D'Héricaurr, Les Mémoires de mon Oncle
2, De Carowxe: La Vie agricole dans le Nord de la France, 229:
3, Idem, 220.
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QUE seroir à la portière sur des soucoupes d'argent (1). » Les habitants de nos campagnes en font aujourd’hui une consommation remarquable.
En résumé la nourriture des cultivateurs et des manouvriers de l’ancien régime, fournie directement par les produits du sol, participait de la nature de ces produits, sans être excessive ou insuffisante dans les années ordinaires. Un Allemand qui parcourut la France au commencement, du xvrr siècle ne pouvait assez s'extasier sur la richgsse de ses productions. Il admire ses bois et ses pâturages servant à faire paître le gros et le menu bétail, la quantité de viande, de lait, de beurre, de fromage, de laine qu'ils produisent. Il signale l'abondance de la volaille et du gibier et s'exprime ainsi dans son journal: « Si l’on consommait dans un an dans les autres pays, le même nombre de chapons, de poules et de poulets qu'on fait ici disparaitre en un jour, il serait à craindre que l’espèce n’en périt (2). » Ce tableau, qui s’appliquait à l’ensemble de la France, pouvait être vrai sous Louis XIV dans quelques cantons où la défaut des communications maintenait l'abondance et le bon marché des vivres: «Le gibier, la volaille, la chair de boucherie, dit un voyageur, étaient donnés presque pour rien en Bretagne, un veau bien gros el gras n'était vendu que trente sous (3). » En pareil cas,
le paysan, s’il ne s’enrichissait pas, consommait lui-
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1. Dictionnaire du commerce, édition de 1741. 9, Zorocus Sixcerus (Just Zinzerling). Voyage dans la vieille
France.