J. ALLAN. CAMÉRON
nepi une vilaine tournure pour vous. J'en suis bien lâché. Allons ! descendez de cheval.
Lord Hildebrand ne put s'empêcher de frémir. II jela un regard autour de lui et compta ses adversaires, tout en fermant d’une main convulsive son Manteau qui s’entr'ouvrait. Botwell s'aperçut de ce mouvement.
— Que cachez-vous donc sous votre vieux surtout rapé, monsieur le comte? dit-il en essayant d’écarter les pans du manteau. — Lâchez-moi, répondit Carmarthen, et laissez-moi partir. Je ne cache rien et je n'ai rien à cacher. Je suis le plus pauvre gentilhomme de la province. Si pourtant vous passez dans le Staffordshire, venez me trouver: Elspeth vous servira du cidre nouveau et de la bière; mais en ce moment, sur mon âme, je n’ai pas une couronne dans ma bourse.
Le comte, hors de lui-même, se débattait avec Gédéon et Botwell qui, chacun de son côté, cherchaient à Ouvrir son manteau. Au milieu de cette lutte, les pans se déchirèrent tout à coup et laissèrent voir une petite valise attachée au pommeau de la selle par de fortes courroies. Le capitaine s'élança pour s’en emparer. IT y avait à peine porté la main, qu’un son métallique annonça la présence d’une certaine somme CN or ou en argent, el vint démentir les assertions du vieillard,
Les mousquetaires poussèrent un hourrah de salisfaction.
— Botwell, dit le capitaine, tenez bien ce fils de
Satan pendant que je détache la valise.
Le prévôt se disposa aussitôt à saisir le comte;
mais celui-ci avait tiré son épée et semblait disposé à une vive résistance. Jetant son manteau en arrière, il s’éleva sur ses étriers,.enfonça les éperons dans les flancs de sa monture et la fit reeuler avec violence de plusieurs pas.en arrière. Ce mouvement brusque et hardi surprit les assaillants. [ls parurent hésiter un moment, mais lord Carmarthen prit aussitôt l’offensive. El se précipita Pépée haute sur les mousquez= taires, et, profitant de l'avantage qu’il avait sur eux, les chassa devant son cheval dans: toutes les directions, avec une vigueur qui rappela au barbier les exploits du capitaine de lansquenets. Bientôt Île chemin fut libre, et le comte poursuivit sa route fièrement en regardant de temps à autre derrière lui pour voir si les soldats rouges ne le suivaient pas de trop près.
Cependant Roboam, qui était demeuré les bras croisés pendant ce court engagement, ne savait {rOp que résoudre. Îl se demandait s’il partirait avec son compagnon ou s'il resterait avec les mousquetaires ; mais tandis qu'il délibérait en lui-même, Biddy, selon sa routine, avait repris son trot incgal et sc hâtait de rejoindre le belliqueux genêt qui avait gagné les devants. Chinscaper ne tarda donc pas à se retrouver côte à côte avec le châtelain de Rochdale. Lorsqu'ils eurent disparu à un détour de la route, les mousquetaires se regardèrent avec étonnement.
— Dieu tout puissant! dit Usquebaugh, laisseronsnous ce vieux Philistin s'échapper à notre barbe? — Pour qu’il aille raconter son aventure à ses amis? dit
Botwell. — Le laisserons-nous partir avec 565 gui-