‹ Alimentation du paysan: Sous l'ancien RégimeChapitre 47 sur 53 · Lettres de feu M. Guy Patin, I · texte numérisé non relu

Lettres de feu M. Guy Patin, I

2. Bourqueror, 11, 223, 3. Mne pe Sévicxé, Lettre du 9 juin 1680,

Les troubles de. la Fronde avaient porté un coup fatal aux réformes agricoles de Sully. Colbert trouva le trésor vide. Depuis que les seigneurs et l’armée pillaient peut-être un peu moins, les agents du fise semblaient avoir pris à tâche de les remplacer, la main royale couvrait tout, mais on ne la sentait guère que par la griffe du fisc. Rien ne peut peindre la terreur profonde.que le nom seul de gabelle répandait dans les campagnes. C'était pour les paysans un être réel, un vampire insatiable, ils lui avaient donné un corps, comme à.ces fantastiques visions qui peuplent les ténèbres pour l’enfant ignorant et peureux.

Les commis des aides et le collecteur étaient redoutés du campagnard.

Tous les jours au milieu d’un champ Par la chaleur, par la froidure, L'on voit le pauvre paysan Travailler tant que l’année dure,

“ Pour amasser par son labeur

De quoy payer le collecteur !

On peut lire ces mauvais vers, rédigés en style de complainte; ils dépeignent au xvuir: siècle la situation du paysan, qui, ne fut souvent allégé des obligations seigneuriales que pour retomber sous le poids plus écrasant des impositions royales.

La récolte de 1692, manqua par la persistance des

pluies : « On vit les marchands reprendre aussitôt tou-

tes leurs allures ordinaires... pour faire renchérir les grains (1)... »

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