‹ AliscansChapitre 20 sur 33 · I. Tirade LXXVI · texte numérisé non relu

I. Tirade LXXVI

P RÉFACE.

de l^expédition qui s’apprête, de l’armée qui s’assemble, de Guillaume, ce héros tant vanté, qui doit en être le chef et la conduire en Aliscans. Le son des instruments guerriers qui retentissent bientôt à son oreille achève de le mettre hors de lui. Il pleure, il selamente sur l’abaissement dans lequel il croupit. Puis , quand il apprend le départ de l’armée, il n’y tient plus, va trouver Guillaume et le supplie de l’emmener avec lui. Sa requête est d’abord des plus humbles. Il s’offre à tout faire, à garderies équipages, à préparer le manger et, en un besoin, à donner de rudes coups. Guillaume fait mine de résister : « Que viendrait faire^ à la guerre un truand, hôte de la cuisine , qui ne sait pas souffrir, qui n’a fait jusque là que manger, Doire et dormir? » A ce coup d’aiguillon Rainouart tressaille. Il insiste, le prend plus haut, sur un ton plus noble, et Guillaume se rend à sa prière.

Il y a de l’art, au fond, dans ces premières scènes du rôle de Rainouart , un art visible et qu’on ne saurait nier. Cet art se manifeste jusqu’au bout, mais inégal, parfois malheureux dans le choix de ses moyens et dépassant le but pour vouloir trop bien l’atteindre. La tâche, à tout prendre, n’était point aisée. Il s’agissait, d’une part, de montrer que bon sangnepeul mentir (>), et, de l’autre, qu’on ne tombe point dans la boue sans en garder des souillures. C’est là évidemment que l’auteur a visé. Rainouart est fils et frère de rois ; il l’a oublié trop longtemps ; il se le rappelle enfin, et fait graduellement des efforts pour remonter au rang suprême d’où il est dé-

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