ALLAN CAMÉRON. G
s’'avancait d’un air indifférent. La vue du bücheron aida sans doute la mémoire rebelle du vieillard, car il s’écria aussitôt : Un bücheron! c’est bien cela! mais n’allons pas nous tromper, tous ces bücherons se ressemblent. Il est aussi difficile de les distinguer les uns des autres que de reconnaitre un agneau de deux ans d’avec sa mère.
L’&timable Traughmorton ne pouvaitæn effet savoir à qui il allait parler. Il n’avait point vu le Roi à White-Ladies, et d’ailleurs il aurait eu peine à le reconnaître sous son nouvel accoutrement. Il fut donc obligé de recourir au mot d'ordre que le prudent braconnier lui avait donné , et, s’approchant de Willie, il lui dit tout bas : Le chevreau blanc est pris par les cornes dans le buisson , le laisserez-vous manger par les loups ?
Cette phrase proverbiale, articulée en bon anglais, et qui n’était que la traduction du dicton gaélique dont le lecteur garde peut-être souvenance, intéressa vivement le bücheron, car il saisit le bras de Mathias.
— Quelles nouvelles apportez-vous? dit-il. — Le sauf-conduit de Pofficier est inutile, répondit Le vieil-
lard qui avait retrouvé toute sa présence d'esprit. —
Je le sais, reprit Willie, mais que dois-je faire? — Me suivre. — Et où allons-nous? — Dans la cabane du braconnier.