‹ AliscansChapitre 4 sur 33 · Il s’agit du lieu nommé Alismont, près Villeselve (Oise · texte numérisé non relu

Il s’agit du lieu nommé Alismont, près Villeselve (Oise

Préface.

saisissant encore l’intérêt de son poeme et des deux grandes batailles qui en forment l’exposition et le dénoûment.

L’histoire, d’abord, de 730 à 869, signale plusieurs entreprises des Sarrasins contre la ville d’Arles, qui, une fois au moins, en 784, tomba en leur pouvoir et fut mise au pillage (')• A en croire les Arabes (^) , dans une irruption antérieure, ils livrèrent sous les murs de cette antique cité une sanglante bataille ou périrent nombre de chrétiens. Les eaux du Rhône emportèrent les uns ; les restes des autres furent inhumés dans le cimetière d’Aliscans, où leurs tombeaux étaient encore au XI siècle l’objet d’une pieuse vénération (3). Et ce n’était pas là une sépulture ordinaire. La légende lui attribuait, pour parler comme elle, une sainteté et une dignité toutes particulières.

Elle racontait que Trophime, après avoir converti Arles au christianisme, avait consacré ce cimetière pour les fidèles avec l’assistance et le concours des plus hauts prélats de la Gaule méridionale, (^ui étaient : S. Maximin , archevêque d’Aix, S. Eutrope, évêque d’Orange,

1. Reinaud, Invasions des Sarrasins, p. 54 et passim. Voyez aussi M. Jonckbloet, Guillaume d’Orange, t. II, p. 44 à 52.

2. Ou Roderic Ximenès, archevêque de Tolède, qui écrivait au XI 11“ siècle, surtout d’après les auteurs arabes. (Reinaud, p. 44.)

3. Reinaud, p. 39. « Si on en croyait la chronique attribuée à Turpin, dit en note l’auteur des Invasions des Sarrasins, le fait •dont parle Roderic se serait passé sous Charlemagne , et ce qui est dit des chrétiens enterrés datis l’ Aliscamp se rapporterait à une partie des gueniers français tués à Roncevaux. »

S. Saturnin, évêque de Toulouse, S. Martial, évêque de Limoges, S. Paul, évêque de Narbonne, et S. Front, évêque de Périgueux ('). Au moment de la consécration, le Christ leur était apparu et leur avait accordé pour les morts qui reposeraient dans le nouveau cimetière la grâce de n’être point tourmentés par les démons des tombeaux. Une telle consécration, une telle bénédiction de Dieu, avaient fait d’Aliscans une nécropole privilégiée, et l’usage s’était établi en conséquence d’y donner la sépulture aux barons, aux chevaliers de renom qui avaient succombé dans les guerres contre les mécréants

1. Nous ne nous chargeons pas de prouver, comme il serait nécessaire pour donner créance au récit, que tous ces prélats vivaient dans le même temps.

2. Caput regni Burgundionum, quod Arelatense dicitur, civitas est Arelas, antiquissimis dotata privilegiis. Hanc, ordinatusabapostolis Petro etPaulo,Tropliimus,JesuChristi discipulus, comitante eum apostolo Paulo, cum transiret in Hispanias,ad fidemChristi convertit, et post pauca, associatis sibi Maximino Aquense, Eutropio Auriscense {sic;, Saturnino Tolosano, Martiale Lemoviense, Sergio Paulo Narbonense, Frontone Petragoricense. sanctissimis episcopis etJesuex LXXII discipulis, deliberavitcœmeterium solenne ad meridianam urbis partem constituere, in quo omnium

orthodoxorum corpora sepulturæ traderentur lllis Chris-

tus, pridem in carne familiariter agnitus, apparuit, opus eorum sua benedictione perfundens, dato cæmeterio ac illis sepeliendis munere, ut quicumque inibi sepelireiitur, nullas in cadaveribus suis paterentur diabolicas illusiones,secundum quod in evangelio legitur, quosdam daemones habitare in sepulchris Hujusmodi ergo dominicae benedictionis mu-

nere neenon propter sacratissimorum virorum consecrationes apud omnes majoris autoritatis Galiiarum principes ac clericos inolevit quod maxima poîentum pars quæ in Galliis aut circa Pyreneos montes aut Alpes Penninas in pugnis paganorum moriebantur illac sepulturam habent, et quidam in plaustris, alii in curribus, nonnulli in equis, plurimi per

Préfac e.

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Il y avait près de Bordeaux un second cimetière, non moins célèbre, non moins saint que celui d’Aliscans ('), où furent transportés, après le désastre de Roncevaux, et Roland et grand nombre de ses glorieux compagnons. Tous les autres reçurent la sépulture en Aliscans, C’étaient Estout dé Langres, Salomon de Bretagne, Sanse duc de Bourgogne, Ernaut de Beaulande, Aubri le Bourgoin, Guimars, Estormis, Hâte et Ivoire, Bernard de Nubles, Berenger, le duc Naimes de Bavière et dix mille des leurs (f).

Telle était la tradition légendaire enregistrée d’abord dans la chronique dite de Turpin , puis répétée successivement par Gervais de Tilbury,

dependulum fluentis Rhodani ad cœmeterium Elysii campi deferebantur, ubi Jovianus [Vivianus^) et cornes Bertramus et Aistulphus et innumeri proceres requiescunt. [Gervasii Tilberiensis Otia /mper/a/iJ, apud script, rerum Brunsvicensium, Leibnitz, t. I, p. 990.) l.e reste du chapitre n’est pas moins curieux.

1 . Et erant tune temporis bina cœmiteria precipuæ sacrosancta, aiterum apud Arelatem in Aylis campis, alterum apud Burdegalam. {Joannis Turpird historia de yita Caroli magni et Rolandi, cap. XWIU.)

2. Postea vero ego et Carolus, cum quibusdam exercitibus nostris, a Blavio discedentes per Gasconiam et Tolosam tendentes, Arelatem perrexiinus ; ibi vero invenimus Burgundionum exercitus , qui a nobis in Hostavalle discesse-rant, et per Morlanum et Tolosam vénérant cum mortuis suis et vulnsratis, quos lectulis et bigis secum adduxerant ad sepeliendum eos in cœmiterio in Aylis campis. In quo cœmiterio per manus nostras sepulturæ traduntur Estultus, cornes Lingonensis, et Salomon et Samson, dux Burgundionum, et Arnoldus de Bellanda et Albericus Burgundio. Gumardus et Esturmitus, Hato et Iverius et Beratdus de NuWis et Berengarius et Naaman, dux Boiariae, cum decem minibus aliorum

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