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quenouille s’en ressentent, l’écreigne même est en danger. On s'effraie, on crie : les garçons qui sont toujours aux aguets, quærentes quem devorent, entrent sous prétexte d'éteindre le feu (1)...»
À certaines fêtes religieuses, la famille a ses réjouissances ; tandis que la bûche de Noël pétille au foyer, on célèbre le réveillon, avec les châtaignes et le vin blanc ; l'on tire les Rois au milieu des cris de joie et, le jour de Pâques, le maître de la maison distribue à tous les siens des œufs teints de diverses couleurs. En Bourgogne, on égorge le porc à la Saint-Martin, en tâtant les vins nouveaux ; à d’autres jours on fait la traditionnelle tourte au fromage, et les familles festinent les unes chez les autres (2).
Les poètes du xvi‘ siècle n’ont pas, comme ceux du xvir et du xvin', l'horreur du mot propre et l’amour de la périphrase ; on peut donc trouver chez eux des peintures exactes et précises de la vie rurale qu’on ne rencontre plus dans les pastorales plus rapprochées. Certains poètes du xvr siècle ont cherché avant tout, la vérité ; c’est pour celte raison que nous donnerons des extraits d’une œuvre du sieur de Pybrac,
dans laquelle il décrit les principales occupations d’un
1. Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions, belleslettres, beaux-arts, ci-devant établie à Troyes en Champagne ; 3e édit., 1768, p. 109, 115. Ces mémoires sont attribués à André Lefèvre et à Galey. (Azserr Raseau: La vie rurale dans l’ancienne France, p. 218.)
2, Créné, Verrien-la-Boussole, Bulletin de la Société archéo: logique de Sens, XI, 398.
votre
ménage de paysans et où il nous monire la ménagère
va quant à la préparation du repas. Nous reproduisons
les passages les plus caractéristiques, rejetant tout ce Ë De ete L Re
qui nous éloignerait par trop de notre sujet (1).
Après un préambule trop long sur le plaisir des”
champs, il nous montre le paysan, se levant dès le point
du jour à l’époque des moissons : |
Adonc sur le matin, quand il entend passer
Se voisins, qui s’en vont la javelle amasser
Dedans le champ coupé, au lict point ne s’amuse ; Aiïns-d’un saut se levant, sa paresse 1l accuse ; Esveille Marion, qui ronflant reposoit,
Et voudrait bien encor dormir si elle osoit :
Il la haste d'aller; elle enfin prend courage : Et d’un désir égal se met à son ouvrage,
Se coiffe promptement, ne lui chaut se parer...
… Au point du jour s'en va dans son jardin eueillir Des choux ou des pourreaux pour les mettre bouillir; Après dans son mortier un peu de safran broye
Et tire du charnier un petit morceau d’oie :
Jette tout dans le pot qu'elle met sur le feu,
Du vent de son poulmon allumant peu à peu
Les bûchettes qu’elle a ès taillis amassées,
Et pour les mieux porter, en faisceaux entassées.
Mais avant que vouloir couper de son cousteau,
Le pain déjà rassis où le tendre tourteau,
1. Ce petit poème, publié en 1575, chez Frédéric Morel, à Paris, est assez plat, Mais il contient des traits peints sur le vif, I fut interrompu par la douleur que causa au sieur de Pybrac
la mort de son fils.
Joignant ses noires mains à deux genoux se Jette,
Fait sa prière à Dieu qui point ne la rejette.
Ce qu'elle lui demande c’est :
.… Que sa bonté daigne en toute saison
En douce paix tenir sa petite maison...
Que leurs enfants communs les tavernes hanter
Ne vueillent, ne jamais les truans fréquenter :
Que la fille qui ja preste à mary se montre,
Avec petite dot, par heureuse rencontre,
En honneste maison ils puissent héberger
Chez quelque laboureur ou chez un bon berger : :
Que l’usurier meschant, qui dès longtemps aguigne
Et hume de ses yeux le closeau de leur vigne,
En ses papiers journaux ne les puisse accrocher :
Ou le soldat larron, qui pille et qui saccage (1)... Ayant ainsi prié des deux mains elle coupe
Des tranches de pain bis pour en fairela souppe,
Y meslant quelque peu d’un fromage moisi
Qu'entre plusieurs elle a dans la paille choisi,
Propre pour au brouet donner saveur et poincte
Et pour renouveler la soiffe déjà esteinte :
Puis prend le pot en main, le rince de clair eau,
Par un degré tremblant dévale en son caveau,
D'un muy presque failly, qui à peine dégoutte,
Enfin son petit pot elle emplit goutte à goutte ;
Hastive s’en reva ià-haut, où sur un aiz
De ce sobre disner dresse l’unique mets,
Le charge sur son chef, et courant d’allégresse
Va trouver son mary que la faim déjà presse ;