Correspon. de Grimm et de Diderot, IX, p
2,« Dansle Maine, l'Orléanais,en Normandie, en Ile-de-France, point n’était besoin d’opposer de barrières à l’envahissement des ceps: ils se retiraient: d'eux-mêmes ; leur rendement était trop faible, une vingtaine d'hectolitres à l’hectare dans le bassin de la Seine, le vin obtenu ne rapportait souvent pas plus que les céréales et coûtait beaucoup plus à produire » (Georges d’Avenel,
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buvaient de la bière et du cidre. Pour ces deux boissons, surtout pour le cidre dont la consommation en France est plus récente que celle du vin, les observations recueillies remontent moins haut. De même que pour le pain, l’avoine jouait un grand rôle dans la fabrication de la bière. La bière ou cervoise faite avec cette dernière céréale était consommée par la classe pauvre parce qu'elle était moins chère que la cervoise fabriquée avec l'orge et le blé. Au xvr° siècle et au xvur° siècle la cervoise était encore d’un usage populaire dans la Haute-Normandie, surtout dans la généralité de Rouen. Une circonstance donne l'idée de l’importance relative de cette dernière boisson en Normandie. L’impôt jusqu'à un moment avancé du xvi' siècle néglige le cidre. Il frappe au contraire la cervoise et la bière comme produit de grande consommation, La fabrication de la bière est représentée par de nombreux brasseurs et donne lieu à d'importantes corporations.
Dans les provinces du Nord, la bière jouit d’une plus grande vogue encore. On peut dire quelle en est la principale boisson. Dans les Flandres, elle est tellement appréciée, qu’un voyageur raconte avoir vu susprendre au cou des enfants à la mamelle, une grande bouteille en forme de biberon et remplie de bière, afin de les habituer de bonne heure à ce breuvagé (1) ! Au xvrrr: siècle la bière de Cambrai était réputée la meilleure de France.
Le fermier fait ordinairement sa provision de bière.