‹ Alimentation du paysan: Sous l'ancien RégimeChapitre 50 sur 53 · Journal de l'avocat Barbier · texte numérisé non relu

Journal de l'avocat Barbier

- 2, Journal de d'avocat Barbier. Tandis que la cour recevait de riches pots de vin des traitants, pour leur livrer la ferme des impôts (Journal de l'avocat Barbier, IV, 360, 396) qui leur

De nouveaux édits sont promulgués en juillet 1769. « Tout le monde manque partout de pain dans les cam-

pagnes », affirme la Correspondance de Grimm et Didé-

rot (janvier 1770).

Plus tard la mauvaise récolte de 1788 contribue beaucoup au mécontentement général qui précède la Révolution de 1789. Elle fut une des causes de son explosion : elle inspira les plaintes de certains cahiers des

bailliages et des paroisses : « Le sort des gens de tra-

permettait d’écraser Jacques Bonhomme sous leur pression impitoyable, et tandis que le clergé refusait victorieusement de contribuer aux charges publiques, le pauvre paysan trouvait encore une goutte de sang qu'il offrait à la France épuisée. En 1758, pendant la guerre de Sept Ans, les Anglais après avoir dévasté la Normandie étaient allés faire une descente sur les côtes de Bretagne. Ils débarquèrent dans la baie de Cancale et pillèrent Saint-Servan ; ils descendirent ensuite dans la baie de Saint-Cast, Ils étaient 12.000 à 13.000 hommes auxquels le duc d’Aiguillon n'avait à opposer que des volontaires bretons, quelques nobles et beaucoup de paysans. A la bataille de Saint- Cast, les Anglais furent repoussés par les courageux gars.

Il y eut un épisode touchant : Des Écossais s'avançaient dans la plaine, animés par les accents de leurs cornemuses. Les Bretons marchent contre eux, soutenus par les chants de leurs binious, Tout à coup, et avant qu'un seul coup de feu ait été échangé, les deux troupes ennemies s'arrêtent, les cornemuseux d'Écosse et les sonneurs de binious bretons jouaient le même air [... Sans doute, au dernier siècle, des Bretons chassés par la révocation de l'Édit de Nantes avaient peuplé quelques cantons de la sauvage Écosse, emportant avec eux les chants de la patrie. Les enfants de la mère commune venaient de se reconnaître, ils fraternisèrent sur le champ de bataille, et le soir venu, s’en retournèrent, les uns vers leurs vaisseaux, les autres vers leurs chaumières (BonnemèRE).

vail, écrivent les villageois du Vermandois, est à peu près le même partout ;ils ont à peine du pain à mangé et de l’aux à boire et de la paille pour se coucher et un réduit pour se loger ; leur étatest pire que celuy

des sauvages de l'Amérique. »

Les tailles, les aides, les corvées atteignent et harcèlent le paysan. A certaines époques, surtout à la fin

du règne de Louis XIV, les impôts sont accablants :

Le comble des impôts fut un pesant fardeau Mais trop heureux encore on nous laisse la vie,

écrit sur son registre paroissial un bon curé de village du Maine, témoin des misères, écho des plaintes de ses paroissiens ! De toutes parts les agents du fisc et des tailles réclament l’argent du cultivateur. Pour le rendre heureux, il faudrait qu'on « retirât de dessus son territoire ces vampires errants appelés porteurs de contraintes, archers de corvée (1)... » Il faudrait qu'il ne fût jamais obligé de vendre ses bestiaux pour payer ses tailles (2).

« Nous ne tondons nos brebis qu'une fois l’an, disent les paysans ; nous sommes, nous, tondus bien des fois ; nous le sommes par le décimateur, par le seigneur, par le collecteur des tailles, par les gens de guerre et le plus souvent et le plus près par les gens

de justice (3). »

1. Le marquis pe MiraBeau. L’Ami des hommes, 1, 227, Hisloire des paysans, HI, 118.

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