LAS ES
point d'historiographes, n’a point d’archives. Si l’on ouvre les histoires des villages, on y lit, la plupart du temps,la généalogie des seigneurs qui les ont possédés, et s’il y avait une abbaye, la description de cette abbaye et la liste de ses abbés, sur les paysans presque rien ; la mention de quelques procès soutenus par la communauté, la nomenclature de quelques syndics, là quotité des impôts royaux et des charges seigneuriales. Rien de plus ; la vie matérielle et morale a échappé
aux recherches, tant les documents écrits sont rares,
tantles traditions locales disparaissent rapidement(1)! »
De nos jours seulement quelques historiens consciencieux se sont appliqués à combler cette lacune. Il leur a semblé, avec juste raison, que la chaumière avec sa vie privée si mal connue, si mal étudiée surtout autrefois, était aussi digne d'attirer l'attention que le château, son orgueilleux voisin. Le paysan sur qui s’accumulaient toutes les charges, n’a-t-il pas contribué, comme le seigneur, à la grandeur de la France ! N'est-ce pas lui, le travailleur de la terre, qui fut le fonds même de la population et qui pendant des siècles nourrit toutes les autres classes ? Tout cela ne mérilait-il pas que l’on écrivit son histoire ?
{. Azserr BAgeau: La Vie rurale dans l’ancienne France, II.