P. JO, V
Ke vos ovre la porte.
Nous supprimons le mot je qui se lit dans a, avant vos, et qui fausse la mesure du vers. Nous avons déjà plus d’une fois signalé pareille faute.
l'Jl
[i>Vez de païens toz ces tertres raser], a : Veis de païens cele valie raser. Vers faux.
P. 51, V. 9 : [jpiere], omis dans a. — b ti c : par cel Deu.
Car sUntresanlent plusieurs gens au parler.
Le vers se lit ainsi dans a :
Car plusieurs gens s'entresanlent au parler.
Nous rétablissons, pour la mesure, l’ordre interverti. b etc:
Car plusors homes se semblent de parler.
P. 55, V. 27 : [^sui moult espoentée], leçon supérieure à celle de a : quit jou estre asostée.
P. ss,v. 29 :
s’éust Guillames sa] compaigne amenée.
a : Si iusiis vo compaigne : leçon acceptable en soi, mais qui ne s’accorde point avec la suite : entor lui fust(p. 56, V. 4).
P. 56, V. 5 : N’es pas Guillames, leçon de b et de c. — aet d : n’est, qui nous semble et moins facile à comprendre et d’un moins bel effet.
Tant corn jou ere en tere.
a : enterie, faute dont la mesure et le sens indiquent la correction.
Notes et Variantes. 273
P. 57, V. 8 : [et] omis dans a, nécessaire â la mesure. h, cet d : que roi que amirant.
Nenil voir, dame, [^ainçois] est cascuns vis. a : ains est cascuns.
Desqe Tiebaus en [^estera] saisis.
a : sera.
P. 58, V. 28 : [i]ce me dis, leçon de b et de c. a ne porte que ce.
P. 60, V. I : [*céenz], omis dans a.
P. 61, V. Il : buevrai, corrigé ainsi d’après b, qui donne bevri. a : beverai.
P. 61, V. 18 : fors la [*’suere]. a : coverture, qui fausse le vers, à moins de prononcer couerturc. — c ; le suere. d : la seure.
P. 6 1 , V. 20 : [*ja] omis dans ai
P. 61, V. 21 : basie et savorie. a : asavorle, qui fausse levers, b et c donnent savorie; d, acolle.
P. 61, V. 29 : [sorjçaingle, c’est la leçon de b, de c et de d. a donne seulement çaingle.
P. 61, V. 30 : à rentrée. Var. de é et de c ; en Vestrie. b donne soz au lieu de sor, au commencement du même vers.
Vint au perron de Polive ramie.
Var. de é et de c : soz l’olive.
P. 62, V. 32 : espcssa l’ajornée. Var. de et de c ; la nuit.
P. 62, V. 33 : [frparut]. a : part.
P. 63, V. I : [frpraée]. a : pirie.
P. 63, V. 7 : [hi reson], a : sarrasin.
P. 63, V. 9 : [*la contrée]. Ce vers et le vers suivant se lisent ainsi dans a :
Entor Orenge vois gaitant k’il ne s’en isse Guillaumes à emblée.
[iQue une nuit ne prist il herbergaje].
Omis par a ; nécessaire au sens.
Vient à Orliens, l’aige passe à navie.
Ms. a : passa. C’est une faute qui revient assez souvent. Au V. 24 de la p. 63, on lit : qui Diex croissa barnage pour croisse^ et précédemment nous avons déjà signalé des distractions identiques du copiste.
P. 64, V. 10 : Nel celés mie; c’est la leçon de b et de c. — a : ne le celés mie.
Envers lui l'a par tel air sachie.
Leçon de a : par envers lui l 'a par tel air sachie. Nous ne connaissons pas d’exemple de air en une seule syllabe, d’ailleurs b, c et d donnent :
Par tel air l'a envers lui sachie.
Notes et Variantes. 275 P. 64, V. 20 :
A molt grant tort m’as or contraloîe.
II faudrait contraloU ; mais la rime s’y oppose. b tt c : A moult grant tort, certes, me contralie.
P, 65, V. 5 : pLa vile est estormie]. a : dou destrier arabi. La leçon de b, qui est aussi celle de d et de f, nous paraît beaucoup plus satisfaisante, et amène mieux le vers suivant.
[^Guillaumes tome devant une abaïe].
a : Guillame tornent par devant une abeie.
La leçon de b, qui est aussi celle de </ et de ^ nous parait la meilleure.
P. 65, V. 15 : ne m’esparneront mie. Nous supprimons il, qui, dans a, précède cet hémistiche. On ne retrouve pas dans les manuscrits auxiliaires ce mot qui fausse le vers.
P. 65, V. 31 : durement s’aîra. a : molt durement. Le vers est faux, à moins de lire s’aira, en deux syllabes, ce qui nous paraît inadmissible.
b et f : durement s'aira. d : moult forment s'aira.
P. 63, V. 32 ; [/nés .1. seul n’espargna]. a : .1. seul n’esparnaingna, forme étrange, qui se retrouve cependant plus loin dans le même manuscrit (p. 67, v. 1) :
Se vont ftrir, l’un l’autre /l’esparnaingna.
Mais cette fois elle fausse le vers. Nous avons rétabli la mesure en corrigeant n’espargna, d’après nos manuscrits auxiliaires. Nous rejetons de même ici la
leçon de a pour emprunter celle de /, d’autant plus qu’au V. I $, un peu plus haut, on lit : ne m’esparneront mie.
U aubère vesti et son elme laça.
Noos corrigeons, d’après le manuscrit â, qui porte lacla. .
P. 66, V. ji :
Et dist Cuillames : « [^Mal ait por vos] ira. »
a : Dehait ait qui por vos ira. Ce qui fausse la mesure du vers.
P. 67, V. I } : Au grant coi{s]age. Nous corrigeons a d’après les autres manuscrits, qui s’accordent à donner corsage,, beaucoup meilleur ici que arage.
[Descent] Cuillames del [^bon] destrier gemu.
Le vers se lit ainsi dans a :
Cuillames est descendus del destrier gemu.
P. 68, V. I : Ernaus le baise, a : baisa, qui fausse le vers. Nous avons déjà corrigé plusieurs fautes semblables.
Et .V. des autres dont molt sui irasca.
a : Et Vivien des autres... ce qui n’a pas de sens, il est évident que le copiste a pris le .Y. numéral qu’il avait sous les yeux pour l’initiale d’un nom propre
Notes et Variantes. 277
qu’il a écrit en toutes lettres , sans apercevoir sa^ bévue. b donne .V.
P. 68, V. 19 : [M] omis dans a,
A Loiis irai tout sans faillie.
a : A Loéis irai je. Nous supprimons ce dernier mot, qui rompt la mesure.
P. 69, V. 1 3 : [*me], omis dans a.
P. 69, V. 16, omis dans a. d et fie donnent aussi.
P. 69, V. 32 : Ains ke [tomast] arire. a : retornastj qui fausse la mesure.
P. 70, V. 22 : Nel laissast estraier. a : ne le. Var. de b :
Mis n’i 01 cil qui Vosast aresnier.
Je quit k'en France il vient por calengier.
Nous restituons, comme le veut la mesure, ce vers, qui se lit dans a :
Je quit k'il vient en France por calengier.
Loéis rot prist soi à mervellier.
Correction, a : à esmervellier. b : mervellier.
P. 70, V. 32 : [^prist soi à enbronchier]. Vers faux dans a :
De chou k’il ot se prist à esmerveillUr
[*.i. escuier, bien resemble baron].
a : Bien resamble ciex escuiers baron.
Vers faux.
Et la sele est de loume Salemon.
Nous supprimons le mot si que donne a après sele, selon la leçon de b, et comme le veut la mesure.
Et derriers a son haubert fremillon.
a : Et destriers a, faute évidente, corrigée par b, qui porte : deriers trossé.
Mais n’a entor forrel ne gambillon.
a : entor lui.
Et s’en i a de rouge corn carbon, a : comme.
Dusqe je sace de qel terre il est nls. a : Dusqe ke je sace. b : jusque je sache.
P. 72, V. 32 : Or venrai jo. Venrai pour verrai, forme très-fréquente dans ce texte.
[>Cui] H quens ot [Mes garnemenz] donis. a : Ke leus garnimenz ke U quens ot doués.
Notes et Variantes. 279 P. 7î, V. 34 : ja n'ert chéris, a : chcries. b : chcriz. P. 74, V. 2 : [*et], omis dans a.
Por DUUj signer, prenge vos tnt pité.
a : signer baron, leçon qui fausse la mesure, b : Por Deu, baron....
Ki le sien pert assis chiet en vieutês. a : Ke le sien pert assés ki chiet en vieutés.
P. 75, V. 8 : Ke d’aide ai mestier. a : ki. b : que.
P. 7$, V. 9 ; Me tienent vil. a : Il me tienent. Notre leçon est conforme à celle de b et de /.
P. 75, V. 18 : [.!.] olivier, a : desous VoUvier. Vers faux.
Mais aine H quens n’i vaut de char goster.
Nous supprimons les deux mots la nuit, qui se lisent après vaut dans le ms. a.
P. 76, V. 26 : [^segle]. a : sorbe.
P. 76, V. 32 : )e[lj, leçon de b.
P. 77, V. 2 : [^ma famé], omis dans a.
P. 77, V. 3 : [^N’en]. a : Ne.
P. 77, V. 25 : [a] omis dans a.
P. 78, V. 19 : Ki /i[^féist refuzj. a : Ki li fust tenus. Vers faux.
P. 78, V. 24 : paile. a : pailes. b : poile.
28o Aliscans.
P. 8i, V. 14 : enbaudisant. i etc ; resbaudissant. d : abaudissant. f : esbaudissant.
P. 82, V. I : [*que] omis dans a.
Et Franchois furent tout mu et [tout] taisant.
b etc: coi et mu et teisant. — d : tuit coi et mu taisant. — / ; mult coi et mult taisant.
P. 82, V. Il : porroi[en]t. C’est la leçon de plusieurs manuscrits auxiliaires. Celle de a est une faute évidente.
P. 82, V. 17 : [^furent], a : sont.
P. 82, V. 30 : .xx[x]. car cariant. — b etc : Ne le trairaient .X. bues en charoianu — d : .XV. bues charaiant. — /: .XX. bues en cariant.
Puis ke armée serai sor Vauferrant.
Ainsi corrigé pour la mesure : a : Puis ke serai armée.... — ^ et c: serai armez sor l’auferrant. — d : armée en. — / ; Puis que serrai armée en l’auferrant.
P. 83, V. 9 : [<*se] le consieu. a : de.
P. 83, V. 22 : hur[e]pée, leçon de d. b : herupée.
P. 84, V. 17 : [*s’iere]. a : sire, qui laisse le sens incomplet. Ce vers, ainsi corrigé, se comprend mieux encore dans d’autres manuscrits oà le roi s’exprime ainsi :
Or vos en ert Vounors guerredonée;
Aparmain ert l’amendise donée :
Or vos soit France del tout abandonée.
Ce dernier vers justifie plus clairement la réponse de la reine : -i S’ierc desirttie. »
Or ont diable faite ceste acordie.
a : or ont faite diable. Vers faux, rectifié par les manuscrits auxiliaires.
P. 84, V. 27 : La poison clere. — a : la clere puison. — é et c : claré, pisment et... — d: clere puison {la supprimé). — f : claré puiment et.
[Et] quant la chiere vos est si enflamie.
Ce vers ne se trouve ni dans b, ni dans c, ni dans d : Quand lecherie vos a ci anflamée.
P. 85, V. 3 : So[o]lée. d : sooli. f : saoulie,
Et de mangier et de boire asasie.
a : Et de boire estes asasée. — d : Comme notre correction. — / ; Et de manger estes bien asasée.
Devant le roi /’c[ura]f tu desloie.
b etc: Et vers le roi m’aïe destornée.
d: Et vers le roi m’aidie desloé.
/ ; Devers le roi m’aide desloée.
P. 8 J, V. 13 : or corounie. a: ore. — b, c, d : or. P. 85, V. 32 : esp[oi]antie, leçon de c et de f.
P. 86, V. 1 1 [Userai], a : sui. d : à \a mort sui. c, f : serai.
P. 86, V. 20 : [Mes], a : estes.
P. 86, V. 34 : [^n’est], omis dans a.
Viis corn a cele ciere enbrasie.
a : Or véés corn il a.
bttc : Vez com il a cele cliiere.
f : Vois com il a cele chiere.
P. 87, V. 22 : En terre desertie. a : ou en. Tous les autres mss. suppriment ce ou.
P. 87, V. 23 : palagre. b et c : ou el palage. f : en palagre.
Lors seroit France del maufl délivrée, a : Lors seroit de France. Corrigé par b, c, d, f.
Toute la cors est contre U levée.
a : encontre, b et c: sorlui reverssée. d: sor li reversée, f : envers lui tornée.
P. 88, V. I : Li quens s’abaisse, a : s’abaissa. Corrigé par b, c, d,f.
P. 88, V. 3 : Par cele foi. a : fois. Corrigé par b et c.
P. 88, V. 14 : Treschi Â:[e] en Vole, b, d : del brant jusqu’en l’oie.
Notes. ET Variantes. 285
De U plus jiere ki onqes fa en vie.
a : tris fiere. d, f : dou plus tris fier.
P. 89, V. 10 : fa[i]ntie. d : feintie. f : faintise.
P. 89, V. 32 : [fs’ire]. a : drument, qui laisse le sens incomplet, d et f : s’ire molt refroidie.
P. 90, V. 5 : Hon^he]rie. Correction de /.
P. 91 , V. 1 3 : Lis lui sa [fille], a : mere, faute évidente, comme le montre le vers suivant. Les manuscrits auxiliaires portent nièce , mais la leçon des vers précédents est différente :
Et H marchis Guillaumes au vis fier
Sist O ses freres que moult aime et tient chier,
Leis lui sa niece
P. 91, V. 18 ; [s]07i tinel puis, s omise dans a.
f donne la correction.
Dè[s] le tans Macabier. — c : Dis le tens Olivier. — d : Dis le tans Desirier.
P. 92, V. 18 : [fet], omis dans æ.
Comment diable, dist il, s’en [«^parlerons] !
a : s’en plaidera on.
c : dist il, si plaideron.
f : Comment dyable, si en parlera on.
Est ce la fable du tor et del mouton ?
c : Ce est la fable...
d : Est ce la faublc doa toc et don mouton ?
/ : Chou est la fable del tor et del moton.
P. 9}, V. 6 : N’aies pas [‘^marison]. a : ma raison, leçon inepte, c : or oiez ma raison, f : comme d.
P. 93, V. 12 : Faiblement en parlon.
f : Aimeris dist : a Certes, ce ferons mon. »
P. 93, V. 20 et 21 :
Mais c’on ne le tenist à traïson.
De tos les princes de France le roion.
Nous corrigeons, à l’aide des manuscrits auxiliaires, ces deux vers qui se lisent ainsi dans a :
Mais c’on ne le tenist à mortel traison
De tos les plus haus princes de France le roion.
P. 93, V. 27 ; li faudra, {b, c, d, f.) a : Ki ja li faudra.
J a parlera [Hot à lor] garison.
a : Ja parlera à la garison.
Où tu [/péusses mellor feme trover], a : Où tu te penses mieux marier.
[/Tu me valsis quite France clamer].
a : Toute France me vaus tu doner.
Quont yient à l’asambler.
Notes et Variantes.
a : Quant ce vient.
d : Quant ce vient au mesler.
P. 96, V. 2, }, 4. Var. de d :
Li maître curs Vot fait la nuit toser^
Et la pilete nercir et macherer;
T restât le viz li ot fait charboner.
Leçon de e :
Li maistres cous Vot là tant fait toseir^
A la pailete nercir et machereir,
Trestot le vis li a fait charboner.
Leçon de f :
Li maistrei kous si le prist à toser Et de la chanvre /[i] avait fait toeller^ Trestot le vis li avoit fait torbler.
P. 96, V. 5, 6, 7. Leçon de d :
Cil escuer le coillent à taper.
De granz torchonz li prendent à ruer,
Et Vun sor Vautre et anpoindre et boter.
Leçon de é :
De grans torchas li prenent à ruer,
Et Vun sor Vautre et enpoindre et bouter.
Leçon de / ;
De grans torcas Vaquellent à ruer.
Et Vun et Vautre et enpendre et bouter.
Par [^saint Denis], il fait molt à doter, a : Par mon signeur saint Piare.
P. 97, V. 14 : [d’puis], omis dans a.
P. 97, V. 1 5 : Ne H vaic doner. Var. de b : vols.
P. 98, V. 16 : [^11.], oniis dans a.
P. 98, V. 23 : toat[à’ire]enfli.b : s'envet lecueriré.
P. 98, V. 24 : [i’bien], omis dans a.
P. 98, V. 28 : ke, s’il i vienent. C’est la leçon de b; a ; vient.
P. 98, V. 30 : François tant [^alosé]. a : osé. Vers faux.
P. 99, V. 17 : /e[l] sai. C’est la leçon de b.
E ! las, dist il, bien devroie plorer.
a : deveroie, qui fausse la mesure. Nous corrigeons devroie d’après la leçon de b.
[^.C. milliers d’ornes] deuse en cest ost mener, a : .X“*. hommes.
P. 1 01, V. 8 : laissiès [m’]o vos aler. b : Ici moi 0 toi aler.
P. 102, V. 3 : [*ne], omis dans a.
A. .VII. costieres l’a bien fait roonder. e : à .VIII. costeres....
Vient à .i.fevre, sel fist devant ferrer.
Le manuscrit jusqu’ici beaucoup plus bref que le nôtre, en ce qui concerne le tinel de Rainouart, est au contraire plus développé à partir de ce vers :
Il vint à fevre si li rove ferrer.
Moult bellement lo prist à apeler :
cc Amis, beau freire, dist Renoars li ber, a Se mon tinel me faites bien ferrer « Et sel me faites tôt antor viroler, a Que ne puist fandre en mi ne esquaseir. cc Et si m’i faites .1. grant anel solder ce An coi je puisse .1. de mes bras boter,
« Qu’il ne me puist en estor eschaper, cc Ne por haucier ne por jus avaler; cc Car tôt ansi lou voil ge deviseir.
« — Voir, dist li fevres, or oi bricon parleir ; cc Por .XV. sols de deniers monaez cc Ne poriez tôt lou fer achater. »
Dist Renoars : « Or me laissiés ester ;
Je vos an vois à foisson aporter. »
Atant s’an tome, si aquelt son errer ;
An la cuisine s’an vint sans demoreir,
Des pos de cuivre vait les anses oster.
Il n’i laissa paiele ad escercleir.
Ne bon andier, lai où lou puist trover,
Que il n’ait tôt et brisié et quassez.
Son fer amasse par delés .1. piler.
Cil Renoars ne se volt atargier ;
En la cuisine s’an va sans demoreir.
Des pos de cuivre vait les anses brisier.
Il n’i lai^chaudiere à desloier.
Ne bon andieV por coi il ait trovei.
Nés les coignies ala il desmanchier,
Les alemelles vait des costes sachier.
Son fer amasse par delés .1. brasier
Il s’ensuit une lutte entre les cuisiniers, qui se prennent de querelle en voyant la cuisine ainsi ravagée. Rainouart les excite et leur avoue ensuite son méfait. Puis il retourne à la forge^ où il a aussi maille à partir avec le forgeron, dont il démonte le soufflet et brise la meule. Il l’engage à le suivre en Aliscans, où il l’indemnisera, dit-il, généreusement; mais en attendant il lui avoue qu’il n’a pas de monnaie :
Et dit à fevre : « Je n’ai point de monoie; a Si i’an avoie, volontiers t’en donroie. »
Grant paour ont de lui.
Petit vers à finale masculine ; c’est le seul jusqu’ici. P. 104, v. 4 : Rainouart. a : Rainourat.
Aine puis cis nous ne U fu rémois, f ajoute ces deux vers :
T Ote sa vie fu pais issi nommés :
Renoars est au tinel apelis.
P. 104, V. 26 : [/moult], omis dansa.
Lors si racole et le baissa assis.
C’est son tinel que Rainouart accole et baise ainsi .
Notes et Variantes.
Ne le garra Tiebaus [n]i Desrcmés.
a : /j, faute évidente. Voyez plus loin ce même vers répété p. 125, v. 10. — b : ne,
[^En ces hiaumieres] ont les elmes boutis. a : Ens en ces hiaumes.
Et des espies racheinent leur baudris.
d : reseignent les baudrez.
P. 105, V, 28 : au gent cors, a : cort. b : cors.
Li siens osteus fu bien guerredonés.
Nous corrigeons ainsi cette leçon de ,
Li sieus osteus i fu molt bien guerredonés. btXf: Li siens ostages fu bien guerredonés.
P. 106, V. 3 : [^segnorez]. a un non-sens, f : principis.
sejorné, qui est ici
P- 106, V. 1 3 : ostis. a : osteus. d : hostez.f: ostels.
. V. I y . véissies. a .* viissient. leçon cor-
rigée par les autres mss.
[■^Quens] Aimeris [/lij vieils hom et barbés, a : quant, faute manifeste. [///J, omis.
P. 106, V. 29 ; Cuillaumes est écrit en toutes let- Aliscans.
très, avec un s comme le voulait la grammaire ; mais la mesure n’en souffre-t-elle pas ?
P. 107, V, 1} : A partir de ce vers jusqu’à la tirade
Por son tincl reîorna Rainouars (p. 1 12).
a diffère beaucoup de b. Ce dernier ms. omet tout l’épisode du moutier Saint-Vincent, et le remplace par seize vers dans lesquels Guillaume consent à attendre Rainouart jusqu’à ce qu’il soit revenu avec son tinel.
Qui qu’en poist ens el és.
Ne faut-il pas lire ens el nés? La locution maagré ton nés, maugré son nés est fréquente au moyen âge pour rendre l’idée : malgré toi, malgré lui. Autant m'en pend au nez, qui est encore en usage dans le langage populaire, date aussi du moyen âge. A mon nez pour devant moi, en ma présence, n’était pas moins employé.
Nous ne pouvons nous aider ici de nos manuscrits auxiliaires : l’épisode du moutier Saint-Vincent ne s’y trouve pas ou y est raconté plus brièvement et d’une façon beaucoup moins comique.
P. 1 08, V. 2 P ains [kel]. a : ke li, leçon qui fausse la mesure.
Amis, parlés à moi, preu i aurés.
Nous supprimons le mot grant qui se lit dans a avant preu et qui fausse la mesure du vers.
P. no, V. 5 : Jel di por voir. ; Jel vos di tout por voir.
Notes et Variantes. 291
P. 11 1 , V. y. Ja en orrés verté. a : vititi.
Par tel air à .1. piler hurti.
a : Par tel air l’a à .1. piler hurti.
Nous retranchons l’a pour rendre au mot Jirsa mesure ordinaire.
P. 112, V. 28 : f/corechous et las], a : en vint plus ke le pas, répétition du second hémistiche du vers précédent.
P. 1 1 3, V. 1 5 : â .1. tas. a : à .1. qaas. Il faut tas. Quas est bon à la fin du vers suivant, mais ne convient point ici. V. plus bas le v. 30 de la même page. b porte : à .l.flas.
P. Il 3, V. V) : Jo irai pruçc. Ce mot se trouve deux fois dans le poème de Huon de Bordeaux. Il paraît signifier pour cela. V. la note sur le v. 28 de la p. 306 de Huon. (p. 328.) b : G’irai poreuc.
P. 1 1 3, V. 20 : [^nel]. a : ne le.
P. Il 3, V. 2 1 : [A’en], omis dans a.
P* • • 3> V, 33 : [movoir nel] peurent mie. Nous proposons de lire ainsi ce vers de a :
Remuer ne le peurent mie.
b nous fournit cette correction. On y trouve le petit vers ainsi délayé :
Mès nel miussent por tôt l’or de Baudas.
P. 1 14, V. 7 : [/fait], a : le mont a à salver.
P. 1 14, V. 19 : Rainouars quert, pour ^ueurt, court (currit). b : court.
P. 1 1 5, V. 28 : [^en], omis dans a.
P. I l 5, V. 31 : [^nej, omis dans a.
Ja par ice n«[l] fcri retorner.
a : ne, qui ne suffit point au sens./; ne/.
P. 118, V. 13 ; [Hi], omis dans a.
P. 118, V. 26 : [^se], omis dans a.
P. 1 18, V. 28 et 29 :
Par l’abéie Guillames s'en ala,
Mais de sa large mie trovie n’a.
Il faut se rappeler qu’en venant à Paris Guillaume avait déposé sa large dans une abbaye.
Sa large misl à une renderie ;
Ains ke relorl sera arse cl braie,
Car fus i prist ki destruil l’abiie. (P. 69, v. 30.)
Onqes gogleres de melleur ne canla.
Nous rétablissons d’après les autres mss. la mesure du vers , ainsi faussée par le copiste de a :
Onqes de melleur gogleres ne canla.
[^Com au déable Haucebier combatra.] a : El Aucebir le deable combala.
Ne fusl l’espie ke Guibors li cercha.
Var. de / : dona.
Notes et Variantes. 293
P. 119, V. 34 : f/dont] il se ramenbra. a : quant, qui rend la leçon très-obscure.
Et la grans tors par terre traînée.
Le mot tors est ici répété deux fois dans deux vers consécutifs. Voici la leçon de b :
D’Orenge issircnt s'ont la vile alumée.
L’une partie est en l'Archant tornée,
Pore fere enginz dont la tor soit quassée.
Et granz hernois et grant charroiz fermée;
De ce sera la tor esquartelée Et jus à terre par force acraventée.
P. I2i,v. 7 : f[e]rmée. a : furmée. b ‘.fermée.
P. 122, V. 7 : à icest mot. Cest la leçon de b. a : ahi cest mot.
Et Rainouart à son tinel corant.
Ainsi rectifié d’après /.
a : Et Rainouart va à son tinel...
P. 122, V. 17 : k[e], leçon de b.
Et de parole sont aukes conisant.
b : ravisant.
Sainte Marie, où fu cis fus trovés?
C’est la leçon des mss. b, d et f.
a : Sainte Marie dame, où fu....
P. 124, V. 12 : [/Nus hom de mere nés], a : mais hom là soit nés, leçon qui fausse le vers.
P. 125, V. 3, [/Et] [/moult], mots omis dans a.
P. 125, V. 26 ; A [/iili] mile. — a : .X., leçon qui fausse le vers, b : 0 .cccc.
P. 12 J, V. 27 : de Nerbonois, leçon de b. — a : Herbonois.
P. 125, V. 30 : viis, comtesse. C’est la leçon de /. a : véés, dame comtesse, leçon qui fausse le vers.
P. 126, V. 7 : [/ne s’en], a : n’en, b : s’il n’est ançois fois.
P. 126, V. 22 : .III. mile furent. C’est la leçon de é et de A — a : iiii. mile.
P. 126, V. 27 : [*plus], omis dans a.
P. 126, V. 29 : Mar i juerent. Var. de b : Mal l’atenrent.
P. 126, V. 30 : [^d«], omis dans a.
P. 127, V. 9 : torne[nt], correction de b.
Et voit Guibert ki rois ert d’Andernas.
Nous corrigeons ce vers d’après nos manuscrits auxiliaires. a donne : >
Et voit Guiborc ke dame ert d'Ândernas.
P. 129, V. 24 : [*et], omis dans a.
P. 129, V. 30 : Derirson dos. a : derire, qui fausse la mesure ; mais le même manuscrit fournit la correc-
Notes et Variantes. 29J
tion un peu plus loin( p. i jo, v. 7), où on lit : Derir son dos.
P. 129, V. 31 : l’enbler, leçon de b. a : enbler.
P. 1 3 1 , V. 26 : [^jors], omis dans a,
Quens Aimtris ut su Us aprutis.
Ce vers, qui se retrouve dans d, dans e, dans /, ne saurait s’accorder avec le dernier vers de la page, lequel, cependant, se retrouve aussi dans d et dans e, mais non dans /.
P. 132, V. 8 : ullis. Var. de d : brallis. D’après cette dernière leçon on serait bien tenté de prendre pour une erreur celle de a, et d’y ajouter [br]. Nous croyons cependant qu’il faut accepter aller au sens de arere. Le manuscrit d, qui porte ici brullés, nous offre ailleurs (v. ci-après la note de la p. 1 38, v. 1 5) un exemple de osier au même sens. Ce mot a pour variante, dans /, touserj qui signifie aussi brûler, rôtir, b donne aussi allez.
P. 132, V. 21 et 22, 23 et 24 : Qidiés vos dont.... Ces quatre vers dans a sont intervertis deux à deux ; nous les rétablissons dans l’ordre où les donnent b, d et /, et que réclame le sens.
P. 133, V. 12 et 13 : [/Ains que del jor...]. Vers évidemment omis dans a; on les trouve dans d et dans f. b donne aussi le même sens, mais en trois vers.
P. 133, V. 34 : [*bien tost]. a : chier. Vers faux.
Gaibors fa sage de la loi sarrasine.
Var. de d et de /:
Dame Caiborc fa moult de franke orine.
P. 135, V. 29 : Pnel]. a : ne le.
P. 1 35, V. 31 : [^j’ere]. a : jou ere.
P. 13s, V. 33 : [&se] omis dansa. — [Meverai]. a ; je vaurrai.
P. 1 36, V. 1 : [^i], omis dans a, où le vers se lit ainsi :
Je vaurrai Cuillame molt bien aidier.
P. 136, V. 14 : bouier. d : bouer.f: boiier.
P. 1 36, V. 17 à 2 1 . La leçon de a nous parait ici très-défectueuse ; voici celles de b, de et de / ;
b : El fu Corssuble, le neveu Haucebier,
Puis la dona à Tiebaut le guerrier,
P or une paie, n’en ot autre hier.
Orable l’ot ^uant le dut noçoier;
Lui ne autrui ne le volt plus baillier.
Or l’aura cil que ele aime et tient chier.
C'est Renouart au voir corage entier.
d : El fu Corsuble, le neveu Ausebier;
Por une paie, n’en ot autre loer.
Orauble l’ot quant le dut nosoier.
Lui ne autrui ne la vot pas bailler.
Or l’ara cil que ele aime et a chier.
C’est Rainoart au voir coraigier fier.
f : El fu Cornubles, le neveu Anchebier,
Puis le dona Tibaut le guerroier
Notes et Variantes. 297
Por .1. pâme, n’en volt autre hier.
Si l’ot Orable quant se dut nochoier;
Lui ne autrui ne le volt plus bailUer.
Or l’ara cil que mult aime et tient chier.
C’est Renoars au vrai corage fier.
P. 1 36, V. 30 : [/jeta le à terre], a : jete à la terre.
P. 137, V. 1 : [Hant se doie]. a : si haut s’ost. Vers faux.
P. 138,7. 15. Après ce vers on lit dans les mss. d et / un curieux passage où le jongleur interrompt un moment son récit pour faire appel à la générosité de ses auditeurs. Voici ce passage selon les deux mss.
Dist Renoarz : « Bien m’an serai garder. »
Mais onques puis ne l’an pot remenbrer Desqu’à cele ore que i duit messarer,
Et quant il vit son tinel trosener An deus moitiés et brisier et froer An la bataille en Eslachans sor mer.
Ja li Guillaume n’en poissent aler Se Dex ne fust et Renoars li ber ;
Mais il toz sos fist le champ ahner,
Corn vos porez oïr et escouter,
Se an la place vos plait à demorer Et je an aie desserte dou chanter.
Bien vos puis dire et por voir afermer Prodon ne doit jugléor acoster S’il ne li velt por Deu dou suen doner,
Car il ne sait autrement laborer,
Nen il ne sait de son mastier clamer.
Au Vou de Leque le poez aprover
Qui lui geta au mostier son soler,
Puis le covint au mostier acheter .
Les jogléor devroit l’on mult amer;
Joe demaignent si aimmenst le conter.
Onia soloit jadit mult hennorer;
Mas li achars, li mauvez, li aver,
Cil qui n’ont cure fors d’avoir amaser.
De gaiges pandre et de deniers prester.
Et jor et nuit ne finent d’ussurer Maint vaillant home ont fait desseriter :
C’est lor desduit, n’ont soing d’autre chanter.
Si faites gens font l’enor desserter;
Dex les maudie, car je nés puis amer.
Je ne lairai poraus mon violer;
Si lor an poisent, si se fasent usler I ( i )
As bons me trai, les mauvais laiz aler.
Humais m’atuest de Renoart chanter,
De la bataille d’Aleschans sor [laj mer.
Et de Guillaume et de Aimeri le ber,
Et dou lignage qui tant fait à loer,
Qui ainz ne vorent les Sarrasins amer,
Ainz se penerent toz jor de lor grever.
Sol toz les autres voil dou tinel parler Et de Guiborc la bele ot le vis cler.
Formant se poigne dou vasaul adober Et de son cors garnir et conréer.
Quant Renoars se senti si armer,
(Ms. d, fol. 82 r« et v<>.)
Le même morceau, qu’on va lire, tiré du ms. /, est I . V. ci-dessus la note sur le vers 1 32 de la page 8.
Notes et Variantes. 299
écrit dans un dialecte et avec une orthographe qui en rendent l’intelligence beaucoup plus facile, sauf, cependant, en un point qu’il serait impossible d’éclaircir sans le secours du ms. d. C’est l’allusion relative au Vou de Laques, à laquelle le copiste du ms. / n’a certainement rien compris.
Dist Rainoars : a Bien m'en sarai garder. »
Mais onques puis ne l’en pot ramenb[r]er Dusque tel eure que moult dut mechever,
Et que il vit son tinel tronchoner En .11. moitiés brisier et dequasser En la bataille en Âleschans sor mer.
Ja li Guillaume n’en péussent aler Se Diex ne fust et Renoars li bers,
Que par soi seul hst le camp afiner,
Si corn porrés oïr et escoter
S’en ceste place vos plaist tant à ester.
Bien le puis dire et por voir afermer,
Preudomme doit jougléor escouter S’il ne li viet por Dieu del sien doner,
Car il ne sait autrement laborer.
De son service ne se doit pas clamer;
S’on ne li donne, il doit laissier ester.
Avoir d'ilueques le devés esprover,
Qui el mostier li jeta son solier.
Puis li covint chierement racater Que il pesoit mars d’argent cler.
Les jougléor[s] devroit on moult amer.
Que il n’ont cure de tolir ne d’embler Ne de tristor ne de dolor mener :
Joie désirent et aiment le chanter.
joo Aliscans.
On les soloit jadis moult honorer ;
Mais li malvais, li eschars, li avers,
Cil qui n’ont cure fors d’avoir amasser,
De gages prendre et de deniers prester Et jor et nuit ne finent d’usurer ,
Gant maint prodomme ont fait desireter.
C’est leur déduit : n’ont soing d’autre chanter. Malvaistié voelent, honor font décliner ;
Diex les maldie! je ne les puis amer.
Ja nel lairai por elz tos à chanter :
S’il leur en poisent, si se facent touser!
As bons me tieng, les malvais lais ester,
Huimais devons de Rainoart chanter,
De la bataille et d’Alessans sor mer ,
Et de Guillaume et d’Aimeri le ber.
Et del lignage qui tant hst à doter.
Sor tous les autres voel del tinel parler Et de Guiborc qui tant fist à loer,
Que moult se paine de lui bien atirer Et de son cors garnir et conréer.
Quant Rcnoars sc senti si armer....
Ce Vou de Leque du ms. d, qui est devenu Avoir d’ilueques dans le ms. désigne un crucifix miraculeux qui était conservé à Luques sous le nom latin de sanctus vultus de Luca, comme sur le revers d’un denier du règne d’Othon ; en français ; le saint voult ou vou de Luques, ou simplement le vou de Luques. Il y en avait une copie à l’église du Saint-Sépulcre de Paris, et le peuple l’appelait S. Vaudelu et S. Godeleu. Il y a même lieu de croire qu’il servait d’enseigne, puisque dans le Mariage des .III. filz Hemon et des
Notes et Variantes. joi
filles Damp Simon, on trouve ce jurement : « par le vau de Luques de la rue des Lombars ! » On retrouve la même forme dans des inventaires d’orfèvrerie , par exemple dans celui de Philippe le Bon : « une croix d’or, où il y a un crucifix en façon de Vaudeluques, etc. » ( Glossaire des émaux par M. le comte de Laborde, p. 534.)
Trois vers de la pièce des Tabouriors (A. Jubinal, Jongleurs et Trouvïres, p. 168) racontent brièvement le miracle auquel il est fait allusion dans les deux passages ci-dessus :
Uns joaglcrres chanioit por la gent déporter;
Ne cortois ne vilains ne U vaut riens doner,
Et le saint Voa de Luques li dona son soûler.
Il le racheta ensuite et fort cher, d’après le passage du ms. /, puisqu’il pesait deux cents marcs d’argent. C’était donc, selon la légende, un soulier d’un grand prix. Lalande, dans son voyage d’Italie (1786, in-i2, t. III, p. 242), dit que le Vou de Luques « est une très-mauvaise figure de bois ayant une couronne de pierres précieuses et des pantoufles de velours cramoisi. »
C’est sans doute parce que les ornements du Vou de Luques étaient beaucoup plus précieux que le Vou lui-même, qu’on s’avisa en Lorraine de faire du mot Vaudeluque le synonyme d’orgueilleux. C’est ainsi du moins qu’on le trouve expliqué dans le dictionnaire de Dom Jean François : « Vaudeluque, orgueilleux, qui cherche à paroître, qui, au fond, n’a que l’extérieur, que ce qu’on voit. »
P. I j8, V. 24 : [frmestier]. a : manttl, leçon inepte. âtif donnent aussi meslier.
P. 1 38, V. 30 : [tvis] omis dans a.
P. 138, V. 31 : car doive cscumer. a : doit char^ corrigé par b et /.
P. 139, V. 7 : [/nus], omis dans a.
P. 139, V. 12 : forestier por enbler. b et d, même leçon. / ; berser, correction faite par une main du temps, après grattage.
P. 1 39, V. 1 3 : sa bice. b : biche, d : bisse, f : beste. P. 1 39, V. 19 : [*et] omis dans a.
Devant Caillame asist le mes eu bas.
Var. de b et de d : S’asiet à tere en bas. — e : S'asist à terre bas. — f : S’asist le neis an bas.
P. 140, V. 6 : [>nel méussent]. a : ne le vausissent.
P. 140, V. 16 : molt tost apareillier. C’est la leçon de b et de f. a : molt tost a apareillier.
P. 140, V. 18 : Mais nel levaissent, leçon de b. a : ne le, qui fausse la mesure.
Et à la cirre ma grant force essaier.
Var. de b : Et sor les Turs.
d : Et à lor cors ma grant force apoier. e : Et la grant force de mes bras essaier.
P. 141 , V. 32 : ù’st vos fus de sapierf à est (où est).
Notes et Variantes. J03
b : Rainouars frere, et où est ton levier? d : Renoars sire, où est vostre lever?
f comme a : ù'st vos fus.
P. 142, V. 1 : ki le viist. a : ke H véist, où le scribe aura sans doute transposé Ve et Ti. / ; H véist.
P. 142, V. 16: lf\\\]envoie. Même leçon dans d. a : et jo i envoie.
P. 142, V. 28 : prist soi à rebrachier. b : rebracier. d : a menoier. / ; prendent à embrachier.
P. 143, V. 8 : [fpechoier]. a : pecheoir.
Et s’iert la loge desous. lui enbrasie. b : desor. f : desus lui.
P. 146, V. 4 : [x]iiii“ pasmer. C’est la leçon de b et de /. a: iiil**, ce qui fausse la mesure.
P. 146, V. 22 : [<ige] omis dans a. — b : gie.
Var. de / : Ce fist à merchier.
P. 147, V. 3 : [^Guiborc]. a : à Dieu, leçon qui ne s’accorde pas avec les deux vers suivants.
P. 147, V. 4 : [Ma famé], a : le roi.
P. 147, V. 5 : [Mer] omis dans a.
P. I47, V. 9 : [ja] c’est une simple conjecture.
b : Ne H tendra au partir de chanter, d : Ne U tandra apetit de chanter, f: Ne H tenra au partir de canter.
P. 147, V. 20 : [/tel] omis dans a.
b : del déable.
P. 148, V. 9 : [^guie] omis dans a.
P. 148, V. I s : [*’sont] omis dans a.
P. 148, V. 22 : [/paien] [/ens]
a : Kt Sarrasin iitncnt en leur calant pris.
Vers faux.
P. 149, V. 7 : [/se] omis dans a :
De paile et de rendis.
C’est la leçon de b. a : De pailes et de cendés. — / ; De pailes, de cendés.
Qis gens puent estre quant nés a avisés ?
La mesure de ce vers est au moins douteuse. Il n’en est pas ainsi de celle de b :
Quex gent puet estre quant nés a ravisez, f • gint puet estre quant nés a avisés ?
En Franee n’Alemaingne.
C’est la leçon de b. a :
En France n’en Alemaingne.
Ne requerroit à pui ne à montaigne.
Requerrait peut-être pour recourrait, courrait en arriére. On a déjà vu plus haut quert pour court. Cependant, b donne : recreroit. f : n’aresteroit.
Notes et Variantes. 305
P. 1 5 1, V. 8 : [M’escu li tent]. a : Ilutc ert, leçon qui fausse la mesure.
P. 1 52, V. 5 : .XXV. lisez pour la mesure : vint et cinc.
Le sens quide demi. Construction louche. f : Pris n'a le sanc mué.
P. 1 52, V. 24 : K’il [^ne l’j^ust. a : K’il n’iust..
P. I J 2, V, 33 ; [‘^amié]. a : meisme, qui n’offre pas de sens. C’est sans doute une erreur pour esmié) réduit en miettes, en morceaux.
P. iS3>v.4 :
N’ot si félon dusqe à l’aige de lie.
Sans doute jusqu’à la mer Rouge, oumerBetie, comme on disait alors.
b : mer rogie.
P. 153, V. 21 ; Aiquins, ses peres. C’est la leçon de b. f : Aquins. a, par erreur ; Liquins. V. plus loin p. IJ 5, V. I et 14.
N’ot en l'ost roi.
C’est la leçon de b et de /. a : en toute l’ost.
P. 1 5 5, V. 4 : [/Baudus] a : Aleus, mauvaise leçon puisqu’on lit plus bas, même page, v. 14 : Baudus, le * fil Aquin.
P. I S 5> V. 16 : [/Ampatin]. a : Sarrasin, répétition du dernier mot du vers précédent.
AÜscans. 20
3o6 Aliscans.
P. 1 5 V- ^9- tôt U ctmin porrin (poudreux).
P. ijjjV. 30 : Aïmers. C’est la leçon des mss. auxiliaires, a : Aimeris, faute évidente, corrigée plus bas, où Aïmers est qualifié U caitis.
P. 1 $6, V. 2 ; [<*à] omis dans le ms de l’Arsenal.
par [moult] grant ire.
à : par ire faite. — / ; par mal talent.
P. 1 57, V. 8 : [*>se] omis dans a.
P. 1 57, V. 19 : [/i] omis dans a. — b : Quant il H vindrent.
[/Vaucrant i trueve .1.] destrier ademis.
a : et vain trova le destrier, leçon fort peu satisfaisante; on n’a pas encore parlé de ce destrier vaucrant, c’est-à-dire errant, ou vain, comme dit a (sans cavalier).
Celui [/le livre] ki molt ert ses amis.
a : Laissent, qui ne paraît pas offrir de sens.
Nous comprenons ainsi ce passage : « Guillaume trouve un destrier errant, le prend par la bride, sans qu’aucun païen s’y oppose, le livre à celui qui est son cher ami, et Aïmers saute en selle.
b donne : celui le rent.
P. ij8, V. 19 : ja [*estl’] estor faillis.
a : ja li estor faillis, leçon inintelligible.
Notes et Variantes. P7
Sainte- Marie [/roïne] genitris.
a : dame, qui fausse le vers.
P. 1 58, V. 28 : jo esragerai vis. C’est la leçon de è et de/. — a : jo en esragerai.
P. 158, Y. 29 : Li tinel licve. btif: Ce.
[i’Rainouars voit la chose s’anoaille.]
Vers omis dans a et nécessaire au sens : « Rainouart voit que l’affaire s’embrouille, s’obscurcit. » On retrouve aussi ce vers dans/.
P. I $9, V. 17 : k'iert en fuies tornés. Ainsi rectifié d’après d. — a : Ki en fuies ert tornè.
P. 160, V. I : aroutis. f : encombrés.
P. 16 1, V. 21 : froués. a par erreur : frouies. b : et les membres froez.
P. 163, V. 10 : [^moult] omis dans a.
P. 163, V. i-j : Ja n’arés .1. corant. Comme en provençal, ne ou n’ est ici pour en : Vous en aurez un courant.
P. 164, V. 2 : dou destrier auferrant. a : laujerrant, évidemment par erreur, b : del destrier auferrant.
P. 164, V. 5 : [^de] omis dans a.
P. 164, V. 18 : [/noirj omis dans a.
P. 164, V. 26: en passant, a: r/i trespassant. b,f ; par devant.
P. 165, V. 5 : f[e]rés. b: ferez.
3o8 Aliscans.
[«Or nos aidiés] tant ke soiens montés.
a, b G{ f donnent tous trois une leçon qui fausse le vers :
Aidiés nous tant ke soiens monté.
P. 165, V. 13; Ja n’aurés un.
C’est la leçon de b, où n’ est pour ne, qui lui-même est pour en, comme ci-dessus p. 163, v. 27. — a : Ja en aurés.
P. 165, V. 23: Dusqe en la se\e. a: sale.V.p. 166, V. 18, le même vers avec la leçon sele. b d’ailleurs porte sele.
Rainouars sire, vous avoie rové.
Après sire nous supprimons dans a le mot jou qui fausse le vers et n’est pas indispensable. b : Rainouars sire, je t’avoie rové.
P. 167, V. 12 : [d’point] omis dansa. — f: vient cis vos point à gré ^
De san des cors vont dusqes au talon.
Sens louche. La leçon de /.est plus claire :
Le sanc des corsfiert outre le talon.
P. 168, V. 22. Ce vers se lit ainsi dans a :
; O .V. ou .VU. ou Viii. de la geste Mahom.
Nous retranchons 0 .v. pour rétablir le mesure du
vers.
Notes et Variantes. 309
b : Ods a .v. dt la gtsit Noiron.
: .V. .VI. .VII. .VIII. de la geste Mahon.
P. 168, V. 28 : S[e]^ .1. cop. a : S'a .1. cop., leçon qui fausse le vers.
b: Sen’odoie au cop c'ait T arc félon.
P. 169, V. 13 : Tel noise mainent. a : noisent. b le rectifie.
P. 170, V. I , omis dans a.
P. 170, V. 6 : [^passer], a : fauser.
Tant vont Guillame. C’est la leçon de b. a : Tout vont.
P. 170, V. 21 : Ki ne pot onqes... a : Ki onqes ne pot, leçon qui fausse le vers.
b : Qui onc ne pot.
Tout font [«la mer en] Alischans trambler.
a t\ b .'.Tout font l'Archant et Alischans.... f : Tôt font l’Archant en Aleschans....
La leçon de c nous paraît seule acceptable.
Mar François virent....
C’est ainsi qu’il faut lire pour la mesure ce vers de <1 et de i ;
Mar virent François aine cel jor ajorner. c et/ ; Mar virent Franc icel jor ajorner.
JIO
P, 171, V. 16 : N’en peust .1. — a: n’en peut, rectifié par c.
P. 172, V. 6 : molt aîréement. — a : aieriement , rectifié par b.
P. 172,7. 10: [/coert l’ewe] (curnt
a : coüToity leçon bien moins satisfaisante. b : Plus tost cort Vive ne vole oisel volant.
P. 172, V. 17 : bat'ure. C’est la leçon de /. a : banitre, qui nous parait inadmissible. c : Et la chaene par où la mace pent.
P, 173, V. 20 : [*et] omis dansj.
P. 173, V. 32 : Ne li conteke. b : ne li agrée, c : // ne li sist.
d : Quant il le tint se [I] geta .1. arpant.
/: Tôt maintenant jeté l’a .1. arpent.
P- *73» V* 33 • ^ trespassement. C’est la leçon de c et de /. a : au trespassiement.
K’i n’i muirent à honte.
a : à grant honte, leçon qui fausse le vers.
P. 174, V. 10 : De putain trot. Sic dans a. Il faut lire sans doqte : Putaintrot, nom de lieu fabriqué à plaisir et de façon outrageuse pour les Sarrasins, b: de bût en trot. Sans doute ; de Botentrot. c : de Bocigot. f : des gens Margot.
P. V. X : L’a à terre bouté, a : i la terre, rectifié par b.
Bien soit [*de l’ame qui si l’ot adoubé].
a : Bien soit de celui ki si l'ot atempri.
Vers faux.
P. 175, V. 30 : Aenré. C’est le nom que porte dans b le Sarrasin nommé Enorri par a, quelques vers plus haut.
P. 179, V. 26: [d’estordi]. b: le fendi, kçon inadmissible puisque l’épée tourne et ne pénètre pas.
P. 179, V. 27 : del ['destrier auferrent]. b: Del cheval neporquant. Dans cette leçon neporquant fait double emploi avec nequedent du vers qui précède,
P. 180, V. 23 : d’une lutime. Var. de e :
D’un grant luton ot endossé la pel.
P. 181, V. 3 : ['derrier]. b : detrif.
P. 181, V. 5 : vousure. e: costure. f : voisure.
P. 182, V. 5 : [/bien] omis dans b.
P. 183, V. 19 : par la brace. C’est la leçon de e et de /. b : prace.
P. 183, V. 31 : ['Sarrasins], b: pjiens. Vers faux.
P. 184, V. 22 : ['mace]. b : lance. Leçon inadmissible comme le prouve le vers 26 de la même page.
P. 185, V. Il ; ['chevaliers iere]. b: je seri chevaliers, leçon qui donne douze syllabes au vers.
P. 186, V. 20 : ['Es Walegrape]. b : E vos Malguipe , faute évidente , comme la suite le démontre.
P. 190, V. 23, 24 : La leçon de / nous paraît de beaucoup préférable à celle de b, qui donne :
De l'arbre fist entor le T arc ckapel.
Si le dechace entor à son fisel.
Voici la leçon de e :
De l'abre fist contre lou Turc chantel;
/[/] lou deschace entor à grant fuis sel.
P. 191, V. 7 : [^ruisel]. b : prael, qui termine déjà le vers précédent.
P. 191, V. 10 : natipel, sans doute pour hatiplel. e : contrapel. f : estapel.
P. 191, V. 21 : voin et vàpe. f : vain et vape.
P. 191, V. 30 : esta, dist il. Leçon de e :
Diva, vasas, ne soies efrais.
Leçon de / ;
Diva, vassal, ne soies esfriès.
P. 1 91, V. 32 : Qui est tes parentez? b : mes, leçon inacceptable. Nous la rectifions d’après le sens. Les autres manuscrits ne nous donnent point ce vers.
P. 192, V. 29 : [«gluez]. b : guiez. f confirme la leçon de e.
P. 193, V. 6. Ce vers, qui manque dans nous parait sinon indispensable, au moins fort utile au sens.
P. 193, V. 8 : [«mes coros]. b : mon corot , faute de grammaire et orthographe insolite de coros (courroux).
P. 193, V. 17 : [«c’a home], b : que mes hom , ce qui rend la phrase presque inintelligiÛe.
Notes ET Variantes. 31J P. 194, V. 8 :
IsneUment de Bertrant li membra.