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. l'objet d'une sollicitude toute particulière, Henri IV les
défendit par une protection effective consistant à punir d'une effroyable amende de 20 livres et même du fouet, ceux qui s'étaient laissés aller à tirer sur les pi-
geons qui à cette époque s’abattaient par milliers, dévo-
” rant tout sur les champs ensemencés. On ne pouvait
les tirer mème sur ses propres terres, et des paysans se virent condamner au fouet pour trois jours et même aux galères pour ce crime (1). Ainsi, les pigeons comme le gibier, devaient être regardés par le manant comme chose sacrée ; il ne lui était permis ni de .se défendre contre eux ni de se nourrir de leur chair. Des plaintes les plus vives se firent entendre sous le règne de Louis XIV contre l'extension des colombiers. Colbert s'en émut et résolut d'arrêter la multiplication prodigieuse des fuies qui devenaient un véritable fléau pour le paysan. Cependant les nombreuses plaintes insérées dans les cahiers de 1789 montrent assez que les mesures prises ne furent pas d’une grande efficacité. Le paysan jouissait-il d'une plus grande liberté pour la pêche ? Malheureusement non. Elle était souvent soumise aux mêmes réserves ou à des privilèges aussi onéreux pour le cultivateur. En vertu de ces droits, le justicier pouvait créer des étangs pour la pèche, par le barrage des cours d’eau, au risque de convertir les ter-
rains supérieurs en marécages insalubres, de perdre
1. Guxor. /nstilut. féodales, VI, 821. Les lois sur la chasse semblaient partout protéger les bêtes, comme si elles étaient des hümmes, et poursuivre les hommes comme s'ils étaient des bêtes !
Pichot 5)
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ainsi pour la culture descantonstout entiers. La France d'autrefois était parsemée d'innombrables étangs que l'on appelait garennes d’eau. Il en existait un grand nombre dans les domaines des grandes abbayes et leur exploitation en était fort bien entendue. Au peuple, au paysan, étaient réservés les poissons inférieurs,les barbillons ; les grenouilles lui étaient aussi dédaigneusement abandonnées. Les bourgeois se contentaient de la perche, de la tanche et du barbeau. Quant aux riches, ils avaient les carpes, les brochets; les saumons, les truites ; toutes les meilleures espèces des étangs et des rivières leur étaient destinées.
Il est vrai qu'à l’occasion l'étang voisin pouvait fournir au paysan quelque beau poisson qu'il n’eût pas été prudent peut-être de laisser surprendre par le seigneur ou ses gens de justice. * |
Le poisson constituait déjà autrefois le régal ordinaire des populations maritimes. Vu la durée et les difficultés du transport les populations de l’intérieur ne pouvaient guère s'offrir de poisson frais. Heureusement, sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée, on connaissait l’art de saler le hareng pour le conserver, Le hareng était le plus accessible de tous les poissons pour la bourse de l’homme de labeur. Il jouait un rôle assez considérable dans l'alimentation du peuple. Un laboureur recevait souvent pour sa journée « un pain de petit poids, un gallon de cidre ou de bière, cinq œufs et un hareng » (1). C'était lui que l’on donnait