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[Il s’avancça ensuite vers Mac-Connuill et ajouta avec mélancolie : Vous allez partir, Lochiel; il faut ajourner mes nouveaux desseins à des temps meilleurs; inais j'espère que nous nous reverrons. — Puisque Votre Majesté n’a plus besoin de moi, dit Evan-Dhù, je retourne à Worcester ; j'y ai laissé mon frère, el il faut que je le retrouve mort ou vif avant de regagner mes montagnes.
En disant ces mots, Mac-Connuill essuya une larme, et bientôt il galopait à toute bride sur la route du Midi. Au même instant, la grande salle du manoir s'ouvrit à deux battants, et lady Arrington, vêtue de noir de la tête aux pieds, et appuyée sur un enfant âgé de dix ans à peine, parat sur le seuil. Elle s'avança d’un pas grave vers Charles Stuart, et pliant un genou devant lui, dit avec une profonde émotion : Sire, il n'y à ici qu’une femme et unenfant pour faire à Votre Majesté les honneurs de cette maison. Vous y eussiez trouvé, il y a huit jours, trois nobles genüilshomires. Ils sont absents pour le service du Roi. — Je les ai salués à Worcester, dit Charles Stuart, et vous les reverrez bientôt, Madame. — Bientôt, Sire, répondit la vieille dame, en montrant le ciel d’une main ferme. — Quoil dit le prince avec tristesse, toute votre famille se serait éteinte en un jour? — Non, Sire, reprit lady Arrington, en présentant au Roi le jeune enfant qui l'avait accompagnée, il me reste encore un fils, et si Dieu le conserve, j'espère qu'il saura un jour, à l'exemple de son père et de son aicul, répandre, s’il le faut, tout son sang pour Votre Majeste.
laient chercher un refuge sur le continent. Jamais les
Le Roi, qui avait relevé la vieille dame, lui serra la main sans pouvoir prononcer une parole. Lady Arrington prit alors un flambeau et fit entrer Charles Stuart dans la salle d'honneur. Les portes se refermèrent, et bientôt un profond silence descendit avec la nuit sur les tourelles du manoir.
Le lendemain, au point du jour, un homme vêtu en colporteur sortit de White-Ladies, descendit la longue avenue et s’achemina du côté de lOuest. Donal le braconnier marchait à côté de lui le fusil sur l'épaule.