé le manoir, et

LOK-MARIA. 280

laissé les défenseurs dans l'état qu'on a vu. Informé durant la nuit, par ses espions, qu'un nouveau butin, qu'une demoiselle de haute naissance et de grande beauté, l'attendait sur le théâtre de son premier exploit, il avait attaqué les paotred au point du jour, avec une petite troupe ; mais il avait bientôt vu qu'il comptait sans ses hôtes. Ceux qu'il croyait surprendre l'avaient surpris luimême, l'avaient enveloppé de leurs bandes nombreuses , et l'avaient fait prisonnier. Aliénor reconnut le brigand à sa taille gigantesque, à son panache noir, à son pourpoint brodé d'or, et surtout à la rage qu'exprimaient ses gestes et ses regards. Il était debout et garrotté au milieu de ses victimes, sous la garde de vingt paysans, dont quelques-uns tenaient un cheval par la bride. La Fontenelle fut attaché par les pieds et par les mains sur ce cheval, et conduit ainsi h. *»

290 ALÏÉNOR.

en tête du cortège... Au même instant les paotred amenèrent à mademoiselle du Liskoët une riche litière, et lui offrirent, de la part du vainqueur de La Fontenelle , un écrin de diamants enlevé au bandit... Aliénor prononça involontairement le nom de Lestialla, les paotred sourirent sans répondre, et l'escorte se remit en marche.

Deux heures après, Aliénor était installée près du prieuré de Lok-Maria, dans la même chambre où elle avait passé les plus paisibles jours de sa vie, et la sœur converse qui devenait sa gardienne et sa servante, lui remettait une lettre ainsi conçue :

« Je vous ai enlevée à votre père, mais je « vous confie à Dieu ! Libre catéchumène, vous « serez ici comme ma sœur, et je serai près de « vous comme un frère, jusqu'au jour où nos « destins s'accompliront. Sans moi, Rustéfan « serait aujourd'hui votre prison, et peut-être

LOK-MARIA. 291

« votre tombeau. J'espère avoir rempli les vote lontés du ciel, de votre mère et de votre « cœur. M. le baron est à quelques pas de «c vous dans Kemper, avec l'armée royaliste. « Vous aurez tous les jours de ses nouvelles, « et il aura tous les jours des vôtres. Le sort « des combats va décider entre sa cause et « la mienne ; priez pour celle qui doit nous « sauver tous en sauvant la Bretagne , et si « vous pardonnez à celui qui vous a sauvée « vous-même , dites-le-lui par un seul re~ « gard. »

Aliéner se retourna en tressaillant. La religieuse venait de sortir, et Lestialla se tenait debout sur la porte...

C'était le moment des explications et des aveux... Ils furent aussi touchants qu'irrévocables. Mademoiselle du Liskoét apprit qu'elle avait devant elle le plus terrible ennemi du roi de France, le célèbre chef des paroisses

kernewotes, l'homme que son propre père appelait un brigand, en un mot Mor-Vaniel le Ligueur!... Et quand Mor-Vaniel demanda à la jeune Bretonne si elle maudissait aussi le défenseur de la vieille Bretagne, il emporta pour réponse et pour gage la croix d'or de madame du Liskoët...

A partir de ce moment, Aliénor revit tous les jours celui qu'on appelait « son frère, » et dont la respectueuse tendresse méritait, en effet, ce titre. Quand elle cessa de le voir, elle reçut chaque matin les nouvelles qu'il lui avait promises, et une semaine entière se passa ainsi.

Or, durant cette semaine, la voix maternelle parla plus puissamment que jamais, dans la solitude, au cœur d' Aliénor. La lettre de la baronne et les instructions du recteur de Pont-Aven furent l'objet de toutes les méditations et de tous les rêves de la jeune fille.

LOK-MARIA. 293

Plus d'une fois, entraînée par les paroles de sa pieuse gardienne, et par le son de cloche du couvent, la catéchumène pénétra, tremblante d'une émotion inconnue, dans la petite église du prieuré... Là, au souvenir de son baptême catholique, elle se baptisa elle-même de ses propres larmes, et se sentit chaque jour plus rapprochée de Dieu... Là surtout, cachée parmi les fidèles du village, elle ne put voir sans attendrissement, et quelquefois sans envie, sa cousine passer et repasser dans le chœur de la chapelle, derrière la grille qui les séparait encore...

Cependant une grande nouvelle qu'on lui annonça l'empêcha de se faire reconnaître à Blanche... Celle-ci allait prendre l'habit et prononcer le vœu des Bénédictines le dimanche suivant, le jour même où monseigneur Charles du Liskoët, profitant d'une trêve de vingt-quatre heures entre les Ligueurs et les

Royaux, ferait à Lok-Maria et à Kemper sa première entrée épiscopale. Aliénor ne voulut pas troubler l'âme de sa cousine, au moment où celle-ci allait se détacher du monde ; mais elle demanda à la sœur converse une place au chœur, pour assister au vœu de mademoiselle de Tré-Anna.

Le samedi soir, monseigneur du Liskoet, selon le cérémonial observé depuis des siècles, vint avec sa suite demander l'hospitalité au couvent de Lok-Maria. La prieure lui accorda cette faveur, mais en s'emparant de son riche manteau, comme elle en avait le privilège. Ensuite elle se fît apporter un plateau et une aiguière, et proposa à l'évêque de lui laver les mains et le visage ; l'évêque accepta cet honneur, et donna au couvent ses gants et sa mitre, pour être joints à ceux de ses prédécesseurs. Le lendemain matin, la prieure entra dans la chambre de son hôte, et

Page 1