Quatre assiettes de faïence-laboureur
aux personnes de distinction que les paysans reçoivent et aux fêtes de village (1). Fabriquées spécialement pour eux, ces pièces de céramique populaire, avec leurs fleurs, leurs coqs et leurs personnages peints en couleurs crues sur un émail brillant, éclairent de leur aspect gai l’intérieur sombre de la chaumière. Comme lesbouteilles, les verres sont rares ; chezles laboureurs etchez les vignerons dans l’aisance, on trouvait des timbales d'argent. Mais ces dernières étaient cependant plus difficiles à rencontrer que les gobelets de bois. Il y avait peu d’argenterie dans les campagnes. Outre les timbales, on trouve dans beaucoup de pays des tasses d'argent, qui servent particulièrement à goûter le vin et qui sont quelquefois façonnées en forme de gondole. Maïs d'ordinaire les cuillers sont d’étain; les fourchettes sont d'acier ou de fer. Il y a des manouvriers qui ont vingt-trois fourchettes et quinze cuillers. Manger la soupe avec une cuiller était une expression proverbiale pour indiquer un certain degré d'aisance. Peu ou point de couteaux; chaque convive sans doute apporte le sien. On ne trouve de couverts d'argent, et encore en petit nombre, que chez les gros fermiers, les curés qui ne sont pas réduits à la portion congrue, et quelques juges seigneuriaux d'ordre supérieur. N'oublions pas deux meubles se rattachant à l'alimentation et qui sous l’ancien régime occupaient une place prépondérante dans le foyer domestique: le banc à sel, sorte de meu-
ble à base carrée où l’on enferme la provision de sel