‹ AliscansChapitre 21 sur 33 · I. Voyer ci-après, p. 147, v. 10 à · texte numérisé non relu

I. Voyer ci-après, p. 147, v. 10 à

Pré FACE.

Ixvj

chu. Mais tout jeune il est tombé en servitude, dans des emplois abjects, dans les habitudes les plus basses , et de là un fardeau moral plus difficile à soulever que son lourd linel ; car, comme le lui dit Guillaume :

Puis ke H hom se prent à truander, Malvaisementse puet puis déporter [i).-

C’est-à-dire ou à peu près ; dès qu’on se prend à faire le truand, on est en bien mauvais chemin et l’on court risque de n’en point sortir. Aussi Rainouart, même après les exploits qui semblent en avoir fait un autre homme, n’est-il pas entièrement transformé. Il retournera volontiers à la cuisine qu’il a trop hantée pour n’y point revenir, et où il se sent plus à l’aise qu’à la table des barons. Tout paraît conspirer à lui rendre la réhabilitation plus difficile. Il est comme écrasé sous la matière et comprimé dans une épaisse enveloppe que ses bons sentiments ont peine à percer. Il est sans mémoire, on le sait déjà, et ce trait, s’il amène des répétitions fastidieuses, n’en est pas moins heureux à nos yeux. Il mange comme dix vilains, boit à proportion, et de là la facilité avec laquelle il s’enivre. Il faut ajouter qu’il n’a pas reçu le baptême. Plus tard, quand il sera chrétien, et même moine, jusque sous le froc, on le verra encore ressentir les effets de son organisation colossale et de son tempérament excessif {»).

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