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I. Ci-apris, p

Préface.

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que son rôle était alors moins chargé, et partant plus supportable. Successivement refondues dans des moules de plus en plus grands, les chansons de geste du premier âge ont dû subir en conséquence des additions oui n’ont pas été épargnées à notre poëme, on le sent bien ; et comme dans la première moitié il n’en parait pas trop affecté, c’est sur la seconde, celle où ngure Rainouart, qu’elles se sont sans doute concentrées.

Que la critique retranche, chose assez facile, ces développements excessifs et malheureux, qui consistent surtout en répétitions; qu’elle ferme les yeux sur certains défauts d’agencement trop visibles, sur telle situation mal expliquée, mal amenée, et le reste suffira encore pour faire honneur à notre poète, et Rainouart sortira de cette révision non-seulement moins affublé de grossier ridicule, mais assez dégagé pour monter aujourd’hui encore sur un théâtre populaire, et y recueillir des applaudissements dans plus d’une scène de son rôle, à supposer qu’il se trouvât un comédien de sa taille pour le représenter.

Au nombre des scènes qui obtiendraient sans doute ce succès peut se placer, selon nous, celle où Rainouard pénètre à Laon, dans le moûtier Saint-Vincent, où il est accueilli à peu près comme un oiseau de proie qui s'introduirait dans une faisanderie. La scène n’est pas sans doute d’un comique délicat, mais il nous semble que Rabelais ne l’eût point dédaignée. Elle s’adapte bien au récit, ne l’interrompt pas longtemps, sert comme de prélude aux exploits

Préface.

par lesquels Rainouart va se signaler en Aliscans, et le montre en peu d’instants tout entier, au physique et au moral, avec ses qualités et ses défauts, avec sa violence et ses sentiments généreux (i).

Une autre scène fort originale et d’un comique plus relevé est celle où Rainouart rencontre une troupe de couards que Guillaume a congédiés avec mépris, et en fait des braves malgré eux, par la terreur, c’est-à-dire en tirant parti, pour les ramener au champ de bataille, du mouvement même qui les en avait éloignés (*).

Ce sont les moeurs, avons-nous dit, oui nous intéressent le plus dans l’épopée naturelle, mais non pas toujours à première vue, éloignés que nous en sortîmes. Il faut, pour bien juger certaines situations, et surtout les situations comi-

aues, se rapprocher par la pensée des temps ont elles datent, des lieux de leur origine, et se reporter au milieu des circonstances aux-

Î quelles elles empruntaient beaucoup de leur orce ou de leur agrément. Par exemple, dans la société féodale, dont la nôtre est aujourd’hui à si grande distance, nul, s’il n’était chevalier, n’endossait le haubert, n’était armé de l’épée ou de la lance, n’avait l’écu au cou, ni le heaume en tête ; et le chevalier, comme l’indique son nom, ne combattait pas autrement qu’à cheval. Aussi les trouvères tenaient-ils toujours à pied leurs héros populaires, et leur donnaient-ils les

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