‹ AliscansChapitre 7 sur 33 · P. 6j, etc · texte numérisé non relu

P. 6j, etc

On lit dans notre poème une allusion manifeste à l’accident de guerre par suite duquel le marquis Fierebrace était devenu le marquis au court nez.

Dans le Couronnement Looys, autre poème de la même geste, où est expliquée l’origine de ce surnom, en apparence ridicule, Guillaume se l’impose lui-même pour s’en faire honneur :

Dis orc mes qui moi aime et tient chier Trestuit m'apelent, François et Berruier,

Conte Guillaume au cort nés, le guerrier (i).

Enfin, dans un troisième poème, Le Charroi de NismeSy Guillaume rappelle au roi Louis qu’il a eu à son service le nez mutilé.

Grant fu la boce qui fu au renoer ;

Mal soit del mire qui le me dut sanerî Por ce m'apelent Guillaume au cort nés (2).

Mais ce n’en est point assez pour édifier à ce sujet l’éditeur de la Collection des poètes de Champagne, M. Tarbé, qui ne veut pas que Guillaume ait eu le nez ainsi fait, ou plutôt défait. « Est-il un seul texte historique, demande ce savant, dont il résulte qu’un seul des trois Guillaumes célèbres dans le midi de la France ait eu le nez court? Un Aquitain ajoute-t-il, un Provençal, issu des races franque, grecque, romaine, arabe, pouvait-il avoir le nez bref? )>

Sans nous prononcer sur cette dernière et délicate question, nous ferons remarquer seulement que d’après les poèmes ci-dessus rappelés, Guillaume n’avait point le nez court de naissance,

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