XXVI — PAUVRE PRISONNIÈRE
C’était en effet le déjeuner d’Alizia que maître Bosco avait employé, comme un leurre excellent, pour tromper la vigilance de Plulon.
Ce jour-là, Julienne n’avait pas pu sortir d’aussi bonne heure qu’à l’ordinaire, parce que Martial avait gardé la chambre toute la matinée, et le déjeuner de la pauvre prisonnière était resté sur la planche.
D’habitude, chaque fois que Martial sortait le matin, Julienne, profilant bien vite de son absence, mettait dans un panier quelques provisions préparées et courait jusqu’à la prison.
-Les accusations de Bosco avaient beau attaquer son esprit simple et crédule, elle gardait du moins la pitié.
D’ailleurs il y avait des instants où elle se révoltait avec colère contre les paroles du nain. Quand elle sortait de la pauvre cellule d’Aliz : a, elle était tout émue, la bonne femme, elle eût engagé son salut pour soutenir que la demoiselle était une sainte.
Lorsqu’elle revint dans sa cuisine, après la poursuite inutile dirigée contre Bosco, elle était d’assez mauvaise humeur.
— Un bouillon 1... grommelait-elle; il n’a laissé qu’un bouillon, le méchant singe! Me voilà bien avancée... moi qui avais gardé une si jolie aile de poulet!... Mais c’est égal.,, mieux vaut un bouillon que rien du tout!... Je vas courir bien vite, et je le ferai chauffer en passant dans le poêle du concierge.
Elle mit la tasse dans son panier et sortit en toute hâte.
11 y avait loin de la dernière maison du faubourg à la prison d’Avranches. La vieille allait de son mieux, trottant menu sur le pavé glissant, et jetant ses regards de tous côtés pour voir si elle n’apercevrait point Bosco dans quelque coin.
Mais Bosco n’était nulle part.
Au bout d'un quart d’heure, elle souleva le gros marteau de fer attaché à la porte de la prison.
ALIU1A PAU U
» — Vous êtes en retard aujourd’hui, madame Julienne, lui
dit le concierge qui l’introduisit poliment dans sa loge. — On ne fait pas ce qu’on veut quand on est chez les autres, monsieur Loisel, répondit Julienne.
M. Loisel, concierge de la prison d’Avrauches, était un vieil homme assez déhouuaire, considérablement bavard ettoujours entre deux cidres, à moins qu'il ne fût, cependant, entre cidre, et eau-de-vie.
Il y eut une prise de tabac, courtoisement offerte et acceptée avec cordialité.
— Je viens vous demander la permission de faire réchauffer un peu mon consommé dans votre poêle, monsieur Loisel, dit la vieille Normande. — A votre service, madame Julienne, répliqua le concierge.
Ce brave homme élait d'autant plus aimable que la pauvre Alizia ne touchait guère aux provisions apportées ainsi chaque jour et qu'il en avait, en üu de compte, tout le bénéfice.
Or, il y avait du gourmet dans la nature de M. Loisel, concierge de la prison d’Avranches.
Pendant que le bouillon chauffait, il s’approcha du panier tout doucement.
— Et que lui apportons-nous, avec le potage, à cette pauvre demoiselle? demanda-t-il en se frottant les mains. — Ne m’en parlez pas! repartit Julienne, une tranche de fricandeau et une aile de poulet... — Mais ce n’est déjà pas si mauvais, ça! interrompit le concierge, qui avait l’eau à la bouche. — Et ce coquin de Piuton a tout mangé! acheva Julienne.
La figure de M. Loisel eut une expression de mélancolie.
— Ah!... fit-il avec dépit, la demoiselle n’aura pas d’indigestion aujourd'hui, madame Julienne! — Ne m’en parlez pas, monsieur Loisel '....répéta la bonnefemme; mais voilà mon bouillon qui est chaud, et je n’ai pas une minute à perdre, car notre monsieur va rentrer.
Elle voulut se lever, le concierge la retint affectueusement et la força de se rasseoir.
— Voilà un homme qui est heureux de vous avoirl... s'écria-t-il, et qui mérite bien ça; car c’est la perle du tribunal!... Ah! madame Julienne, si tous nos juges étaient comme lui ! • — C’est vrai que c’est un bon sujet, monsieur Loisel, dit la vieille femme; un homme d'or, quoi! Mais il faut que je
m'en aille, pour ne pas le faire attendre, s’il rentrait avant moi. — Si c’est ça qui vous presse, pas de danger!... il sort d’ici pour aller à la chambre du conseil. — 11 sort d’ici !..: s'écria Julienne effrayée; Jésus Dieu!... s’il m’avait rencontrée!...
Le concierge cligna de l’œil d’un air malin.
— Il ne vous aurait pas mangée, allez, ma bonne dame. ~ Pensez donc, monsieur Loisel !... je suis du tribunal, moi!... Et l’on savait que j’apporte comme ça des douceurs à une prévenue? — Pour ça, fit le concierge en secouant la tête d'un air grave, ce n’est pas dans la règle... mais on en passe bien d’autres!... Et puis j’ai idée que M. le juge d'instruction ne se fâcherait pas trop rouge, si on lui disait cela...
Il ya des cancans, madame Julienne. — Sur mon maître, monsieur Loisel? — Sur lui et sur d’autres:., c’est pas l'embarras... Oh! mon Dieu, si vous saviez!... — Mais, qqe diton?... — Est-ce que je répète ces propos-là? Des bêtises, madame Julienne!... Malgré ça, voilà sept semaines que l'instruction dure, et il n’a pas encore interrogé la prévenue. — Après? — Après?... voilà : elle est tout de même joliment gentille... — Est-ce que vous oseriez penser?... interrompit Julienne en se redressant avec dignité. — Moi?... Allons donc!... E-t-ce que je pense?... Mais c’est qu’il est venu tant de fois, le cher homme, sans jamais oser entrer dans cette cellule!... Tenez, pas plus tard qu’a van t-hier... mais il y a une histoire d’abord, à vous dire... — Je suis pressée, mon- ' sieur Loisel. — Si je ne vous dis pas l’histoire, vous ri’y com- ' prendrez goutte... Tant il y a donc que la demoiselle mou- • rait d’envie d’avoir un piano... un piano dans la prison, ça ne s’est jamais vu !... mais il faut bien gagner sa vie, madame Julienne... J’allai chez un luthier pour faire plaisir à la demoiselle, et je pris un petit piano à dix francs par mois. Il ne coûte que trente francs à la prévenue. — Comment, trente francs? — Mon Dieu, oui! je ri que le pain de mes vieux jours pour un misérable louis!... mais n’importe... Avanthier, M. le juge d’instruction est venu, pour la vingtième fois, afin de procéder à l’interrogatoire... Dans le corridor, ne voilà-t-il pas qu’il entend le satané piano 1 Elle en joue bien pour trente francs par mois, allez, de son piano i... mais, par exemple, c’est toujours le même air... 11 paraît qu’elle n’en sait pas d’autre.
M. le juge d'instruction s’est tourné vers moi... et j’en avais une venette, madame Julienne!...
« — Qu’est-ce que c’est que cela? qu'il m’a dit, en fronçan* ses diables de sourcils noirs. »
Moi. je veux être mis à la retraite sans pension si je savais que répondre !
Enfln, j’ai balbutié: « — C'est la prévenue, mademoiselle Pauli. — Comment! qu’il a dit en joignant les mains... E< j’aurais voulu vous voir là pour l’entendre, madame Julienne ! — Comment! elle a le cœur de faire de la musique!...»
Ah dam ! il était en colère!
Et, tout à coup, c’est tombé comme par magie. Nous gardions tous deux le silence; les sons du piano maudit arrivaient jusqu’à nous. Je ne sais pas, mais il m'a semblé qu’il reconnaissait l’air, car il s’approchait tout doucement, comme si quelque fil invisible l'avait attiré de ce côté.
Et il était tout pâle; et je voyais sa poitrine battre par soubresauts. x
Quand la musique a été finie, il a mis sa tête entre ses mains. Je crois, ma parole, qu’il pleurait. Il ne m’a point dit d'enlever le piano.
Et il n’a point eu le cœur d’entrer chez la demoiselle.
Julienne écoutait d’un air sournois et contrarié.
— Monsieur Loisel, dit-elle en prenant sa tasse de bouillon, vous êtes un bien brave homme. Mais vous avez les yeux trop clairs, pour votre âge, et la langue trop longue.
Le concierge se mordit les lèvres.
Julienne passa devant lui d’un air superbe, et gagna la., cellule d'Alizia.
C'était une bien pauvre retraite, mais c’était la plus belle f; chambre de la prison d’Avranches. Il y avait un lit avec de»j| rideaux de serge verte, deux chaises qui trébuchaient dans,j! les trous du carreau, et le fameux piano de trente francs par mois. Le piano était placé dans un enfoncement de la muraille, et Julienne ne l’avait jamais remarqué; le mobilier de la prisonnière se complétait par un petit poêle et une table...
Alizia était assise auprès de la table, immobile et les yeux perdus dans le vide; il n’y avait point de livre ouvert auprès d’elle, point d’ouvrage commencé. Ses deux mains, blanches et presque diaphanes, se croisaient sur ses genoux.
Elle portait uue robe noire; ses cheveux, rejetés en arrière,
découvraient ses tempes et son front. La mort elle-même n'aurait pas pu la faire plus pâle.
Elle était bien changée. Ce n’était plus ni la brillante pensionnaire de madame Duplessis, ni la sous-maîtresse douce- •' ment résignée des demoiselles Leblond : ce n’était plus cette belle statue, lière et morne, que nous avons admirée sur la terrasse de Villers, le soir du départ, ni cette jeune fille inclinée déjà sous la main du malheur, mais qui se redressait dans sa solitude, si forte encore et si ardente aux joies du souvenir, dès que le regard ennemi du monde ne passait plus sur elle.
C'était une pauvre créature brisée et vaincue. Les larmes avaient éteint l’éclair de ses grands yeux noirs. Il y avait sur son visage une expression de souffrance qui navrait.
Julienne entra tout doucement et referma la porte. La tasse de bouillon fut déposée sur la petite table, puis la bonne femme vint s’asseoir près d’Alizia, dont elle caressa les mains froides.
— Eh bien; ma pauvre chère demoiselle, dit-elle en tâchant de sourire, comment allez-vous aujourd’hui? — Cela va bien, répondit. Alizia d’un ton morne.
Elle baissa les yeux, pour les relever bientôt pleins de larmes.
— Vous êtes venue tard aujourd’hui... reprit-elle. — Monsieur n'est sorti qu’à deux heures, répondit la Vieille. — Et il vous chasserait peut-être, bonne Julienne, interrompit Alizia, s'il savait que vous avez pitié de moi.
Julienne ne pouvait pas comprendre tout ce qu’il y avait d’am ertume dans cette parole.
— Ne voulez-vous pas goûter un peu de mon bouillon? ditelle pour détourner P entretien.
Alizia la repoussa doucement.
— Non... non, répliqua-t-e-Ue.
Puis elle ajouta, comme en se parlant à elle-même :
— Elle est venue encore une fois... j'avais peur... Quand j'ai vu passer l’heure ordinaire, je me suis dit : elle ne viendra plus... Je me suis dit cela bien souvent! — Si c’est possible, fit la vieille avec reproche, d'avoir des idées comme ça!... — Il faut me pardonner... je suis si malheureuse!... et ma pauvre tête devient si faible!... je n’ai plus que vous en ce monde, Julienne... Oh! je sais que vous êtes bien cha-
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ritable... mais la charité se lasse... quand vous serez cornnK (es autres... quand une fois vous me croirez coupable...
Julienne gardait le silence. La goutte d’eau qui tremblait aux cils d’Alizia roula lentement sur sa joue.
— Peut-être est-ce fait déjà?... murmura-t-elle.
La vieille servante avait un poids sur le cœur; elle mettait tous ses efforts à ne point pleurer.
— Sur ma parole sacrée, s’écria-t-elle, cherchant une solennelle formule de protestation ; aussi vrai que Dieu est bon, ma pauvre enfant, je vous crois innocente !
Alizia eut presque un sourire, et ce pâle rayon qui brillait parmi sa tristesse lui rendit, pour un instant, sa souveraine beauté.
Julienne était en admiration devant elle.
Le sourire fugitif s’éteignit.
— Mais, reprit la vieille servante, ce qui me fâche, c’est votre silence... pourquoi ne pas vous défendre?
Les paupières d’Alizia se baissèrent de nouveau.
— Il faudrait accuser... murmura-t-elle. — Eh bienl... s’écria Julienne, le grand malt... c'est une bonne œuvre que de combattre les méchants.
Alizia ne répondit pas tout de suite; sa tête était inclinée, elle semblait rêver.
— il y a bien longtemps que je souffre... murmura-t-elle enfin; j’ai appris de bonne heure à pleurer... Dieu veut que ma vie finisse comme elle a commencé.
Julienne l’écoutait en silence. Il y avait comme une auréole de résignation douce au front de la pauvre prisonnière.
La voix d’Alizia devint si basse et si voilée que l’oreilie de Julienne, affaiblie par l’âge, ne pouvait plus saisir le sens de ses paroles.
Aliza disait : ...
— Pourquoi la frapper dans son bonheur, moi qui n espere plus? Dieu a fait deux parts dans la vie pour les deux sœurs... A l’une il a jeté la misère, à l’autre il a donné toutes les joies. Que sa volonté soit faite! — Moi, je ne suis qu'une pauvre bonne femme, dit Julienne; mais M. Martial a confiance en moi, et, si vous vouliez seulement me dire un mot, je saurais bien vous sauver.
Alizia la regardait avec de grands yeux distraits et ab-
soibes.
— Voyons, chère demoiselle, reprit la vieille en lui serrant les deux mains, je vous le demande en grâce 1
Un geste d’Alizia l’interrompit ; elle allait parler : Julienne écouta.
Alizia releva la tête et mit uri doigt sur sa bouche.
— Com laissez-vous une jeune femme, belle, riche, heu- f: reuse ?. .. murmura-t-elle.
Et comme Julienne, surprise, ne répondait point, elle j?" ajouta : |
— Une jeune femme aussi belle, aussi riche, aussi heureuse que la Clotilde de Bryant? — Pourquoi me demandezvous cela?... balbutia Julienne.
Il y avait de l’égarement dans les yeux d’Alizia.
— Pourquoi? répéta-t-elle; vous me demandez pourquoi! Ecoutez! si vous en connaissez une, allez vers elle... allez bien vile! et dites-lui de fermer la porte de sa maison, car le bonheur est comme un oiseau qui s’envole,, et le malheur veille derrière le seuil, tout prêt à se glisser par la porte entr’ouverte. Dites lui d’aimer ses enfants et d’être une mère jalouse... A-t-elle une Allé? si elle a une fille, dites-lui de prendre bien garde ! Il y a des créatures qui font métier de remplacer les mères auprès de leurs filles. Oh ! si vous saviez ! si vous saviez !
Julienne se sentait prise d’effroi; elle avait peur de comprendre. Etait-ce un arveu? était-ce du délire?...
La main d’Alizia devenait plus froide entre ses mains.
— Ces créatures, reprit-elle encore, s'appellent institutrices... Quand elles entrent dans une maison, les larmes viennent et le sourire se voile... 11 y avait une jeune femme qui était riche, belle, heureuse, comme la comtesse Clotilde de Bryant.
— Mon Dieu! mon Dieu!... s’écria Julienne, incapable de se contenir davantage, c'est donc vous!... et tout ce qu’on dit est vrai?
, Alizia secoua la tête avec lenteur.
— Je vous parle de longtemps, dit-elle. La jeune femme qui était belle, riche, heureuse, est morte dans la misère et dans l’abandon... Sa fille, dont le berceau s'entourait de tant de luxe brillant, de tant de joies chères, sa fille est restée seule en ce monde, sa fille aui avait pour père un prince... pour père légitime !
Mademoiselle Pauli appuya sur ces derniers mots avec une intention que Julienne ne pouvait pas comprendre.
Puis elle reprit encore, mais d’une voix faible et qui allait s'étouffant de plus en plus :
— Sa fille, qui n’a connu dans la vie que les larmes, sa fille qui va mourir infâme et déshonorée!...
Elle cacha sa tête entre ses deux mains, sa poitrine, soulevée, sanglotait.
julienne se disait :
— Serait-ce d’elle-même qu'elle veut parler?... Seigneur Dieu! la pauvre fille est folle...
Elle n’usait plus interroger.
Au bout de quelques minutes, Alizia se redressa tout à coup; ses yeux étaient secs; son regard avait recouvré sa fierté.
— Ils sauront qui je suis... dit-elle en relevant les yeux sur Julienne, qui évitait maintenant son regard ; — quand je serai près de mourir, il faudra bien qu’ils viennent!... Je les appellerai tousauprès de mon lit... et alors ils se repentiront! — Est-ce qu’on parle de mourir à votre âge, ma chère demoiselle?... voulut dire Julienne.
Alizia mit la main contre sa poitrine haletante.
— On parle de la mort, dit-elle, quand on la sent venir.
Sa figure s’éclaira d’un beau rayon d’espoir.
— Et je la sens... reprit-elle ; — oh! ses promesses ne peuvent tromper !
Julienne détourna la tête : elle pleurait.
— C'est vous qui avez été ma dernière amie... reprit Alizia d’une voix douce et contente, c’est vous qui remplirez mon dernier désir. — Oh! ma pauvre enfant! ma chère demoiselle!... s’écria Julienne dont le cœur se fendait; — je vous en prie, ne parlez pas ainsi !
Alizia prit ses mains, qu’elle attira contre son cœur.
— Est-ce que vous me refusez?... dit-elle avec un sourire plein de caresses.
La vieille ne pouvait plus parler.
Que le paradis doit être beau pour ceux qui ont souffert ici-bas ! poursuivit Alizia, dont les joues et le front se coloraient d’un incarnat léger. — Oh ! vous qui m’aimez, il ne faut point pleurer sur ma mort... car je ne puis être heureuse qu'aux pieds de Dieu ! — Ecoutez... reprit-elle en chan-
géant de ton; — écoutez ma pauvre histoire, afin que mon dernier vœu soit rempli :
« J’étais presque une enfant; ma mère vivait ; l’avenir était pour moi plein de promesses et de joies.
» J’aimais pour la première et la dernière fois de ma vie.
» J’étais aimée. . ?
» 11 y a sept ans que je vis avec son souvenir. — Quand je serai morte, vous ouvrirez le corsage de ma robe ; vous trouverez la, dans mon sein, une lettre cachetee « 1 adresse est mise.
» Vous irez avec lui et vous lui donnerez la lettre que mon cœur aura sentie à son dernier battement. »
— Madame Julienne, dit M. Loisel en montrant sa tête à la porte, bien des pardons... mais on va fermer.
Julienne se leva précipitamment; elle avait les yeux gonflés et brûlants.
— Quant à vous, mademoiselle, dit le concierge en se tournant vers Alizia, dont la figure était calme, — il faut être prête demain matin de bonne heure... Vous partirez pour le château de Villers, où vos interrogatoire et confrontation se feront sur les lieux mêmes.