‹ Allan Caméron, roman inédit. Par Sir Walter-Scott. Tome premierChapitre 26 sur 58 · ALLAN CAMÉRON. D · texte numérisé non relu

ALLAN CAMÉRON. D

mins: mais faisons denotre mieux. La chose est plus sérieuse que tu ne penses, Mon garçon; si je Croyais arriver trop lard, j'aimerais mieux me pendre à lun de ces arbres. — De quoi s'agit-il donc? demanda le barbier avec empressement. Craignez-vous que votre débiteur n’ait eu vent de notre arrivée? — Cest bien, c’est bien, reprit lord Hildebrand, ne parlons pas de cela; je nai laissé à Rochdale que la vieille Elspeth ct je lui ai défendu d'ouvrir à qui que ce füt, nême à mon neveu; mais j'ai peur que les portes ne soient pas bien fermées, qu’on puisse pénétrer dans la maison par quelque fenêtre mal close. — Eh! qu'importe, Mylord? répliqua Chinscaper, 11 wy a pas un sou vaillant au château, depuis les combles jusqu'au cellier. Vous me l'avez dit cent fois.

que le cri de : Halte! prononcé à peu de distance de la route, vint frapper fout à coup l'oreille des deux

voyageurs. Obéissant à de vieilles habitudes militai-

moins répondre de maniere à reparer sa faute, lors-

res, le comte arrêta brusquement son cheval. Il chercha ensuite d’où pouvait partir l'ordre auquel il avait obéi involontairement, et aperçut quatre mousquetaires qui sortaient du bois armés de pied en cap. Ïl voulut aussitôt continuer sa route, mais Îes mousquetaires lui barrèrent le passage.

— Capitaine Gédéon, s’écria Pun d'eux, que Ro-boam recounut avec surprise pour le soldat avec lequel il avait bu quelques jours auparavant à Greenfield, voilà deux hommes dont la tournure me semble suspecte. I serait prudent de leur demander sals ennent de Galaad ou de Jéricho.

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Le capitaine sortit en ce moment du taillis, s’avanca vers lord Hildebrand et saisit la bride de son cheval.

— Qui êtes-vous ? demanda-t-il d’une voix rauque et avec la mauvaise humeur d’un homme qui à échoué dans de longues recherches. — Qui je suis? répliqua le comte en pâlissant ; je ne l'ai jamais caché à pérsonne, et vous n’avez pas besoin de vous fâcher pour me le demander. Je suis un paisible gentilhomme du Staffordshire qui voyage pour ses affaires et qui n’a rien à démêler avec les dignes soldats de la République. — Oh! vous voyagez pour vos affaires, dit Usquebaugh ; les voleurs de grands chemins et les Ecossais qui cherchent à gagner le Nord pourraient en dire autant sans blesser la verité. Monsieur le gentilhomme, serait-il possible de savoir où vous allez de ce pas?

Lord Hildebrand ne sut d’abord que répondre. Il lui tardait d'arriver à son rendez-vous, mais 1l craignait que les mousquetaires ne voulussent lui servir d’escorte. Enfin il dit, en affectant une tranquillité qui était loin de son cœur: Je fais une tournée dans ce district où l’on me doit quelques redevances, et je vais réclamer quelques arrérages des dernières saisons. Si j'étais plus sévère, si j’exigeais le paiement aux termes convenus, cela ne m’arriverait pas, je ne me promènerais pas comme un mendiant de maison en maison. Que voulez-vous? l'argent est une chose rare par le temps qui court!

Cependant Botwellet le barbier n’avaient pas tardé à renouer Connaissance.

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— Quel est donc ce vieux grison avec qui Vous faites route? dit le mousquetaire en passant sa gourde à Roboam; sa perruque et son chapeau ont appartenu au moins à son grand-père, tant ils semblent fatigués de leur service. — Vous le connaissez, Botwell, répondit le barbier à demi voix, ©’est le lord de Carmarthen, dont Prudence el moi vous parlions l'autre jour.

— Quoi ! c'est ce vieil avare dont vous mangez Îles poulets et buvez Île vin? reprit Botwell; n'est-ce pas un Cavalier, un malveillant? — Sans doute! répliqua Chinscaper, ou il n’y en a pas un seul dans le comté. En outre, je ne connais pas dans toute la commune un partisan aussi acharné de lépiscopat. Zacharie jui-même, Zacharie le sacristain à des opinions plus raisonnables sur ce sujet. — Parbleu! nous allons rire, dit le prévôt. Je veux lui faire peur et le forcer à tirer de sa poche quelques guinées. La chaîne commence à s’user, il faut que je la ménage.

En parlant ainsi, Botwell s'approcha d'Usquebaugh qui semblait se contenter des explications du voyageur.

— Capitaine! s’écria-t-il, ne le lâchez pas, c’est un enragé Cavalier, un soldat du prince Rupert, et je suis sùr qu'il s’est battu dans la dernière campagne. — Ah! Cest un soldat du prince Rupert, dit Gédéon, qui comprit aussitôt l'intention de Botwell, et se disposa à jouer le rôle qui lui appartenait dans ces sortes d'expéditions ; ah! vous m'avez trompé, monsieur le

gentilhomme. Vous disiez que depuis vingt ans vous wetiez pas sorti de vos domaines. Les choses pren-

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