Janvin Dé RocuerortT. Voyage d'Europe, p
PIE même ce qu'il ne pouvait vendre. Au xvur' siècle, Voltaire parlera de « l’affluence des nourritures excellentes » que les campagnes apportent à toutes les villes de France. L’étranger, dit-il, est étonné de l'abondance qu'on y trouve (1). Lorsque Gœæthe pénétra dans l’Argonne, en 1722, à la suite des armées allemandes, il se prit un jour de pitié pour deux jeunes garçons âgés de quinze ans qui avaient été réquisitionnés pour lui fournir des chevaux. Il voulait partager avec eux le pain de munition dont il se nourrissait; ils le refusèrent, et comme Gœthe leur demanda ce qu'ils mangeaient à l'ordinaire, ils répondirent: « de bon pain, de bonne soupe, de bonne viande, de bonne bière. >» Et Gœæthe ajoute: « pain blanc, pain noir, est le véritable schibboleth, le cri de guerre, entre Jes Allemands et les Français (2).»
Après avoir passé en revue tous les aliments que Jacques Bonhomme pouvait se procurer, selon ses ressources, il nous faut dire quelques mots sur sa manière de vivre et examiner s’il fût toujours en possession du bien-être qu'il méritait par son travail, son
courage et son opiniâtreté.
1. Dictionnaire philosophique, au mot Population. 2. Gœrné. Campagne de France,