Vauban, dans la Dime royale, nous apprend qu’en
les paysans ne travaillaient qu’à demi, de peur que si leur terre
était bien fumée, bien cultivée, on n’en prit occasion d’augmenter leurs impôts, Louis XIV fit brûler la Dime royale par le bourreau,
Enfin, un nouveau produit, la pomme de terre, a beaucoup augmenté les ressources alimentaires du paysan. |
On connaissait bien au xvirr° siècle cette précieuse solanée, puisqu'on la cultivait dans les provinces de l'Est, mais elle ne servait qu’à l'alimentation du bétail. Jusqu’alors le paysan imbu de sots préjugés n'avait point voulu s'en servir pour son propre usage. Étant donné l’entètement etsurtout l'ignorance de ce dernier, ce ne fut pas chose facile pour Parmentier, à cette époque, pharmacien major des Invalides, de faire pénétrer sur Ja table du villageois ce végétal dont il attendait tant de bien. Mais grâce à sa persévérance el à l'appui que lui fournit la Cour il arriva au résultat qu'il s’était proposé. Le paysan se voyait doter d’un produit qui allait lui rendre les plus grands services et le mettre à l’abri des disettes que ses aïeux avaient malheureusement trop souvent éprouvées. |
Depuis cette époque, la parmentière joue un très grand rôle dans l’alimentation du paysan ; avec le blé elle occupe le premier rang. Dans tous nos départe- ments on la cultive en si grande quantité qu'elle fait à elle seule l’objet d’une récolte qui, quoique bien moins importante que celle des céréales n’en est pas moins considérable. Elle apparaît journellement sur les tables de nos villageois plutôt deux fois qu’une et forme avec le blé la base de leur alimentation.
Toutes les contrées également, la cultivent en grand. En Irlande, quand le précieux végétal ne donne pas
une année, la famine éclate immédiatement. Durant la
première moitié du x1x° siècle, la malheureuse Irlande a vu bien des fois se renouveler ces catastrophes dont la place eût été plutôt au Moyen-âge qu'à notre époque.
Privé de la pomme de terre dont ne pourraient plus se passer ses descendants d'aujourd'hui, que pouvait donc manger Jacques Bonhomme durant les derniers siècles ? Quels sont les aliments qui, avec le blé, quand ce dernier ne manquait pas, paraissaient sur sa table.
Il nous a paru intéressant de faire de cette question
le sujet de notre thèse ; mais nous n’en traiterons que .
les grandes lignes, laissant à d’autres plus autorisés le soin de l’approfondir. Nous dirons aussi quelques mots de la vie privée de ce même paysan de l’ancien régime : vie privée et alimentation étant étroitement unies, la première englobant l’autre.
« Tâche ardue, dont on ne saurait se dissimuler les difficultés ! La lumière de Phistoire n'éclaire d'ordinaire que les sommets, laissant dans l’ombre les profondeurs où le travail s’abrite. :
« Le rayonnement de Versailles empêche de voir, à partir de Louis XIV, le reste de la France. Sur Versailles et la Cour, les mémoires et les documents abondent ; les historiographes en ont retracé les plus petits événements,et les moindres gestes des princes et des ministres ont été relevés, décrits el commentés. On peut | arriver aussi à reconnaitre la vie administrative des provinces et des villes, en fouillant les archives, en allant chercher les histoires locales dans l’oubli qui les enveloppe trop rapidement ; mais la vie intime, la vie de famille, surtout celle des petits et des humbles, n’a