L. Manesse. Les paysans él leurs seigneurs, p
de | DE Te
croyable de bêtes sauvages qui l’environnaient, il au+ rait pu améliorer son ordinaire avec grande facilité. Qui voudrait pourtant garantir que, dans ce temps, comme dans le nôtre, il ne sc trouva point quelques hardis braconniers, paysans matois et rusés, faisant fi de toutes les défenses, bravant toutes les menaces, aimant mieux risquer la corde que de laisser lièvres et lapins brouter trop à leur aise le thym et le serpolet. Les campagnards n'ont certainement pas attendu la fin du xvir° siècle pour inventer les collets et goûter aux gibelottes ! \
Si le paysan mettait quelquefois la poule au pot ou à la broche, il ne lui était point permis, et pour cause, de
traiter les pigeons de même façon. Ces derniers étaient
pourtant assez nombreux, trop mème, puisque les eul-
tures en pâtissaient, mais ils n’appartenaient pas au paysan. Jacques Bonhomme avait le droit d'élever des volailles, par contre défense lui était faite de s’occuper des pigeons, et des peines aussi sévères que celles qui régissaient la chasse lui étaient réservées s’il outrepassait cette interdiction. Dans la coutume de Normandie, fort restrictive à cet égard, aucun roturier ne pouvait ambitionner d’avoir un pigeonnier, car c'est une marque de maison noble. Salvaing ajoute à ce sujet qu’il ne doit pas être permis au roturier de faire de la chair de pigeon les délices de sa table, ni de gaspiller ses grains à la nourriture de ces oiseaux, d'autant qu'ils fuient les maisons basses et malpropres du paysan (1). On s'explique dès lors que ces volatiles fussent
© 1, La Rénoxnière, Les charges des paysans avant 1789,p. 107.