Mowrer. Histoire des Français des divers États. — Les
L'impôt réduit dans de trop fortes proportions le produit des récoltes et du travail du cultivateur, et rend pour lui l’épargne difficile. Et cependant le paysan luttera : doué d’une infatigable ténacité, rien ne l’arrètera : ni l'excès des dîmes et de certains droits féodaux : « Il y avait encore, dans les anciens villages, une autre espèce de grand château ou de grand bâtiment qu'on appelait la grange dimeresse, où, suivant les saisons, les villageois amenaient des agneaux, des veaux, des pourceaux, des chevreaux, apportaient des oïisons, des dindons, des poulets ; apportaient des gerbes, des raisins, que sais-je ? apportaient de la laine, de la farine, des châtaignes, du gland, des fruits, que sais-je ? du foin, du bois, que sais-je ? apportaient les dîmes blanches, les dimes vertes, que sais-je ? les dîmes des pois, des lentilles, des fèves, des millets, des dragées, que sais-je ? Mais n'est-ce donc pas assez (1) ?
Le paysan continuera à travailler malgré toutes les
gens de loi furent souvent les sangsues de l’homme de yillage. Dans le Limousin, certains paysans disaient dans leurs prières: « Délivrez-moi de tout mal et de la justice. » (J.-J. Juge, p.128.) Ils étaient les auxiliaires rapaces de l’usurier de la ville, qui dans les années de gêne lui prêtait de l'argent à 10 0/0 au moins, (F. Poumerol, Discours sur une pourmenade, 1631t,— Fournier, Var. lust., VI, 160.)
On pouvait voir s'abattre sur un pauvre mobilier, pour l’inventorier, quatre hommes de loi, le juge, le procureur fiscal, le greffier et le sergent priseur, et après l'avoir estimé à la somme totale de 23 livres, prélever sur cette succession infime 18 livres pour honoraires, (Inv. de 1780, Arch, judic. Aube,n° 1315.)