‹ Allan Caméron, roman inédit. Par Sir Walter-Scott. Tome premierChapitre 5 sur 58 · III.— LA TABLE DU CHEF · texte numérisé non relu

III.— LA TABLE DU CHEF

La vicille poule enfin est cuite, L’ale pétille et fait fuir Le bouchon ;

Bon pélerin, lève ton capuchon ; Mange d’abord, nous parlerons ensuite, Viniver Bacrane,

Après avoir traversé plusieurs appartements, les | deux highlanders s’arrêtèrent à l’entrée d’une salle | immense, dans laquelle soixante personnes environ | étaient rassemblées autour des tables fumantes. La présence d’un étranger dans le clan des Camérons était, à cette époque, un événement assez rare pour éveiller l'attention des montagnards. Aussi l’arrivée de Mac-Ferlane excita un léger murmure dans les groupes, et chacun se retourna pour examiner la

tournure et la physionomie du visiteur. Selon toute apparence, cet examen lui fut favorable, car aussitôt les rangs s’ouvrirent et tout le monde le salua sur son passage. Il était aussi jeune et aussi beau qu’Allan dont il suivait les pas, et les femmes se disaïent entre elles, en les comparant l'un à l’autre, qu’il avait quelque chose de plus noble dans les traits, de plus majestueux dans la demarche. Une dispute ne tarda pas à s'élever sur la question de savoir à quel clan il pouvait appartenir.

— Il descend des montagnes du nord, dit un vieillard; j'en juge à la couleur de son tartan; je n’en ai jamais vu de semblable dans l'ouest. — Vous vous trompez, dit un autre ; homme ne se distingue pas comme l’oiscau à la couleur du plumage. Les gens du nord sont laids et trapus. Celui-ci leur ressemble à peu près comme l'aigle ressemble au vautour, ou une colombe à une pie.

Pendant que la dispute s’échauffait, Mac-Ferlane et son guide arrivaient à l'extrémité de la salle où était placé le siège du Chef. Evan-Dhüù causait alors avec un vieux highlander, debout à ses côtés;*él n’avait pas encore aperçu son nouvel hôte. On pouvait le reconnaitre de loin à ses trews, espèce de pantalon collant à mailles serrées, qui est la seule partie du vêtement des chefs qui diffère du costume des simples montagnards. Quoiqu'il tournät le dos à la fenêtre, il était facile, pourtant, d'observer son visage sur lequel tombaient d'en haut quelques rayons de lumière. Evan était un homme d’environ quarante aus; il depassait de la tête tous ses convives. Ses traits

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ne rappelaient que faiblement ceux de son frère. L'habitude du commandement, les fatigues de la guerre, leur avaient donné une expression de dureté à laquelle ajoutaient encore la couleur sombre de ses habits et la plume noire attachée, au-dessus du front, à son bonnet. L'espèce d'isolement dans lequel il ctait au bout de-la salle prouvait à la fois le respect et la crainte qu’il inspirait aux Camérons.

— Un étranger nous arrive, dit Allan en s’approchant de son frère. Il se nomme Mac-Ferlane. Il a fait une longue route et parait fatigué. — Mac-Fer- Jane! c’est un nom qui ne m'est pas inconnu, dit le Chef, dont le regard plus doux parut se reposer avec complaisance sur la tête du jeune Caméron. Mais, ajouta-t-1l, où est donc notre hôte?

Pendant ce court Gialogue, Mac-Ferlanc avait remis son faucon à un serviteur. Il s’avançait vers le Chef, lorsqu'il aperçut parmi les montagnards une jeune fille, vêtue d’une robe blanche, et qui lui rappela malgré lui celle qu’il avait entrevue dans l'escalier Ge la tour, et dont la voix vibrait encore à son oreille. La jeune fille se déroba aussitôt au milieu d'un groupe, et le fauconnier ne vit point son visage. H aut se contenter d’avoir admiré un moment une taille souple et déliée, des cheveux noirs et brillants qui tombaient en longs anneaux sur de délicates épaules. Il etait encore immobile à la même place, les yeux fixés sur le point lumineux où la vision venait de disparaitre, lorsqu'il s’entendit appeler par s0n nom.

— Eh bien! monsieur Mac-Ferlane, disait Allan,

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qu'est-ce que vous regardez-là ? Billy-Blin, le sorcier, vous aurait-il jeté un charme?

Le fauconnier sortit de sa réverie et se dirigea vers le chef äes Cameérons. Mais, en lapercevant, Evan-Dhà ne put retenir une exclamation de surprise. Il porta machinalement la main à son bonnet, fit un pas en avant, et Allan etonné crut que son frère allait s’oublier au point de courber la tête devant le jeune montagnard. Une puissante voix qui, en ce moment, se fit entendre au fond de la salle, rappela heureusement le Chef à lui-même.

— N'est-1l pas temps de nous mettre à table, monsieur Mac-Counuill? disait la grosse voix avec un accent qui ravait rien d’écossais. — Sir John a raison, répondit Evan én remettant son bonnet sur sa tête. Puis 1! ajouta d’un ton familier : Vous allez vous asseoir auprès de moi, monsieur Mac-Ferlane, et après le repas nous causerons d’affaires. — Par Saint Georges! s’ecria le fauconnier en prenant place sans façon à côté de son hôte, quoique nous nous soyons perdus de vue depuis un an, et que nous ayons bien des choses à nous dire, je viderai volontiers, avant de-commencer l'entretien, une coupe de vin de France; et avec votre permission, Evan, j’entamerai ce pâté de venaison.

En parlant ainsi, Mac-Ferlane coupa une tranche de pâté, la posa devant lui sur la table nue, et, grâce à l'appétit qu’il avait gagné dans sa longue course, il oublia bientôt, pour un moment, tout ce qui se passait autour de lui. Cependant, les nombreux habitants de Lochiel-Castle s'étaient assis, à exemple

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homme, continua l’Anglais en s’apercevant des re-

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du Chef, et chacun tirant un couteau de sa ceinture s'empressa de faire honneur au festin. Les pièces de bœuf, les quartiers de chevreuil, disparurent comme une neige de printemps, c’est-à-dire sans laisser de traces. Mais quand cette première ardeur fut calmée, les conversations interrompues recommencèrent et bientôt devinrent aussi bruyantes qu’au moment de l'arrivée du fauconnier.

— Certainement, monsieur Mac-Connuill, je ne Vai jamais caché à personne. s'écria une voix qui dominait depuis un instant toutes les autres; votre château de Lochiel ne ressemble nullement à un lieu de plaisance. Si j'y reste un mois de plus, je erois que jy mourrai d’ennui.

Ces paroles singulières, l'accent anglais de celui qui les prononçait, attirèrent l'attention de Mac-Fer- Jane. Il leva les yeux et aperçut en face de lui un homme dont le costume et la tournure ne pouvaient expliquer la présence en ce lieu, mais dont le visage frais et riant démentait Les propos funèbres. On eût été moins étonné de rencontrer ce digne personnage dans une hôtellerie de Londres, ou sur quelque route du Cumberland, devant une table d’hôte bien servie, que de le voir assis, au milieu des Ochil, sous le toit d’un chefécossais. Sa large prestance, son teint fleuri, Pair de contentement répandu dans toute sa personne, convenaient mieux d’ailleurs à un genlithomme anglais qu’à un agreste habitant des hautesterres.

— Vous ne savez peut-être pas qui je suis, jeune

gards curieux que jetait sur lui Mac-Ferlane. Tel que vous me voyez, ajouta-t-il d'un air d'importance, je suis juge de Boscobel, dans le Shropshire. — Pardonnez-moi, Monsieur, dit le fauconnier. Je ne me croyais pas si voisin d’un haut personnage, quoique j'eusse dàù le pressentir à votre ton et à vos bonnes manières. Je suis sûr qu’en votre absence les affaires du comté doivent aller bien mal.

— À qui le dites-vous,. monsieur Mac. Mac?… tous ces Mac font un mic-mac affreux dans ma tête, s’écria le juge en vidant son verreParlez-moi d’un nom comme le mien, sir John Ramsay, cela est facile à prononcer ; cela est doux et coulant, comme une pinte de vin vieux. Mais quand il me. faut articuler vos noms écossais, j'aimerais autant avoir à vider une tonne de gingembre.—Pourquoi done, sir John, demeurer si longtemps dans ce pays, puisque vous l’aimez si peu? — Pourquoi? répondit le juge en élevant la voix. Demandez cela à notre hôte. Dieu sait que ce n’est pas pour mon plaisir que jy reste. Croiriez-vous, Monsieur, que je suis prisonnier de guerre, moi, homme de paix par etat autant que par caractère? Certes, dans l’occasion, je sais, comme un autre, manier un fusil; mais, tous ceux qui me connaissent vous le diront, je n’ai jamais tué que des bécasses, des perdrix et des lièvres. — Je nai pas besoin, pour le croire, sir John, d’un autre témoignage que le vôtre, répliqua le fauconnier en souriant. Mais j'ai peine à m'expliquer comment un homme si pacifique a pu éprouver le sort d’un conquérant el devenir prisonnier de guerre. Contez-moi

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l'aventure, J'avais autrefois quelque crédit sur notre hôte, et si je ne l’ai pas entièrement perdu, j'obtiendrai peut-être votre liberté. — Rendez-moi ce service, monsieur Mac-Falerne, s’écria Ramsay, et si vous passez jamais à Boscobel, n'oubliez pas la maiïson du juge. Tout le monde vous l’indiquera; elle est sur la lisière du bois; c’est une des plus belles du comté. Voici, d’ailleurs, mon histoire en quelques mots :

J'étais en Irlande; j'avais été chercher ma fille chez les parents de sa mère, où elle avait passé plusicurs mois; Car lady Ramsay, Dieu ait son âme! était née dans le comté de Londonderry. Au jour fixé pour le départ, je m’en vais sur le port et j’aperçois des portefaix trainant sur un brick d’enormes ballots ayant pour étiquette ces mots écrits en gros caractères : À M. WILLIAM HARISON, MARCHAND DE DRAP, À CHESTER. Vous riez, monsieur Evan?

vous avez raison de rire, car vous m'avez appris qu’il ne faut pas plus se fier à la mine d’un homme qu’à l’etiquette d’un sac de marchandises. Cependant, qu’eussiez-vous fait à ma place? Voulant débarquer à Chester, je résolus de faire une visite au capitaine. Ce digne marin s'appelait Tattershall, et ressemblait plutôt à un pirate qu’à un honnête sujet de Sa Majesté. — Vous vous trompez, sir John, vous voulez dire de la République, interrompit Evan.

Le juge toussa légèrement, but une rasade, et dit, après un moment de réflexion : Vous avez bien fait de me reprendre, Mac-Connuill. Un homme qui a changé d'habitation depuis peu, et qui s’en retourne

dans sa maison, est souvent tout étonné d’avoir pris le chemin de son ancien gite. Cest ce qui vient de m'arriver, et ce qui arrive aujourd’hui à bien des gens. Mais ce n’est pas de cela qu'il s’agit à cette heure. Je continue mon histoire :

J'allai donc trouver le capitaine Tattershall : il était assis sur le tillac et fumait tranquillement dans une pipe à la turque du tabac de contrebande. — — Monsieur, lui dis-je avec civilité, pouvez-vous prendre à votre bord deux passagers de plus? Je désire arriver le plus tôt possible à Chester. Le damné capitaine me regarda en riant, parut d’abord hésiter ; mais quand je lui eus décliné mes noms, titres et qualités, ses dispositions changèrent; il ne fit plus aucune difficulté de me recevoir. Je m’embarquai le soir avec ma fille et me réveillai le lendemain matin. — À Chester? dit Marc-Ferlane. — Non, Monsieur; à Dumbarton, en Ecosse. La présence d’un magistrat anglais avait servi à couvrir une expédition d'armes et de munitions pour les rebelles. — C’est de bonne guerre, sir John, et vous auriez tort d’en vouloir à ce brave capitaine, dit le fauconnier. — Instruit par l’expérience, reprit le narrateur, et ne sachant pas au juste en quel lieu un autre vaisseau pourrait me conduire, je résolus de prendre, pour retourner en Angleterre, le chemin de Glascow. Hélas! comme le disait Tattershall, je crois maintenant que la mer était plus sûre. Je pars, je traverse la Clyde. Ma fille, qui est fort bien en selle, chevauchait à mon côté. Nous arrivâämes au coucher du soleil dans une auberge écartée où je fis la rencon-

-glissa légèrement le long des murs, et, marchant sur

tre. Mais que regardez-vous donc là-bas? Vous ne m'écoulez plus, dit le juge en interrompant son récit. — Je vous prie de m’excuser, sir John, répondit le fauconnier. C’est une distraction involontaire. — Je rencontrai dans cette auberge M. Evan de Lochiel, poursuivit Ramsay. Son air me plut. Nous soupämes ensemble, et je lui contai ma mésaventure, jurant que ce maudit capitaine aurait bientôt de mes nouvelles. Evan m’approuva fort; mais le lendemain, quand je voulus partir, il m’invita poliment à venir passer quelques jours dans ce qu'il ose appeler son château. J'étais seul avec ma fille; il était à la tête d’une douzaine de montagnards bien armés. Vous comprenez que je ne me le fis pas dire deux fois ct n’eus pas l’envie de résister à une invitation si courtoise. — Vous avez agi prudemment, sir John, dit Mac-Fcrlane. Mais, à présent, le capitaine Tattershall est en sûreté, et je crois que votre captivité touche à son terme. N’est-il pas vrai, Mac-Connuill? ajouta le fauconnier en regardant le Ghef.

Celui-ci répondit par un signe de tête affirmatif,

— Vous pourrez partir, sir John, quand bon vous semblera, reprit Mac-Ferlane avec cet air aisé et ce ton d'assurance qui lui étaient naturels et qui semblaient defier la contradiction. Evan vous donnera un sauf-conduit jusqu’à Edimbourg, mais à une condition…

Mac-Ferlane n’acheva pas. La jeune fille qui depuis une heure lui avait déjà donné de nombreuses distractions, venait d’entrer dans Ja salle. Elle se

la pointe des pieds, arriva sans bruit jusqu’au siége du juge. Là elle s'arrêta et le fauconnier put la contempler à son aise; car, la croisée étant ouverte, la lumière inondait les vêtements et le visage de Pinconnue. On aurait pu deviner, à l’expression des traits de Mac-Ferlane, qu’il n'avait jamais rencontré de femme plus belle. En effet, ce n’est pas dans les montagnes de l'Écosse qu'il eùt fallu la chercher. Ses yeux bleus, son front large et pur, sa robe flottante, le rayon de soleil qui jouait dans ses cheveux, donnaient à la jeune fille un air presque céleste. Elle était sortie avant la fin du repas et avait cueilli au bord de l'étang un lis d’eau, qu’elle tenait encore à la main et dont elle surpassait la fraicheur. Elle s’appuya doucement sur l'épaule de John Ramsay ; mais le juge, qui attendait la fin du discours du fauconnier, ne s’en aperçut pas, Car il s’écria avec impatience : Me ferez-vous attendre jusqu’au jugement dernier, M. Mac-Infernal? Voici une minute qui m’a duré autant qu’un siècle. À quelle condition pourrai-je quitter cet affreux château et retourner en Angleterre? Parlez; je suis prêt à tous les sacrifices. — Vous partirez sans condition, répondit Mac-Ferlane d’une voix légèrement émue. Je vous prierai seulement d’être discret, de pardonner au capitaine Tattershall, et de ne vous souvenir que des bons traitements que vous avez reçus dans cette maison.

Allan, qui avait prêté l’oreille à cet entretien sans prononcer une parole, regarda son frère d’un air surpris. Le Chef qui, en toute occasion, se montrait jaloux de son autorité, ne donna aucun signe de

mécontentement, et sembla, au contraire, approuver par son silence l’espèce d’usurpation que venait de commettre l'etranger, en donnant la liberté au juge,

Cependant, John Ramsay s’etait levé. Après avoir épuisée d’un trait sa coupe remplie, il tendit la main à Mac-Connuill : Sans rancune, mon hôte, lui dit-il. Si vous venez jamais dans le Shropsire, rappelezvous ce que j'ai dit à votre ami. Ma maison est sur la lisière des bois de Boscobel. Gardez-vous de passer devant la porte sans entrer, je vous en voudrais toute ma vie,

John Ramsay fit un pas en arrière, et apercevant la jeune fille : Ah! c’est vous, Judith, s’écria-t-il. Nous sommes libres, ma chère enfant. Allons faire nos apprêts de voyage.

À ces mots, la jeune fille laissa tomber la fleur qu’elle tenait à la main, et, jetant sur Allan un regard d'adieu, s’éloigna lentement avec son père. Mac- Ferlane la suivit des yeux jusqu’à ce qu’elle eût disparu, puis il chercha Allan à la place qu’il occupait un instant auparavant; mais cette place était déserte. Le highlander, ne pouvant surmonter son émotion, avait précipitamment quitté la salle.

— Pauvre jeune homme! murmura le fauconnier en montrant à Mac-Connuill la place que son frère avait laissée vide. Il va bien m'en vouloir. Il commençait un roman que nous avons interrompu à la première page. Cela lui épargnera peut-être bien des chagrins, car on dit que celte page est souvent la plus belle.

ne nuage de tristesse se répandit sur le visage du Chef.

— Vous croyez, dit-il, qu’Allan aimérait cette jeune fille? — Pourquoi pas? répondit vivement Mac-Ferlane. Je crois que j'en eusse fait autant à sa place. Mais moi, ajoula-t-il d’un ton mélancolique, il ne m'est pas permis de faire des romans. Ma jeunesse doit s’écouler sans amour. Les femmes passeront devant mes yeux, et je’ baisserai les paupières pour ne pas les voir, et je mettrai la main sur mon cœur pour l'empêcher de battre trop vite. Helas! ma vie sera peut-être toujours ce qu’elle à éte jusqu'à présent, une triste et lamentable histoire. Mais parlons d'autre chose, Evan. Puisque personne ne nous écoule, je vais vous dire pourquoi je suis

| venu à Lochiel.

— Je n’osais pas vous le demander, dit le Chef en posant sa toque sur Ja table. Mais vous pouvez parler sans crainte. Nul ne s’avisera d'approcher tant que mon bonnet sera placé là. C'est un signe connu des montagnards. À la vue de cette plume noir, on gagne au large, comme au qui vive d’une sentinelle,

Le fauconnier se rapprocha d'Evan, et il allait commencer, lorsqu’Allan se précipita dans la salle.

— Aux armes! s’ecria le jeune Caméron; le chàteau est cerne par les habits rouges : dejà les soldats out franchi le pont-levis : ils vont entrer dans cette salle. — Dites-vous vrai, Allan ? répondit le Chef en saisissant sa claymore. Par Saint Andre! nous allons

avoir beau jeu tout à l'heure.

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